Shonen Jump & Shonen Magazine : Plus si rivaux que ça …

Bonjour à toutes et à tous. Deux magazines, des titres cultes à travers le monde, des décennies de lutte pour s’accaparer la place de numéro 1 … Tout ceci ne serait-il pas de l’histoire ancienne ?

Ces dernières années le marché du manga au Japon a vécu de nombreux changements et plus que les mangas eux-mêmes ceux qui en souffrent le plus ce sont les magazines de prépublication.

Bien qu’ils soient les deux plus célèbres magazines de prépublication, le Weekly Shonen Jump et le Weekly Shonen Magazine souffrent aussi de ces nombreux changements opérés ces dernières années.

Si vous avez vu l’info en début de semaine, ou si vous avez lu le Weekly News de cette semaine vous savez qu’il s’est passé quelque chose de marquant ce lundi 8 avril 2019. Et cela sonnerait peut-être bien le glas de près d’un demi-siècle d’une bataille acharnée entre les deux plus grands magazines hebdomadaires que le monde du manga ait connu …

Jump Magazine

Shonen Jump et Shonen Magazine : Plus si rivaux que ça …

 

Un peu d’histoire

Shonen Magazine 01 1959

Le 17 mars 1959 est publié le premier numéro du Weekly Shonen Magazine. Si on manque de données sur le succès du magazine en lui même on sait qu’il devient rapidement le magazine de prépublication shonen numéro 1 dès les années 60, en publiant notamment de nombreux titres devenus cultes aujourd’hui. Une place qu’il conservera jusque dans les années 70.

Aujourd’hui plus de 5 200 000 000 exemplaires du Weekly Shonen Magazine ont été vendus depuis son lancement.

 

 

Shonen Jump 01 1968

C’est le 1er août 1968 que sort le premier numéro du Weekly Shonen Jump. Sa croissance est rapide bien qu’il doit faire face à la concurrence d’un Shonen Magazine déjà bien installée. Il lui faudra une bonne décennie pour s’installer  sur le marché et instaurer son système si célèbre de votes des lecteurs (qu’il est le seul à pratiquer pour rappel).

Ses ventes explosent à partir de 1978, portés par un puis plusieurs titres dont vous avez forcément entendu parler, jusqu’à atteindre un pic de popularité en 1995. Il reste encore aujourd’hui le magazine de prépublication le plus vendu bien qu’il soit très loin de sa gloire passée.

Aujourd’hui plus de 7 500 000 000 exemplaires du Weekly Shonen Jump ont été vendus depuis son lancement.

 

20 titres populaires/cultes tirés de ces magazines

Weekly Shonen Magazine

Manga

Auteur(e)(s)

Parution

GeGeGe ni Kitarô

Shigeru Mizuki

1959-1969

Ashita no Joe

Asao Takamori/Tetsuya Chiba

1968-1973

Tiger Mask

Ikki Kajiwara/Naoki Tsuji

1970-1971*

Kamen Rider

Shotaro Ishinomori

1971

Devilman

Gô Nagai

1972-1973

L’enfant aux trois yeux Osamu Tezuka 1974-1978
Queen Emeralds Leiji Matsumoto 1978-1979
Ippo Georges Morikawa 1989-en cours
Young GTO/Shonan Junaï Gumi Tôru Fujisawa 1990-1996
Les enquêtes de Kindaichi Yôzaburô Kanari/Tadashi Agi/Fumiya Satô 1992-2017**
Great Teacher Onizuka Tôru Fujisawa 1997-2002
Love Hina Ken Akamatsu 1998-2001
Rave Hiro Mashima 1999-2005
Samurai Deeper Kyo Akimine Kamijiyo 1999-2006
Dream Team/Ahiru no Sora Takeshi Hinata 2003-en cours
Ace of Diamond Yûji Terajima 2006-en cours***
Fairy Tail Hiro Mashima 2006-2017
Gamaran Yousuke Kanamaru 2009-2013
Seven Deadly Sins Nakaba Suzuki 2012-2019****
A Silent Voice Yoshitoki Oima 2013-2014

