Le scantrad c’est si mal que ça ?

Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui nous allons parler d’un problème de plus en plus épineux : le scantrad.

Le « scantrad » signifie dans l’univers du manga la lecture en ligne gratuite de manga. Cependant rien que dans sa définition qu’on peut en faire il y a un problème : elle est gratuite. Réalisée par des fans pour des fans, le scantrad consiste à scanner les pages des magazines de prépublication japonais pour les poster puis les traduire sur Internet, pour que tous les fans du monde entier puissent lire dès leur sortie japonaise les derniers chapitres de leurs mangas préférés.

Sauf que cette pratique est complètement illégale puisque les magazines sont scannés directement sur leur lieu d’impression et se retrouvent propulsés sur le net avant même leur sortie officielle.

Et si nombre de lecteurs trouvent bons de lire les scans, certains d’entre eux vont même encore plus loin en n’achetant pas les volumes reliés derrière, ce qui cause bien sûr de nombreux problèmes économiques pour les auteurs, éditeurs, imprimeurs, traducteurs, etc …

 

Si vous me suivez vous savez certainement que je suis contre cette pratique, même si cela ne m’a pas empêché d’en lire et je continue à le faire pour Seven Deadly Sins. Je me suis par contre comme d’acheter le volume relié à sa sortie française. Mais on va voir par la suite que ce n’est pas forcément possible pour tout le monde …

 

Le but de cet article sera donc de savoir qu’est-ce qui motive les lecteurs à se tourner vers le scantrad, les problèmes que cela cause mais surtout les solutions qu’on pourrait apporter pour régler définitivement le problème …

Tout ce que vous lirez ici n’est autre que mon seul et unique avis sur la question.

 

Les problèmes causés par le scantrad

lutte piratage

Mercredi 1er août 2018, les maisons d’éditions japonaises s’associent pour lutter contre le piratage de leurs mangas, et demandent dans un communiqué officiel d’arrêter de partager les sites illégaux et de lire les mangas sur ces mêmes sites :

« Depuis l’année dernière, un site pirate illégal qui traite principalement des magazines de bande dessinées et de mangas connaît une croissance rapide et a causé d’importants dommages au cycle de la création qui soutient la culture du manga. Les créateurs tels que les artistes manga gagnent des revenus en fonction de l’éditeur sous la forme de redevances et de frais de manuscrit en fonction des ventes dans les librairies et les librairies électroniques […] Mais les sites piratés ne contribuent en aucune façon au revenu des créateurs, en dépit de l’augmentation considérable des profits due aux recettes publicitaires et aux frais d’abonnement de certains utilisateurs. Au contraire, les ventes des librairies, des librairies électroniques et des éditeurs ont fortement diminué en raison de la présence de sites piratés, et les revenus des créateurs sont également en baisse drastique.

Le manga est une culture dont le Japon est fier […] Si vous autorisez l’existence d’un site piraté, la vie des créateurs ne sera pas établie et la culture du manga déclinera. Afin de perpétuer la culture manga que vous avez aimé et élevé partout dans le monde, nous demandons votre coopération pour ne pas utiliser ou diffuser le site pirate illégal. »

Si vous suivez les Top Oricon régulièrement comme moi (j’en parle toutes les semaines sur le blog) vous avez certainement remarqué qu’à de rares exceptions près les ventes de manga sont en baisse. Et on ne parle pas d’une petite baisse mais bien d’une chute qui varie entre 25 et 40% des ventes de chaque titre en seulement deux ans. Certes ces chiffres ne concernent que le Japon et il faut prendre en compte le format numérique légal qui a énormément gagné de parts de marché sur cette même période. Mais le fait que le format numérique illégal progresse dans le même temps au Japon n’est peut-être pas anodin, et cela nous ramène à ce problème qui existe depuis bien plus longtemps chez nous et contre lequel le gouvernement japonais est en lutte depuis un bon moment : les scans sont énormément répandus sur le net.

