Fire Punch : complexe ou vide de sens ?

Bonjour à toutes et à tous. Lorsque j’ai lancé mon premier blog, Fire Punch a été la première nouveauté dont j’ai parlé à sa sortie, un manga recevant énormément de com et qui avait marqué énormément de monde suivant sa prépublication. J’ai moi aussi été pris dans la folie, dans la « hype » autour de ce titre si spécial …

Pourtant au fil des volumes mon avis a pas mal changé, passant d’un tome 2 que j’ai détesté à un tome 3 que j’ai trouvé incroyable, la suite allant à peu près dans le même sens, alternant les tomes épiques avec des passages WTF et incompréhensibles.

Du coup, à un moment je me suis posé la question : est-ce que ce qu’on est en train de lire a un sens ? Est-ce que l’auteur a un message à nous transmettre ou est-ce qu’il réunit tous ses délires au même endroit, sans qu’il n’y ait de rapport entre eux ? C’est pour répondre à cette question que suite à la sortie du dernier volume j’ai relu toute la série afin de vous proposer cette chronique.

 

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Fire Punch

Auteur : Tatsuki Fujimoto

Éditeur vo/vf : Shueisha/Kazé Manga

Nombre de volumes : 8 (Terminé)

Synopsis : Plongés dans une nouvelle ère glaciaire où le chaos et la famine règnent sur terre, les hommes sont prêts à tout pour survivre. Parmi eux, certains possèdent des dons surnaturels. Agni et sa sœur Luna font partis de ces « élus » et utilisent leur pouvoir de régénération pour nourrir les habitants du village. Mais un jour, un terrible malheur les frappe. Agni sera le seul survivant du massacre qui a brûlé ses proches. Il part alors dans une quête effrénée pour assouvir sa soif de vengeance.

Fire Punch : complexe ou vide de sens ?

 

Un monde post-apocalyptique …

Loin, très loin dans le futur, une nouvelle ère glaciaire s’est abattue sur Terre, obligeant les Homme à lutter pour survivre. Certains d’entre eux ont développé ce qu’on appelle un don, une sorte de pouvoir les rendant différents des autres, cela pouvant aller de la production de flammes à la régénération.

Agni et Luna, deux frères et sœur possèdent justement un don de régénération, qu’ils utilisent pour nourrir les habitants d’un village de leur chair, les rendant cannibales par la même occasion, ce qui est nécessaire en ces temps difficiles pour survivre. Leur « bonheur » prendra malheureusement fin lorsqu’un certain Doma, soldat de l’État de Béhemdolg, découvrira la supercherie et réduira le village en cendres, ne laissant qu’un seul survivant, Agni. Désormais entouré des flammes du meurtrier qui le font souffrir le martyre, Agni n’a désormais qu’un seul but : venger sa sœur …

 

Une histoire de vengeance ?

Le postulat de départ est assez clair, nous allons suivre un type qui cherche uniquement à se venger. Pourtant tout ce qui s’ajoutera autour d’Agni va complexifier l’intrigue. Qu’est-ce que Béhemdolg ? Qui est Doma ? Serait-ce bénéfique de le tuer ? Tant de questions qui s’amènent dès les premières pages et qui demandent réflexion.

Parce qu’au final, on ne peut pas vraiment dire qu’on suit une histoire de vengeance. Certes c’est l’objectif d’Agni, mais en y regardant de plus près, c’est plutôt son aspect psychologique qui sera travaillé tout au long de la série, de même que pour d’autres personnages, certains vieux fous et possessifs, d’autres plus réfléchis mais incultes …

 

L’apport de la religion

Utilisé tout au long de l’intrigue, le thème de la religion est mis en avant pour expliquer divers phénomènes, dont les Hommes, qui ont perdu leur savoir, se servent pour se dire que tel évènement est logique, comme les dons, ou le fait de voir un Homme brûler en permanence sans mourir.

Cela existe depuis la nuit des temps, toute civilisation s’est basée avant tout sur un culte, d’une ou de plusieurs divinités pour expliquer ce qu’elle n’arrivait pas à comprendre, par rapport à ce qu’il y a autour d’elle mais aussi par rapport à ce qu’il y a après elle.

C’est la science qui a permis au fil du temps d’étioler l’importance de la religion, du culte dans nos contrées, amenant avec elle tout un lot de connaissances, rendant ce qui n’était pas explicable compréhensible, et par la même occasion rendant le culte obsolète.

