Distopiary : un potentiel gâché !

Attention, cet article est un repost de l’ancien blog. À part dans sa mise en page il est identique à celui sorti il y a plus d’un an.

Bonjour à toutes et à tous. Nouvelle Chronique aujourd’hui où on va parler de Distopiary, petit manga en cinq volumes sorti durant l’année 2017, qui m’a pas mal marqué mais qui semble être passé inaperçu. Du coup aujourd’hui je vous explique pourquoi je l’ai trouvé intéressant et pourquoi je pense que son gros potentiel a été gâché …

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Distopiary

Auteurs : Fumitaka Senga (scénario), Tellmin’ (dessins)

Éditeur : Pika Édition

Nombre de volumes : 5 (Terminé)

Synopsis : Un héros n’est rien sans ses compagnons d’armes …

« Combattant », « mage onirique », « cuisinier », « pilote », « alchimiste » … Dans cet univers, les classes sont déterminées dès la naissance. Celle des « exterminateurs » comporte les plus puissants et les pires héros. L’heure est venue pour ces exterminateurs de partir en expédition afin de rassembler des « compagnons » qui leur permettrons d’abattre le XXIIème roi du Mal … Parmi eux, Tolza, jeune héros désabusé, mène sa quête tout en dissimulant le sombre secret de son pouvoir …

 

Un postulat de départ intrigant

Lire le synopsis nous permet de le comprendre, mais on a affaire à un manga assez spécial. On est embarqué dans un monde où tout, absolument tout, est régi dès notre naissance. Tout être humain appartient à une caste, qui détermine nos aptitudes. Et il y a de tout, ça va des plus normaux aux plus étranges. Mais il y en a une qui attire tout particulièrement notre attention : celle des exterminateurs. Cette caste n’existe que pour une seule chose : vaincre le roi du Mal.

Ce qui m’amène à expliquer ce qu’est le roi du Mal … Pour faire simple tous les 4 ans un nouveau roi du Mal apparaît, son but est uniquement de faire le mal, causer le plus de destruction possible, tuer le plus d’innocents possibles … jusqu’à ce qu’il se fasse tuer par un exterminateur. Seul problème le roi du Mal est désigné, on ne choisit pas de le devenir on y est forcé, de la même manière qu’on ne choisit pas sa caste. Le roi du Mal peut prendre toutes les formes possibles, du simple individu à un groupe tout entier de personnes.

C’est plutôt simpliste comme concept je vous l’accorde mais je me dois aussi de vous dire que ce manga est juste génial … Enfin il aurait pu l’être … Parce que nos deux auteurs ont bien préparé leur sujet. Le système en place dans ce monde tient la route, et on ne trouve pas de grosses incohérences qui rendrait le tout brouillon.

 

L’univers de Distopiary

L’univers est bien trouvé, rien n’est laissé au hasard et les explications sont plus que suffisantes pour comprendre rapidement comment il fonctionne. On ne nous laisse pas poireauter pendant des dizaines de tomes comment certains le font.

L’univers de Distopiary semble être inspiré des jeux vidéos. Les coordonnées géographiques dans ce monde utilisent des coordonnées cartésiens (les axes X, Y, et Z sur un plan en mathématiques), et la puissance des personnages est déterminée par le niveau qu’il possède. Ainsi comme dans un jeu vidéo il suffit d’engranger de l’expérience, de monter de niveau pour devenir plus fort. Une idée plutôt brillante bien que pas très originale mais qui donne son petit côté frais au manga, surtout quand on sait à quoi ses niveaux servent réellement.

Les exterminateurs, eux, sont spéciaux. Quoi qu’ils fassent ils ne peuvent prendre de niveaux, ils restent bloqués au niveau 1 et ne sont donc que de vulgaires moucherons. Mais dans ce cas, comment peuvent-ils vaincre le roi du Mal qui, en tant qu’ennemi final, possède un niveau des plus abusés ?? Répondre à cette question nous permet de comprendre le sens de la phrase « Un héros n’est rien sans ses compagnons d’armes » et c’est là que le manga trouve ce qu’il a de plus original et intéressant à raconter.