Et il n’y a pas besoin d’aller loin pour trouver le problème. Il suffit de taper le nom d’un manga relativement célèbre sur un moteur de recherche, les premières propositions qui vous seront données sont « scan » suivi du numéro d’un des derniers chapitres parus, ou le numéro d’un des derniers chapitres parus tout seul … Les moteurs de recherche ne mentent pas, ils nous orientent vers ce qui est le plus recherché, il y a plus de demande effectuée pour trouver le dernier « scan » paru que pour trouver le dernier tome paru dans nos belles contrées françaises …

Et ce n’est pas pour rien que dans le même temps des chiffres assez révélateurs du problème ont été révélés, comme quoi le chiffre d’affaires potentiel du scantrad serait supérieur au chiffre d’affaires des ventes de volumes reliés hors Japon, avec la Chine, les États-Unis et la France avancés comme les trois plus gros pays « consommateurs » de scans … Si cette information reste à prendre avec des pincettes, elle souligne tout de même à quel point le problème est profond.

Hors depuis le mois d’août et cette alliance contre les scans des éditeurs, il ne semble pas s’être passé grand chose, les ventes de manga poursuivant leur inexorable baisse au pays du Soleil levant.

Koshke tweet

Et on en arrive, logiquement j’ai envie de dire, dans des cas où les auteurs eux-mêmes sont obligés de réagir. Koshke, l’auteure de Gangsta, voyant les ventes de son manga décliner, demande à ses fans d’arrêter de traduire, de télécharger et de diffuser les scans, sous peine qu’elle arrête son travail, ne pouvant plus être rémunérée à sa juste valeur …

Parce qu’au final, le problème de ce travail dans l’illégalité c’est bien qu’aucun des ayant-droits n’est rémunéré. Ni l’auteur, ni l’éditeur, ni l’imprimeur, ni les libraires qui vendent ces livres, ni le traducteur hors Japon qui nous permettent de les lire dans notre langue. Et si on fait rien à terme c’est l’industrie du manga qui disparaîtra …

 

Les mangas populaires en scan

Pourtant, si on y regarde de plus près certains titres sont beaucoup plus populaires que d’autres sous forme de scan. Et je pense qu’il est aisé de deviner quels sont ces titres populaires sur le net et qui ne le sont pas toujours en volume relié dans nos librairies. Ainsi si des One Piece ou My Hero Academia cartonnent à la fois sur le net et en librairie, d’autres titres tout aussi célèbres comme Jojo’s Bizarre Adventure et Ippo galèrent à vendre quelques milliers d’exemplaires en France alors qu’il jouissent d’une énorme popularité sur les réseaux sociaux.

Et si on regarde dans l’ensemble on peut remarquer que ces titres populaires en scan proviennent pour la très grande majorité des magazines de prépublication les plus populaires au Japon : le Weekly Shonen Jump (Dragon Ball, One Piece, Naruto, Bleach, Reborn !, Gintama, Jojo’s, My Hero Academia, Haikyû !!, Kuroko’s Basket, Slam Dunk, Yuyu Hakusho, Hunter x Hunter, …), le Weekly Shonen Magazine (Ashita no Joe, Ippo, GTO, Fairy Tail, Seven Deadly Sins, …) et le Weekly Young Jump (Real, Gantz, Kingdom, Tokyo Ghoul, Terra Formars, …). Et en dehors de quelques exceptions comme Berserk on retrouve dans cette liste tous les mangas populaires sur le net, du moins pour ce que je peux voir (c’est à dire les lecteurs français ou francophones).

Mais j’imagine qu’on ne doit pas être si éloigné de la vérité pour les autres pays. Car le lectorat pour ces titres est souvent jeune, très jeune, et n’a pas les moyens de se procurer ces titres souvent d’une longueur abyssale. Mais tous ne sautent pas le pas à l’âge adulte et continuent de lire en scan, sous prétexte de : pourquoi je paierai puisque c’est disponible gratuitement en ligne ? Et c’est là que le problème se pause et on aura l’occasion d’en parler plus loin, mais j’aimerais avant tout montrer ici un exemple : comparons les succès de Seven Deadly Sins et Gloutons et Dragons, deux mangas (que j’adore) originaux chacun à leur manière.

 

Au Japon ces deux mangas rencontrent un énorme succès, à un tel point qu’ils vendent à peu de choses près le même nombre de copies par volume. En France il n’y a pas photo, Seven Deadly Sins fait partie des meilleures ventes dans notre pays depuis sa sortie (même si relégué un peu plus au second plan à cause de titres plus récents) tandis que Gloutons et Dragons rencontre un succès d’estime mais reste sur des chiffres de lancement cinq fois inférieurs environ. Et sur le net je parie que c’est même encore pire, Seven Deadly Sins fait parti des mangas les plus en scan de nos jours alors que si Gloutons et Dragons réussit à réunir un bon millier de personnes pour une lecture en scan ce serait déjà énorme …

Je pense qu’il y a plusieurs raisons à de tels écarts. Déjà les magazines de prépublication cités au-dessus sont tous des hebdomadaires, de plus la grande majorité des mangas cités sont des nekketsu, des mangas destinés aux adolescents, à des collégiens ou lycéens qui, du fait de leur statut social, ne peuvent pas acheter régulièrement des mangas sans aide parentale. Pour ceux qui ont le refus de leurs parents le seul substitut existant est le scantrad.