*Débuté en 1968 dans le Bokura Magazine

**Toutes séries confondues, la dernière en date : Kindaichi 37-sai no Jikenbo, est publiée dans le magazine Evening.

***Toutes séries confondues

****En attente de confirmation

Weekly Shonen Jump

Manga

Auteur

Parution

Mazinger Z Gô Nagai 1972-1973
Kochira Katsushika-ku Kameari Koên-mae Hashutsujo (Kochikame) Osamu Akimoto 1976-2016
Cobra Buichi Terasawa 1978-1984
Kinnikuman Yudetamago 1979-1987*
Dr Slump Akira Toriyama 1980-1984
Captain Tsubasa Yoichi Takahashi 1981-1988
Hokuto no Ken/Ken le survivant Tetsuo Hara/Buronson 1983-1988
Dragon Ball Akira Toriyama 1984-1995
Jojo’s Bizarre Adventure Hirohiko Araki 1987-2004**
Slam Dunk Takehiko Inoue 1990-1996
Yuyu Hakusho Yoshihiro Togashi 1990-1994
One Piece Eiichiro Oda 1997-en cours
Hunter x Hunter Yoshihiro Togashi 1998-en cours
Naruto Masashi Kishimoto 1999-2014
Bleach Tite Kubo 2001-2016
Death Note Tsugumi Ohba/Takeshi Obata 2003-2006
Kuroko’s Basket Tadatoshi Fujimaki 2008-2014
Haikyû !! – les as du volley Haruichi Furudate 2012-en cours
Assassination Classroom Yusei Matsui 2012-2016
My Hero Academia Kohei Horikoshi 2014-en cours

*Aussi connu sous le nom Muscleman, Kinnikuman a repris sa publication en 2011 dans le Shû Play News et est toujours en cours.

**Toutes parties confondues. Transféré dans l’Ultra Jump fin 2004.

Listes non exhaustives, il y a d’autres titres célèbres dans l’un comme dans l’autre.

 

Derniers numéros parus des deux magazines

 

Quelques chiffres

Si ces deux listes vous montrent à quel point ces deux magazines ont été importants pour l’industrie du manga depuis plus de 50 ans cela ne permet pas de quantifier la gravité de la situation qu’ils vivent actuellement, malgré la présence de titres populaires.

Tirage moyen Shonen Magazine

Note : les chiffres de 2008 ne comprennent que le tirage moyen d’avril à décembre et ceux de 2018 ne comprennent que celui de janvier à mars.

Ce graphique suffit pour vous convaincre que la situation du Weekly Shonen Magazine est assez alarmante. Tirage en constante baisse, divisé par deux en dix ans.

Surtout que cette baisse semble avoir débuté bien avant puisque les tirages du Shonen Magazine dépassaient les 2 millions jusqu’en 2007 et se fixaient même à plus de 2,7 millions d’exemplaires en 2004, le mettant presque aux niveaux des chiffres du Jump cette année-là.

Pourtant malgré cette chute le Weekly Shonen Magazine reste de très loin le magazine numéro 2 au Japon.

Tirage moyen Shonen Jump

Note : les chiffres de 2008 comprennent le tirage moyen de janvier à septembre 2008, les autres comprennent le tirage moyen d’octobre de l’année précédent à septembre.

Si il était stable, même en légère hausse, à la fin des années 2000, le Weekly Shonen Jump a entamé depuis 2014 une chute tout aussi inquiétante que son compère. Mais il sort au milieu des années 2000 d’une décennie de chute libre, due vous le savez certainement aux arrêts successifs de Yuyu Hakusho, Dragon Ball et Slam Dunk, « Big 3 » des années 90. Du pic à 6 530 000 exemplaires en 1995 il faudra attendre 2004, année où il passe sous les 3 millions, pour que cette chute s’arrête.

 

S’il n’y a plus de comparaison possible au niveau des tirages, les Weekly Shonen Magazine et Weekly Shonen Jump n’en restent pas moins deux magazines populaires en grande difficulté ces dernières années. Ce qui nous permet d’entrer dans le vif du sujet de cet article : Pourquoi ? D’où viennent ces difficultés et l’annonce de lundi dernier (cette fameuse collaboration) n’en serait-elle pas une réponse ? …

 

Pourquoi sont-ils en chute libre ?

Les habitudes des consommateurs ont changé. Vous le savez certainement mais les magazines de prépublication sont conçus avec du papier de mauvaise qualité, pour être le moins cher possible, sont lus et jetés juste derrière. Ce sont des produits de consommation !! Et comme tout produit de consommation qui se respecte son succès peut varier en fonction des habitudes des consommateurs …

Et si on y réfléchit c’est un peu le même cas que pour la presse papier : les nouvelles technologies les mettent en grande difficulté. Il est plus simple de parcourir les fraîches infos sur son smartphone que de se tirer un magazine de grande taille qui se froisse au moindre contact. C’est pareil ici, à la seule différence qu’il contient beaucoup plus de pages.

À cela les grands journaux ont répondu en ouvrant des sites en ligne et des comptes sur les réseaux sociaux. Logiquement les éditeurs de manga en ont fait de même en ouvrant des sites, des comptes sur les réseaux sociaux pour chaque magazine, des magazines numériques et même des applications permettant la lecture en ligne ou depuis son smartphone. Shonen Jump + chez Shueisha et Magazine Pocket chez Kodansha.