Il est donc logique de penser, qu’en cas de perte de connaissances, la religion refasse surface et reprenne l’importance qu’elle pouvait avoir il y a plusieurs siècles. Ce que l’on obtient dans Fire Punch n’est donc qu’une suite logique d’évènements : nouvelle ère glaciaire -> pertes technologiques -> régression de l’humanité -> création de nouvelles croyances pour expliquer ce qu’il se passe autour d’eux.

Elle permet également à d’apporter aux Hommes l’explication de ce qu’est Agni, cet homme entouré de flammes. Quelque chose qui sort du lot, qui n’est pas explicable logiquement, est forcément d’origine divine. Le fait qu’Agni soit rapidement perçu comme un Dieu descendu sur Terre permet de comprendre à quel point l’humanité s’est rabaissée au fil des siècles, au point de miser ses derniers espoirs en un exhibitionniste brûlant …

 

Un scénario logique mais étrange, unique mais bordélique …

Pourtant, au fil des chapitres on finit par perdre le fil de l’histoire. Tatsuki Fujimoto nous abreuve d’informations en quantité suffisante, mais certaines retournent tellement la situation qu’on finit au bout d’un moment par ne plus savoir ce qu’il veut réellement.

Résultats on passe de passages marquants, puissants, par leur impact sur les personnages et l’univers, à d’autres qui semblent sortir de nulle part, dénués de sens. Et c’est comme cela que je suis passé, personnellement, d’un tome 1 que j’ai adoré à un tome 2 qui ne m’a pas plu, puis aux troisième et quatrième qui m’ont plus que convaincu, avant de me reposer de nouvelles questions sur le bien fondé de ce qu’on nous raconte au sixième …

 

En relisant toute la série d’un coup on y voit un peu plus clair, tout ceci était voulu par l’auteur !

L’univers où vivent nos protagonistes est tellement dur que pour y survivre la plupart n’ont pas d’autres choix que de devenir fous. Cette folie leur permet de garder une once de raison, mais également de faire ressortir ceux qui sont encore « intacts » du lot, ces derniers sont très peu nombreux.

L’absence d’éducation de la plupart des protagonistes renforce également cette folie, ainsi que la crainte de ce qui les entoure et leur capacité à croire le culte, nous ramenant à ce qu’on disait plus haut sur la religion et son importance dans l’intrigue.

 

Agni et le cas Togata

En dehors d’Agni s’il y a bien un personnage à retenir de Fire Punch c’est Togata. Personnage énigmatique, dotée du don de régénération et qui semble avoir perdu les boulons au fil des siècles, fait pourtant partie de ceux qui possèdent le plus de connaissances.

C’est bien elle qui permettra à Agni d’acquérir le plus de connaissances, qui lui permettra d’avancer et « d’atteindre » son objectif par le biais de quelque chose sorti de nulle part, une passion qui anime cette dernière et dont elle va se servir pour assouvir son propre rêve …

Malgré tout je reste persuadé que son utilisation n’était pas obligatoire et que cela nous a fait plus perdre de temps qu’autre chose. D’un autre côté c’est ce qui permettait à Togata de s’accrocher à la vie et aux belles époques qu’elle a pu connaître ou apprendre à connaître, chose que toute autre personne autour d’elle ignore.

Si Agni et Togata sont à prendre en considération ensemble, c’est parce chacun a su aider l’autre à sa manière, lui faire changer sa vision des choses, à plus ou moins long terme. Togata, bien sûr, qui a apporté à Agni un plan structuré pour venir à bout de son ennemi juré, lui a appris à se battre, se défendre et se servir du plein potentiel que lui permet son don.

Mais Agni aussi, qui a fait évolué Togata, la passant d’une folle à lier antipathique à un personnage presque appréciable, qui se soucie d’autrui, tout cela grâce aux sentiments qu’il peut ressentir, positifs comme négatifs. En quelque sorte Agni a permis à Togata de redevenir humaine, ce qui nous amène tout droit vers un point crucial de l’intrigue où j’estime que l’auteur est parti en sucette … une grosse sucette …

 

Pourtant l’histoire finit par partir en vrille …

Dire que l’intrigue était bien menée sur les cinq premiers volumes serait un euphémisme. Certes c’est pas une catastrophe mais l’auteur se lâche clairement, nous balançant en petit peu tout ce qu’il a en tête quand il en a envie : des fois ça marche, d’autres non.