Il y a également des raisons internes aux deux séries, qui font que l’une a plus de potentiel que l’autre dans nos contrées, mais ce ne sont pas des éléments à prendre en compte ici … Même si il faut reconnaître qu’en temps que seinen Gloutons et Dragons n’est pas le manga qui leur est destiné en premier lieu.

 

Différentes catégories de lecteurs de scan

Mais ces adolescents ne représentent pas tous les lecteurs de scan. Il y en a certains qui, même à l’âge adulte continuent de lire en scan … Mais la question de l’argent n’est pas la seule qui envoie certaines personnes les lire.

Et j’en arrive à conclure qu’il existe différents lecteurs de scan, que je vais énumérer ici :

  • Celui qui n’a pas d’argent pour s’acheter un manga à cause de son âge et de son statut social
  • Celui qui dit ne pas avoir d’argent pour s’acheter un manga mais qui fait le choix de le placer (cet argent) dans d’autres domaines
  • Celui qui lit les scans, achète le volume relié derrière lorsqu’il sort, mais ne peux attendre la sortie de ce dernier, souvent séparée de plusieurs mois ou années
  • Et celui qui se rend en magasin, lit le volume relié sur place et repart sans l’acheter

Ce dernier cas est à prendre en considération, même si le problème est différent, il n’y a pas lecture de scan mais lecture sans achat, ce qui engendre le même problème pour l’auteur, l’éditeur, … Ce problème est d’ailleurs réglé au Japon puisque les tomes reliés sont recouverts d’un film plastique qui empêche la lecture de celui-ci avant achat.

Et parmi ces trois cas, tous ne sont pas si « gravissimes » que ça, notamment le troisième puisque l’achat du volume relié est effectué ensuite. C’est pour le premier et surtout le deuxième qu’il y a un problème. Pour le premier certains ont certainement conscience que c’est mal, mais pour le second les gens choisissent délibérément la lecture en scan : « pourquoi je paierai puisque c’est disponible gratuitement en ligne ? » se disent-ils.

 

Exemple : le marché primaire

Et pour ceux-là, qui ne comprendraient toujours pas d’où vient le problème je vais développer l’exemple qui suit.

Nous avons deux producteurs, un producteur de légumes et un producteur de vêtements. Le producteur de légumes ne possède que des légumes et ne peut donc se vêtir tandis que le producteur de vêtements ne possède que des vêtements et ne peut donc se nourrir. Ils se rencontrent et voient que ce que possède l’autre lui manque. Ils se mettent d’accord et procèdent à un échange. Le légume est échangé avec le vêtement, et vise versa.

Mais si au lieu d’avoir un producteur de vêtements en face le producteur de légumes se retrouve face à une personne qui n’a rien produit mais qui a besoin du légume. Elle va alors ramasser les cailloux autour d’elle et les proposer en échange du légume du producteur, cailloux qu’il pourra ensuite proposer en échange pour se procurer un autre bien, un vêtement par exemple, ce que le producteur de légumes accepte. Le cailloux, ici, qui n’a de base aucune utilité, devient la monnaie d’échange de ce marché.

Il se passe la même chose de nos jours. Acheter un manga c’est échanger le bien produit par de tierces personnes avec une monnaie d’échange, physique ou virtuelle, monnaie qui permettra à ces personnes de se procurer les biens dont ils ont besoin pour vivre.

Sauf que les personnes qui publient ou lisent les scans passent outre cet échange. Ils agissent comme la personne qui, n’ayant aucun bien à échanger, préfère voler le légume du producteur que de lui proposer les cailloux en échange. Après son dur labeur le producteur se retrouve donc sans argent, sans revenu et ne peux plus vivre de son travail … C’est exactement ce qu’il se passe actuellement avec le scantrad.

 

Une prise de conscience est nécessaire !