Dans ce monde où tout est déterminé à l’avance, celui qui doit être le héros ne peut vaincre l’ennemi seul, et doit user de moyens bien étranges, qui en font plus un démon, pour vaincre ce qu’on appelle le mal. Paradoxalement, celui qu’on appelle le mal est quelqu’un/quelque chose qu’on a forcé à être le mal, qui va devoir faire le mal qu’il en ait envie ou non, jusqu’à ce qu’il soit tué par le soi-disant héros. Au final c’est le héros qui fait le mal et le mal qui ressemble le plus au gentil dans l’histoire. Plutôt dystopique, non ?? …

 

La remise en cause du système politique en place

Les propos mis en avant dans Distopiary sont assez poussés. On ne s’arrête pas au concept de gentil/méchant comme on pourrait le croire de prime abord. Si le manga n’en a pas eu pleinement le temps il nous montre bien qu’il cherche à remettre en cause un système politique en place complètement bidon. Après tout qui aurait envie de vivre dans le monde de Distopiary, où tout est prévu à l’avance, où on a pas notre mot à dire ?? Qui aimerait qu’on le désigne roi du Mal alors qu’on ne veut faire de mal à personne ?? Et surtout qui a eu l’idée de mettre en place un système aussi ridicule. Le nom du manga est parfaitement trouvé, pour ce monde dystopique où il est impossible d’être heureux.

Mais au-delà du système ridicule en place dans le monde de Distpiary on peut aussi s’attaquer à notre monde !! Tout n’est peut-être pas déterminé à l’avance, mais quand on y regarde de plus près, entre le triage sélectif réalisé à l’école qui ne garde que les élèves ayant les meilleures notes et poussant les autres dehors, ou un système capitaliste où les patrons sont rois, il y a de quoi dire. Et il est certain que Distopiary aurait creusé le tuyau s’il en avait eu le temps !

Mais le monde de Distopiary ne serait-il pas davantage futuriste !!? Je me rappelle d’un livre lu au collège (ça remonte, et me demandez pas comment il s’appelle je sais plus) se déroulant au début du 22ème siècle (ou fin du 21ème je sais plus) ou l’être humain n’était plus libre de ses mouvements. Tout lui était prédéfini dès la naissance, et ce jusqu’à la mort. Dans ce futur l’être humain ressemblait plus à un robot, un être à qui on dicte tous ses mouvements … C’est un peu ce qu’essaie de nous raconter Distopiary, de manière différente certes, mais le constat reste le même !!

 

Une fin bâclée ?? Les raisons ?

J’ai pris énormément de plaisir à lire Distopiary, j’espère que c’était, ou que ce sera, votre cas aussi en le lisant. Seulement on s’aperçoit qu’ à la fin du tome 4 l’intrigue est loin d’être suffisamment avancée pour finir le manga en un tome … Le résultat est simple : on se retrouve avec une fin bâclée. Pas mauvaise, j’ai pas dit ça (je dirai même qu’ils s’en sont plutôt bien sorti …), mais en seulement un tome c’était tout bonnement impossible de finir le manga de manière correcte !!

Alors oui, je ne pense pas être le plus grand connaisseur niveau manga, mais je commence à en avoir lu un petit paquet et je commence à savoir comment ça marche. Du coup je l’avais un petit peu vu venir cette fin bâclée, et surtout je me doute bien de quelle est la raison principale de cette fin bâclée.

Pour avoir une fin bâclée il n’y a souvent qu’une option : l’arrêt prématuré de la série. Au-delà de ça il faut aussi rappeler une chose, c’est qu’au-delà des mangas à succès qu’on connaît, la grande majorité des mangas ne rencontre aucun succès, ou très peu. Et dans ces cas-là la sanction est souvent immédiate !! L’éditeur ne peut pas se permettre de poursuivre un manga qui ne se vend pas et préfère l’arrêter pour en lancer une qui, l’espère-t-il, rencontrera plus de succès. C’est par exemple le cas dans le Weekly Shonen Jump ou de nouveaux mangas débutent tous les 3/4 mois, et rares sont ceux qui réussissent à dépasser cette durée de vie dans le magazine le plus célèbre … Mais les autres magazines, bien que plus flexibles, ne sont certainement pas en reste.

Certes Distopiary n’a pas été publié dans le plus grand magazine de prépublication de tous les temps mais il est clair que Square Enix l’a arrêté pour un manque de succès/des ventes trop faibles. Sauf qu’on s’aperçoit bien que le manga n’était pas prévu pour se finir en 5 tomes !! Toutes les intrigues posées, toutes les questions autour de ce monde sans queue ni tête qui ont été énumérées tombent complètement à l’eau. Les auteurs essaient bien d’y apporter des réponses, d’apporter une conclusion au tout mais le manque de pages se fait ressentir !! C’est un véritable gâchis qui est réalisé tant ce manga avait du potentiel pour devenir un grand mais malheureusement c’est la dure loi du marché, la grande majorité des produits mis en ventes ne rencontrent aucun succès …

La grande majorité de ces mangas ne viennent pas en France, il est clair qu’un éditeur français ne prendrait pas le risque de publier un manga arrêté prématurément au Japon car il n’y a rencontré aucun succès, ça relèverait plus du suicide !! Cependant Distopiary fait parti de ceux qui ont traversé le globe pour atterrir chez nous, et rien que pour ça je remercie Pika Edition pour l’avoir édité.