Et forcément, à force d’accumuler les personnages, les intrigues, sous-intrigues, … Il fallait bien trouver une solution pour y mettre un terme. Elle est radicale et a le don d’agacer tout autant que de nous satisfaire.

 

Parce qu’au final tout ou presque a été sous-exploité : les personnages, l’univers, les dons, … Les seuls ayant un traitement de faveur étant Agni, Togata, Sun, Doma et Judah ainsi que le don de régénération qui a été vu, vu et revu tout au long de la série.

Cette surexploitation du don de régénération sert tout autant à expliquer pourquoi tel personnage ne crève pas après avoir subi ceci, ou cela, mais montre également que Tatsuki Fujimoto manquait d’idées pour exploiter les règles qu’il a établies dans son univers. Un manque d’ingéniosité flagrant mis en avant par Togata elle-même :

« Les spectateurs vont se lasser, à force ! Une pieuvre qui se bat contre un requin, c’est captivant ! Mais une pieuvre qui se bat contre une autre pieuvre, ça va une fois, mais après on s’en fout, on a compris ! » Togata, tome 2, chapitre 11

Quelle que soit la forme d’art qu’on regarde, voir toujours la même chose finit forcément par lasser. Une mise en lumière qui prend d’autant plus d’importance par la suite lorsque le scénario, parti en vrille une fois, finit par le refaire une seconde fois pour les mêmes raisons, voire une troisième … Imaginez si les personnages de One Piece étaient tous élastiques … Imaginez si les personnages de My Hero Academia maîtrisaient tous le One-for-All, où si les personnages de Fairy Tail étaient tous chasseurs de dragons … Ce serait tout de suite des séries moins sympas à suivre, longues et répétitives à foison. C’est typiquement ce qu’on a ici.

L’auteur nous sert le même plat réchauffé. Ajouter à cela des personnages qu’on n’apprend pas à connaître, qui retournent leur veste pour des raisons tout autant étranges que logiques et on se retrouve avec une histoire sans queue ni tête, qui n’est pas non plus vide de sens, avec cette question sur la religion et son importance pour les cultes et la sauvegarde d’une humanité en déclin, mais qui perd toute notion avec des personnages perchés, mal travaillés et oubliables … Personnellement j’en étais même venu à oublier l’objectif initial d’Agni, à savoir tuer Doma pour venger sa sœur … En arriver là c’est grave, soit j’ai complètement décrocher de l’intrigue à un moment, soit l’histoire est tellement mal racontée que cet objectif initial passe aux oubliettes. Je pense que c’est les deux à la fois.

 

Mais le pire c’est certainement ce que l’auteur nous propose sur les derniers volumes ! Pour faire simple on a le droit à florilège de non-sens, d’absurdités absurdes et de love story … Pourquoi, comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi une histoire qui tenait déjà sur un fil s’est enlisée dans une partie qui aurait mieux value ne pas être exploitée ? Comment certains personnages ont pu survivre et ne servir à rien à part à devenir d’autant plus détestable qu’on arrive à souhaiter leur mort alors qu’ils étaient parmi les rares à être sympathiques, même si complètement idiots, au début ?

Et que dire des derniers chapitres qui sont encore pire que tout le reste !? Comment une histoire de vengeance peut-elle se finir en une retrouvaille entre deux types qui ont changé d’identité 50 fois, pendant les 50 ellipses présentes, en trois tomes et qui s’aiment l’un et l’autre de tout leur cœur sans savoir qui ils sont à la base ? Que peut-on retirer de tout cela ? Moi, j’en retire juste que l’auteur s’est paumé et qu’il a balancé tout ce qu’il avait envie de mettre …

 

Un message écologique

Ce n’est pas très évident tout au long de la série, mais la lecture du dernier volume nous permet de comprendre que le message que souhaite transmettre Tatsuki Fujimoto est avant tout écologique.

La surexploitation des ressources, causée par l’Homme depuis plus d’un siècle, n’amènerait-elle pas la Terre à se vider, à s’appauvrir, jusqu’à ne plus pouvoir offrir ce dont l’Homme a besoin ? Cette ère glaciaire ne serait-elle pas la réponse de la nature pour mettre fin à la domination humaine sur une Terre dévastée au fil des décennies ?