Sauf que si on regarde les réponses reçues par Koshke suite à sa demande on s’aperçoit que si une bonne partie des personnes lui apportent son soutient, d’autres minimisent le problème en disant que les scans promouvoient son travail et lui permettent d’être encore plus populaire, alors que d’autres n’y vont pas par quatre chemins et l’insultent …

Mais où va-t-on !!?

Où va-t-on, s’il existe des idiots, désolé du terme (je me retiens), qui pensent cela ? Ces gens-là n’ont même pas conscience qu’ils font du mal, et je ne parle même pas de ceux qui insultent, ils sont irrécupérables.

piratage
Je flippe en lisant de telles choses, j’espère que vous aussi

Et cela me fait penser qu’on aura beau lutter il y aura toujours des personnes pour pirater le travail des autres. Ça a toujours existé en fait, mais Internet donne de telles libertés que c’est encore plus facile de nos jours, à un tel point que certains ignorent qu’ils sont dans le déni.

Mais l’ampleur est telle qu’il faut tout de même agir, parce qu’il y a certainement des choses à faire pour diminuer le piratage, au Japon comme dans le reste du monde …

 

Des solutions au problème …

Si vous lisez les réponses sous le tweet de Koshke vous vous apercevrez d’une chose, ils sont plusieurs à avouer lire les scans car le manga n’est pas publié dans leur pays/traduit dans leur langue de manière légale.

solution

Donc si il y a une première solution qui s’offre ce serait de publier légalement le manga dans les pays en question. On peut lire par exemple dans les réponses que Gangsta n’est pas disponible au Brésil, qui est pourtant l’un des plus gros consommateurs de manga au monde …

 

Solution 1 : publier le manga

Sauf que rappelons-nous une des raisons de l’existence des lecteurs de scans : ils veulent lire les derniers chapitres parus au Japon au lieu d’attendre une grosse année sa sortie en France (ou dans le reste du monde). Et nos éditeurs français se sont même améliorés là-dessus puisqu’il y a une bonne dizaine d’années l’attente était en moyenne double.

Mais ça ne suffit pas ! Publier un manga ne résoudra qu’une infime partie du problème, ce qu’il faudrait faire c’est publier légalement les derniers chapitres parus …

 

Solution 2 : le simultrad, et ça existe déjà

La solution existe déjà depuis quelques temps. certains ont sauté le pas et proposent certains de leur titre en simultrad, c’est à dire avec une traduction légale, disponible le jour de sortie du chapitre au Japon, contre bien sûr une petite somme à payer (entre 0,49€ et 0,99€ par chapitre).

Le principal problème c’est qu’à l’heure actuelle le nombre de titres proposés en simultrad reste très faible, et bien qu’on retrouve dans cette offre des mangas populaires comme l’Attaque des Titans, Boruto – Naruto Next Generation ou Edens Zero, en dehors il ne reste que quelques rares titres ayant cet avantage.

Le problème serait réglé si tous les mangas avaient droit au simultrad. Mais il faut bien reconnaître que cela donnerait une surcharge de travail aux traducteurs, qui travaillent en simultané sur bon nombre de séries et qui se retrouveraient à devoir traduire quelques centaines de pages par semaine, variant en fonction des parutions des séries prépubliées en mensuel ou bi-mensuel …

Mais je pense que c’est ce qui doit arriver à terme pour diminuer la lecture de scantrad pour cause d’attente. Et malgré tout la lecture de scantrad se poursuit pour certains qui refusent de payer plus pour ensuite acheter le volume relié au même tarif.

 

Solution 3 : la mise en place d’abonnements

Voilà l’option qui, je pense, est la plus viable. J’imagine pour ce cas des maisons d’édition qui proposent des abonnements pour leurs lecteurs, leur permettant, moyennant un paiement mensuel ou annuel, de lire gratuitement les derniers chapitres parus de leurs séries préférées, avant de bénéficier de réductions pour l’achat du volume relié. La création de cartes d’abonnement (tels que les cartes Fnac, Leclerc, Carrefour, …) permettraient de bénéficier de ces réductions partout où on les achète, tandis qu’un mot de passe serait nécessaire pour en bénéficier lors d’un achat en ligne. Ces réductions existeraient aussi pour le format numérique, format qui prendrait certainement beaucoup plus d’ampleur que de nos jours si la plateforme propose aussi l’achat des volumes reliés en numérique.