On peut aussi se demander pourquoi ce manga n’a pas rencontré de succès malgré tout le bien que j’en ai dit au-dessus. En fait je pense que la raison est simple : le problème vient des personnages … Tout d’abord le héros, Tolza, il est froid et ne donne pas vraiment envie de s’attacher à lui, ce qui est un vrai problème. Il y en a bien quelques uns qui sont intéressants autour, mais le mal est fait. On peut presque dire que le manga s’est tiré une balle dans le pied avec un héros (enfin il n’a rien d’un héros, c’est juste le personnage principal) comme lui …

 

Conclusion

Malgré la fin bâclée je garde de bons souvenirs de Distopiary. Ce manga aura essayé d’apporter quelque chose de nouveau, mais le manque de succès l’aura empêché de se développer comme il aurait dû l’être. Je vous invite à lire ce manga, après tout il ne fait que 5 tomes et vous pourrez vous faire votre propre avis dessus.

Mes notes :

Univers : 16,5/20

Personnages : 13/20

Dessins : 14/20

Intrigue : 15,5/20

Moyenne : 14,75/20

 

Merci d’avoir lu cette Chronique, j’espère qu’elle vous aura plu. N’hésitez pas à la partager si c’est le cas ni à me dire ce que vous en avez pensé.

Avez-vous lu Distopiary ? Ou comptez-vous le lire ? N’hésitez pas à m’en faire part ^^

Sur ce, bonne journée/soirée et à bientôt pour parler de mangas sur Parlons Manga.

 

4 commentaires sur “Distopiary : un potentiel gâché !

  1. Ma déception est comme la vôtre…

    L’univers avait vraiment un cachet spécial, entre les fleurs qui éclosent à la mort, les différents personnages et éléments ajustés pour un monde sans espoir (bon un peu trop dramatiques parfois), le style RPG assez réussi, c’était vraiment intéressant de se plonger dedans.
    Le côté psychologique de nombreux personnages était également captivant à suivre.

    Mais effectivement, le personnage principal n’était pas du tout un personnage auquel on s’attache, et même avec des graphismes tout à fait originaux et des designs des plus sympathiques, j’ai plus d’une fois eu envie de refermer le manga tellement Tolza (le personnage principal) m’énervais par ses actions.. Ou inactions plutôt.

    Le gros soucis de ce perso, outre sa froideur, c’est je pense le fait qu’il ne cherche pas à « s’opposer au système en place ». On a un monde dystopique, ça ok, mais personne ne cherche à s’y opposer dans le but de changer les choses… Dans toute autre histoire, face à quelque chose de non fonctionnel, des « héros » chercheraient à s’y opposer /SPOIL (comme Coco et le subjugateur Fresco, qui finissent par se retourner contre les ordres donnés pour sauver des gens au péril de leur vies) /SPOIL

    Après, que les acteurs qui cherchent à s’opposer au système réussissent ou non, c’est peu important (soit ça finirait bien soit ce serait une tragédie mais l’idée serait là, je pense même qu’en en faisant une tragédie comme ça se termine l’impact aurait été encore mieux).

    Notre héro imposé au contraire, suit bêtement ce qu’on lui dit, même si ça le révolte il ne fait rien contre.
    Hélas, je crois que c’est ce que les auteurs voulaient finir par faire, /SPOIL il y avait aussi le subjugateur aux bandelettes qui voulait réussir sa mission sans tuer personne qui est du coup passé à la trappe…/SPOIL Tout comme un paquet de combats épiques et d’intrigues au final laissé en suspens ou fait en hors champ…
    Il y avait même des personnages mystérieux dont on aurait sûrement voulu en voir plus (comme le subjugateur Kaoru ou le chef de la division 7 Idogawa)

    On peut au moins féliciter les auteurs d’avoir réussi à créer un tel univers et de lui donner une fin (bien que très insatisfaisante puisque le véritable ennemi était non pas le « roi du mal » mais bien les politiciens et les gens qui dirigent dans l’ombre). Si ils en avaient eu le temps, je suis sûr qu’ils auraient pu faire une merveille de ce manga, ou en tout cas en faire une référence dans le genre sous-exploité des « mangas qui finissent pas bien ou pas super bien ».

    Aimé par 1 personne

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