Une vie simple, comme celle recherchée par Agni aux côtés de sa sœur ne serait-elle pas la meilleure réponse à cette surexploitation qui n’apporte qu’une satisfaction de courte durée ? Cela permettrait de donner du sens aux tomes 6 et 7 et à ce qui s’y déroule. L’auteur chercherait uniquement à nous montrer ce qui serait l’idéal pour vivre en harmonie avec la nature, la respecter, l’aider à se reconstruire après des centaines d’années d’exploitation.

Malheureusement encore une fois le thème est très mal abordé. On ne prend conscience de son utilisation qu’au dernier tome et le fait de se concentrer sur le bien-être de quelques personnages n’aide pas non plus à faire passer le message. Un problème renforcé encore une fois par les toutes dernières pages qui n’ont aucun sens avec ce qui est raconté …

 

Au final, qui est Agni et que retenir de lui ?

Au final connaît-on vraiment Agni ? Personnage principal, un temps protagoniste, un autre antagoniste, ou les deux à la fois …

Celui qui nourrissait les habitants d’un petit village de sa propre viande est rapidement devenu un fou à lier, avide de vengeance et … rien d’autre. La douleur insupportable des flammes brûlant sa chair en permanence lui ont fait perdre les pédales, si bien qu’après avoir retrouvé une sorte de stabilité mentale, son unique objectif était de tuer Doma le meurtrier avant de retourner voir sa sœur, avant de se tuer lui-même.

Ce contraste du personnage qui veut mourir est appuyé par la demande que lui font tous ceux qui se trouvent autour de lui, et qui, de par leur vulnérabilité, lui demandent en permanence de vivre. Non, Agni ne veut plus vivre ! En tout cas pas après s’être débarrassé du meurtrier …

Les rencontres qu’il va faire au cours de son périple funeste vont petit à petit le transformer. Si bien que son objectif va également dévier. Les actes qu’il commettra vont également avoir un impact non négligeable sur sa conscience.

Comment, lui qui ne voulait tuer qu’une personne, pourrait-il ne pas être affecté par la mort d’autrui ? Comment pourrait-il ne pas subir de remords suite aux crimes qu’il a commis ? Ne serait-il pas lui-même devenu le meurtrier du père, du frère ou de la sœur d’une tièrce personne, qui chercherait à son tour à se venger ?

N’avait-il pas raison, finalement, que de chercher à se donner la mort pour rejoindre celle qu’il aime et ne plus faire de mal aux autres ? Lui qui était différent, lui qui était devenu surpuissant, dangereux, que pouvait-il apporter autour de lui à part le chaos et la désolation dans l’autre camp ?

 

Pourtant je ne peux pas retenir d’Agni un personnage sympathique, qu’on a envie de suivre, d’aider à avancer. C’est certainement différent pour nous, qui vivons dans une période faste et au climat doux, mais si Agni a autant attiré le regard, ce n’est pas uniquement parce qu’il est entouré de flammes, mais aussi par un concours de circonstances, l’amenant à sauver telle personne, et à créer chez cette dernière une envie irrémédiable de l’adorer, l’idolâtrer, le sublimer. Pour une personne ayant vécue tout au long de sa vie dans le froid, voir une personne entourée de flammes, de chaleur, le sauver des méfaits d’une société dépassée par les évènements, ne peut être prise que comme bienfaitrice.

Mais Agni n’est pas un bienfaiteur. Il est comme vous ou moi, il aime les personnes qui lui sont chères, qui lui sont proches, sa famille notamment. Et il n’aspire à rien d’autre que le bonheur que vivrait une famille dans un foyer chaleureux. À partir de là, ses faits et gestes tout au long de la série deviennent clairs. Les pions qu’il a avancés, avec l’aide de Togata pour certains, ne servaient que cette quête de bonheur qu’il cherche depuis tant d’années. Finalement la love story dont je parlais plus haut est plutôt bien justifiée.