Ça fait rêver non ? Je pense tout de même que cela pourrait se mettre en place. J’imagine qu’il serait possible de mettre en place une seule et unique plateforme pour toutes les maisons d’édition, avec un abonnement unique. Et les librairies pourraient accepter ces réductions si ces abonnements leurs sont aussi bénéfiques (je doute par contre que les grands magasins ou des sites comme Amazon l’acceptent). Mais je suis certain que c’est faisable.

Mais à combien proposer cet abonnement ? Car je doute que beaucoup de monde s’y intéresse si son prix est trop élevé et que les réductions sur les tomes reliés sont trop faibles. Ceux qui ne suivent que 4/5 séries ne gagneraient rien en payant 15€ par mois et en ne bénéficiant que de 5% de réduction.

L’idée pourrait être de mettre en place un panel d’abonnements. Un panel qui permettrait aux lecteurs, en fonction du nombre de séries qu’ils suivent, de choisir l’abonnement qui leur serait le plus rentable. Le tableau qui suit présente l’idée que je me fais de ce panel d’abonnements qui pourrait se mettre en place :

Abonnement 1

Abonnement 2

Abonnement 3

Prix : 5€/mois Prix : 10€/mois Prix : 15€/mois
Nb mangas dispos en simultrad : 5 Nb mangas dispos en simultrad : 15 Nb mangas dispos en simultrad : illimité
Réduction papier : – 10% Réduction papier : – 12% Réduction papier : – 15%
Réduc. numérique : – 7% Réduc. numérique : -10% Réduc. numérique : – 12%

Le premier abonnement permettrait de suivre cinq séries en simultrad et bénéficient de réductions acceptables. Le deuxième abonnement permet de suivre trois fois plus de séries en simultrad pour seulement le double du prix tandis que le troisième permet de suivre un nombre illimité de séries et convient donc au plus grand nombre de lecteurs.

Les chiffres choisis ici sont arbitraires et ne servent que d’exemple, il serait possible de proposer 3€ pour le premier abonnement, 6 pour le deuxième et 9 pour le troisième, les résultats seraient les mêmes si ce n’est qu’il faudrait baisser les réductions aux achats des volumes reliés, le but étant que nous, lecteurs, et eux, éditeurs, y trouvent leur compte.

 

Le cas du fansub/simulcast

Si on regarde de plus près le problème rencontré par les mangas, on se rend compte qu’il s’agit du même que rencontraient les animes il y a encore 6/7 ans de cela.

Au début des années 2010 le fansub était la règle pour suivre un anime à son rythme de parution d’un épisode par semaine. Les raisons sont les mêmes : l’attente est trop grande pour les fans et préfèrent regarder illégalement un anime que d’attendre sa sortie en dvd/blu-ray qui peut mettre plusieurs années à arriver.

Si Wakanim a été créé en 2009 et a diffusé son premier anime en simulcast en 2010, l’offre à cette époque était encore faible, un peu comme ce que l’on a pour les mangas aujourd’hui. Il faut attendre 2013 lors de la création d’ADN (qui est la fusion de deux plateformes déjà existantes) et l’arrivée du géant américain Crunchyroll en France pour que l’offre légale de simulcast décolle et commence à ravir les fans. D’autres acteurs arrivent ces dernières années comme Netflix (qui ne propose cependant pas de simulcast et préfère diffuser un anime d’une traite) ou Amazon.

Aujourd’hui le fansub a clairement été remplacé par le simulcast. Il ne reste que les irréductibles, refusant l’offre légale qui piratent les animes de nos jours. Si on réussit à mettre la même chose en place pour les mangas le résultat sera le même et bénéfique pour tout le monde.

 

Parce qu’au final, le fansub a existé avant tout pour répondre à une demande que l’offre légale ne donnait pas. Et maintenant que l’offre légale y répond le fansub s’est retiré (en grande partie).

Le scantrad ne serait donc que la réponse des fans à une offre légale qui ne satisfait pas tout le monde. À une époque où avoir tout tout de suite est la norme, attendre des mois voire des années pour lire des chapitres de manga semble complètement dépassé pour nombre de lecteurs. La mise en place de ces abonnements permettrait donc d’y répondre et de permettre à ceux qui souhaitent acheter les volumes reliés derrière de le faire sans se ruiner davantage.

Mais si certains sites de scantrad n’ont aucuns scrupules, d’autres restent dans le respect de l’offre légale. C’est notamment le cas de Scantrad France, site qui publie les derniers chapitres parus de divers mangas avant de les retirer lorsque les trois chapitres suivants sont parus pour les mangas publiés en France. Leur travail reste illégal (et ils le rappellent à chaque début de chapitre) mais ils incitent leurs lecteurs, en retirant ces chapitres, à acheter le volume relié à sa sortie en France.

Scantrad fr message
Message de Scantrad France à chaque début de chapitre

Et n’oublions pas que certains mangas sont devenus célèbres grâce au scantrad/fansub. Jojo’s Bizarre Adventure était méconnu en France avant la sortie de son anime en 2012, et même si ces derniers tomes ne vendent que quelques milliers d’exemplaires, si Delcourt-Tonkam poursuit sa publication de nos jours c’est bien grâce à la popularisation de son anime qui n’était pas disponible légalement à sa sortie mais l’a été ensuite.

Pensons également à Kingdom, manga jugé impubliable en France à cause de sa longueur mais dont le scantrad lui a donné une véritable notoriété sur le net. Sans sa diffusion en scans, Kingdom n’aurait jamais été publié en France. Oui, sans scantrad le marché du manga français serait complètement différent, et peut-être qu’il serait aussi bien différent dans le reste du monde … Et je suis certain que la plupart des diffuseurs de scans se retireront lorsque l’offre légale répondra à leurs attentes.

 

Le scantrad c’est si mal que ça ?

Oui, bien sûr que c’est mal le scantrad. La diffusion illégale de chapitres sur le net cause des baisses de revenu comme je l’ai expliqué pour les différents acteurs du marché. Mais le scantrad a permis aussi de rendre populaires des titres non publiés dans certains titres, jusqu’à leur permettre une parution pour certains. Et en cela, on se dit que la personne qui a répondu à Koshke « Le piratage est une énorme promotion de votre travail! » n’a pas complètement tort, mais ce n’est un argument viable que dans les pays où il n’est pas publié, car dans les pays où il est publié il existe une version officielle, avec une traduction officielle, version qu’il faut logiquement soutenir.

Et le scantrad permet surtout de répondre au besoin des fans, d’avoir les derniers chapitres parus à leur sortie japonaise, un problème qui a besoin d’être réglé, et qui commence à l’être. Je suis certain que nous sommes sur la bonne voie et que nous nous dirigeons droit vers ce jour où le scantrad se retirera pour laisser sa place au simultrad.

 

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout. J’espère qu’il vous a plu, en tout cas n’hésitez pas à me dire ce que vous pensez du scantrad ou si vous avez d’autres solutions pour améliorer un problème présent depuis bien trop longtemps. N’hésitez pas à faire tourner autour de vous, je souhaite que cet article soit lu par le plus de monde possible, il est temps qu’une prise de conscience collective se fasse ou sinon d’autres auteurs réagiront de la même manière que Koshke.

21 commentaires sur “Le scantrad c’est si mal que ça ?

  1. Le scantrad c’est le fléau du manga…, tout comme le téléchargement illégal sur le net…
    J’aimerais bien voir les gens voler des manga ou des dvd dans des magasins. C’est facile de voler sur le net, mais s’ils devaient le faire en vrai, là on verrait qu’ils auraient peur de se faire chopper…

    Aimé par 1 personne

    1. Ce serait si on pouvait mettre en place un système permettant de les attraper. C’est faisable, j’en suis sûr. Ça a même déjà été fait, il existe plusieurs cas où des diffuseurs de scans se sons fait arrêtés.

      Aimé par 1 personne

    2. t’aimerai bien voir les gens voler dans les magasins, par contre ça te dérange pas de veauté tout les 5 ans pour des grand voleur qui te vole toi ta famille tes frères soeur tes voisins et de génération en génération.

      c’eest possible des commentaire de qualité dans les différents sujet ? non parce qu’entre les neuneux, les hypocrite, les faux cul pas étonnant l’état du pays…

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  2. Bonjour j’ai lu votre propos et je comprend votre opinion mais il me semble illogique de dire que c’est mal de lire des scantrad alors que vous écrivez en lire aussi exceptionnellement. Pour ma part j’en lis et ça été l’occasion pour moi de découvrir des œuvres et d’acheter les tomes. Je pense sans vouloir vous offenser que si vous dénoncez le scantrad et les personnes qui le font c’est illogique de votre part d’avouer le faire dans de rare cas. Je vous invite à faire un choix dans votre argumentaire.

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