 

Pour faire simple, Agni c’est monsieur Tout-le-monde, à la seule différence que la vie ne lui a pas souri et que les drames qu’il vivra ou causera le rendront petit à petit fou, jusqu’à ne plus savoir ce qu’il est réellement. Un protagoniste charismatique certes, mais loin d’être l’image du héros que ses bienfaiteurs vendaient de lui, bienfaiteurs qui finiront par découvrir la vérité et tomber de haut au terme d’un final tout sauf maîtrisé …

 

Une fin étrange

Je n’arrête pas de vous parler de la fin en négatif depuis le début de cette chronique. En effet, le point culminant du non-sens et de l’incompréhension totale est atteinte dans le dernier volume, dans les dernières pages plus précisément où l’auteur semble ne plus en avoir rien à faire de la logique … Tout ou presque est oublié pour nous présenter la conclusion de cette love story, conclusion aux proportions d’incompréhensibilité maximale.

J’avais dit lors de mon article sur le sixième volume de la série (sur l’ancien blog) que ce délire agencé par l’auteur était soit prévu depuis le tout début, ce à quoi je tirerai mon chapeau pour une telle maîtrise, ou alors que le tout n’avait aucun sens depuis le début et qu’il n’y avait rien à comprendre, rien à ressortir de ce titre. Franchement je ne suis pas loin de pencher sur le deuxième point, mais d’autre côté ce n’est pas vide de sens, loin de là !!

Cette bizarrerie qu’est la fin renforce surtout l’idée que Fire Punch est un fourre-tout : l’auteur s’est lâché en termes de folie, de dinguerie, tout au long de ses huit volumes. Tatsuki Fujimoto est peut-être aussi fou que les personnages qu’il a créés, mais pour réussir à trouver un sens à tout ce qui nous a été raconté je ne peux que dire bravo. Mais le dégoût m’habite tout autant que la hype et l’incompréhension …

« Il vaudrait sans doute mieux que Tatsuki Fujimoto prenne rapidement conscience qu’il est encore bien plus déjanté qu’il ne l’imagine. » Sui Ishida (Tokyo Ghoul, Tokyo Ghoul:Re)

 

Graphiquement ça ne suit pas …

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Non pas que ça soit moche, mais graphiquement Fire Punch est loin d’être l’idéal. Le trait de Tatsuki Fujimoto fait assez old-school, rien à voir avec les dessins numériques qu’on a aujourd’hui. Mais ces derniers sont de qualité inégale et n’aident pas toujours à la compréhension de l’intrigue.

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On est censé en tirer quoi de cette page, à part qu’elle est folle ? …

Mais le pire, ce sont certainement ces phases de dialogue constructifs agrémentés d’un découpage somptueux … C’est ironique bien sûr ! Certaines scènes ont une utilité tellement proche du néant que je ne comprends pas comment l’éditeur a pu accepter de placer cela dans le manga, le tout accompagné d’un découpage rectiligne ignoble qui rend la lecture lente et désagréable pour ceux qui ont le courage de lire toutes les cases de ces pages encombrantes.

 

Ces trois pages (de gauche à droite) se suivent. En dehors de la première (dont j’ai retiré les dialogues pour cause de spoil) les deux autres ne servent strictement à rien et nous font perdre un temps précieux et surtout deux pages qui auraient pu être utilisées pour expliquer autre chose. De plus que, comme dit juste au dessus, ces pages sont longues à lire et ne réussissent qu’à couper le rythme de lecture et à nous sortir de l’intrigue. Ce genre de cas arrive malheureusement plusieurs fois tout au long des huits volumes …

 

Conclusion

Je ne peux pas dire que Fire Punch soit un mauvais manga, c’est loin d’être le cas, mais je ne peux pas non plus dire qu’il est parfait tant il possède de défauts.

De manga prometteur, unique, traitant d’un thème trop peu exploité dans les mangas a finalement dérivé dans un délire de non-sens auquel s’ajoute la réussite, tout de même, de l’auteur, d’avoir su tenir son cap pendant sept volumes et demi.

Une histoire à la fois géniale et bizarre, voilà ce que l’on peut retenir de Fire Punch, même si cette fin, dont le niveau d’étrangeté atteint des niveaux rarement atteints, restera en travers de la gorge de pas mal de monde, moi y compris …

 

Mes notes :

Univers : 15/20

Personnages : 14/20

Intrigue : 13/20

Dessins : 13/20

Moyenne : 13,75/20

Merci d’avoir lu cette chronique sur Fire Punch, j’espère qu’elle vous a plu. N’hésitez pas à la partager si c’est le cas ni à me dire ce que vous en avez pensé.

Normalement il s’agira de la dernière chronique de 2018. Je ne peux pas vous dire quand elle sortira puisque je ne sais même pas de quoi elle traitera. De toute façon on sera assez occupé jusqu’à la fin de l’année avec le Bilan Manga 2018.

Sur ce, bonne journée/soirée à toutes et à tous et on se retrouve bientôt pour parler de mangas sur Parlons Manga ^^

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17 commentaires sur “Fire Punch : complexe ou vide de sens ?

  1. Personnellement, j’ai aussi beaucoup de mal avec les 3 derniers tomes. Même Neneth n’apporte rien. Sun finit par faire pitié, même si c’est voulu. Et je ne parle même pas de la fin où je suis d’accord avec toi. Il y avait plein de choses à traiter sur l’écologie plutôt que de s’embourber dans la love story d’Agni et Luna. Pour l’ensemble je te trouve mesuré et je partage tes notes. Et au niveau des dessins, c’est encore pire qu’SNK pour moi.

    Aimé par 1 personne

      1. C’est vrai qu’Isayama a fait un effort considérable. Les progrès sont notables, et certaines scènes marchent très bien même si certains persos graphiquement me dérangent encore.

        Aimé par 1 personne

    1. Perso mon avis dessus a fait le yoyo mais cette fin est tellement bizarre qu’au final je ne sais plus quoi en penser. C’est à la fois bien et nul, on sent qu’il y avait des choses à dire mais ça a été mal exploité.
      Vraiment dommage …

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai beaucoup aimé la fin de mon côté, même si ce n’est pas exempt de défaut.
    Je pense que le message écologique est sans doute au centre du récit, mais l’auteur veut remettre en cause la limitation humaine à ne pouvoir concevoir les choses qu’à travers la mise en récit, c’est là que réside l’intérêt du personnage de Togata. La mise en abîme de la structure du récit, de la quête du héros et de l’héroïsme lui-même introduit la question centrale du manga, située après la fin du récit donc, qui est l’identité comme moteur de la projection de l’essence sur l’existence qui n’aurait même pas besoin de signification mais juste d’un peu d’énergie. C’est un message totalement nihiliste, mais personnellement qui me touche, qui va jusqu’à considérer la question écologique comme finalement vaine puisque basée sur un fantasme de continuité et d’éternité statique.

    Les deux derniers extraits que tu cites m’ont plu aussi. La scène du camion dit vaguement que le personnage est un peu barré, ok, mais surtout montre le côté inintéressant du temps qui passe dans une répétition d’une action vide. Le récit est vide, certes, mais pas le propos qui est justement de dire que la réalité n’est pas le récit, que l’essence n’est pas digne d’intérêt et que pour exister on est obligé de faire semblant qu’il se passe quelque chose (ici Togata répète le bruit du camion pour vérifier qu’elle est encore présente et pour rester éveillée… je n’ai personnellement pas fait ça, mais lors d’un voyage en voiture de nuit je me souviens avoir inventé l’idée que je devais crier les chansons que j’écoutais pour ne pas m’endormir). Les planches de l’échange idiot entre Togata et Agni montrent pour autant le lien entre compétences langagières et richesse de l’existence, sujet régulièrement abordé et débattu en sciences de la pédagogie et linguistique : avec la disparition du langage l’existence finit par s’écraser sur l’essence et pour aller plus l’auteur montre la vie s’écraser sur la minéralité… la question écologique s’avère périphérique alors qu’elle semblait centrale, et l’approche collective finit par être submergée par la question de la formation de l’individualité et son articulation nécessaire à l’altérité, même aliénée.
    La critique de la religion n’est ainsi politique qu’en apparence, et ce qui est dénoncé c’est qu’elle finit par entraîner un mensonge sur sa propre identité jusqu’à remplacé des aspirations, désirs et sentiments assez simples par des considérations irréalistes et irrationnelles certes mais surtout « étrangères » et déshumanisées. La disparition de divinité et le naturalisme, voire la compréhension scientifique de l’écosystème jusqu’à pouvoir en déduire n’y apportent pas plus. On en vient alors une « éloge de la fuite », notamment par la fiction, qui finalement ne sert pas plus tant qu’on n’interroge pas l’identité dans ce qu’elle est une application sans cesse répétée (grâce à une énergie, contre-entropique) de cette idée de projection.
    Ainsi le manga lui-même se sent vain envers lui-même et l’auteur propose une approche dubitative et désabusée. C’est ma lecture.

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