Les séries présentes dans ces magazines ne plaisent plus autant qu’avant. Une réponse qu’on pourrait facilement ressortir. En effet dans les années 2000 le Weekly Shonen Magazine a perdu à tour de rôle quelques Love Hina, GTO, Rave ou Samurai Deeper Kyo sans jamais réussir à vraiment les remplacer. Il n’y a eu guère que Dream Team en 2003, Fairy Tail et Ace of Diamond en 2006 ou plus récemment Seven Deadly Sins en 2012 mais cela reste très maigre à côté des 25 séries publiées simultanément dans le magazine. De la même manière on peut expliquer la stabilisation des ventes du Jump dans la deuxième partie des années 2000 grâce à la domination de One Piece, Naruto, Bleach et le support d’autres qui ont aussi rencontré du succès (Gintama, Reborn!, D.Gray-man, etc …). Leur départ serait donc aussi à l’origine du début de la chute en 2014.

Pour des raisons démographiques, tout simplement. Vous le savez la croissance démographique du Japon n’est pas simplement faible, elle est négative !! Avec un nombre de 1,44 enfants par femme à l’heure actuelle le renouvellement des générations est loin de se faire. Et il est donc logique de penser que s’il y a moins d’enfants qu’il y a vingt ans ces magazines qui leur sont destinés (rappelons-le) se vendent moins. Surtout que ce n’est pas parti pour s’arranger …

Car ces magazines sont moins importants qu’autrefois … Entre ces applications qui prépublient directement des séries inédites en plus des habituelles et la création d’autres magazines annexes aux cibles plus ou moins proches on est en droit de se demander si ces deux géants ont toujours la même importance qu’autrefois. Logiquement oui vu qu’ils restent les deux plus grands magazines, mais d’un autre côté ces différentes applications où on peut lire leurs séries nous laisse aussi penser qu’ils ne touchent plus leur cible. On rejoint ainsi le premier point en se disant que les habitudes des consommateurs ont changé.

 

C’est un peu un mélange de tout en fait, entre l’essor technologique et les problèmes démographiques, auquel s’ajoute celui est certainement responsable de cette collaboration entre ceux qui ont longtemps été rivaux : LE SCANTRAD !

La lecture en ligne gratuite et illégale, un fléau dont on a longtemps pensé que le Japon resterait hermétique … jusqu’au 1er août 2018.

lutte piratage

Je vous en ai déjà suffisamment parlé dans l’article sur le scantrad, mais au-delà de la portée internationale qu’avait ce message il nous laisse également penser que les maisons d’édition sont moins centrées sur elles mêmes et qu’elles pensent à l’évolution du marché et son avenir. Et qu’elles sont prêtes, ou presque, à faire un pas en avant pour se rapprocher entre elles !!

 

Revivront-ils une telle époque ? …

 

Le Jump Magazine, l’avenir ?

Cette collaboration entre les deux plus grands magazines de prépublication répond finalement à une suite logique d’évènements. Les deux magazines sont en difficulté, possèdent moins de titres phares qu’avant et ont de plus en plus de mal à se renouveler. De plus la surexposition de leurs titres font qu’ils sont aussi grandement touchés par le scantrad, plus que les autres magazines.

Mais de là à dire que c’est l’avenir ? … Non.

Tout simplement parce que Shueisha et Kodansha sont les plus grosses maisons d’édition de manga, représentant à elles seules plus de la moitié des ventes de manga chaque année. Chacune conserve son indépendance, son identité, et logiquement la fusion des deux magazines n’est pas prête d’arriver. Je pense même que ça ne se réalisera jamais.

Surtout qu’il faut rappeler que cette collaboration est éphémère. Elle ne sert qu’à promouvoir les titres des deux magazines en leur mettant une grosse mise en avant, ainsi que des évènements qui auront lieu régulièrement tout au long de cette collaboration. Suite à cela tout redeviendra comme avant … ou presque.

 

Du coup, encore rivaux ?

Parce que si on y réfléchit on est en droit de se dire que les deux magazines n’ont plus rien de rivaux puisqu’ils ne publient plus du tout le même genre de titres. On trouve dans le Jump des titres qui sont dans la lignée toute droite des plus grands titres qu’il a publiés, avec pour certains une petite touche d’originalité (My Hero Academia, The Promised Neverland, Hinomaru Sumo, Dr Stone) alors que le Shonen Magazine semble s’être spécialisé depuis quelques années sur des séries tranche-de-vie, centrées soit sur le sport (Ace of Diamond Act II, Days, Blue Lock), soit sur de la comédie (Go-Tôbun no Hanayome) soit sur de la romance (Kanojo, Okarishimasu, Danshi Kokosei), les dernières places étant occupées par quelques séries de fantasy, souvent les plus connues chez nous (Seven Deadly Sins, Edens Zero, Fire Force).

 

Donc compliqué de dire qu’ils sont encore rivaux. En concurrence oui, tous les magazines le sont entre eux, mais vu la situation qu’ils vivent on pourrait plutôt penser qu’ils sont devenus, non pas des camarades, mais des alliés de circonstance.

Parce que ce que l’on dit ici vaut pour tous les magazines finalement. Cette collaboration, au-delà du symbole de l’alliance entre les deux « anciens » rivaux, nous dit qu’aujourd’hui les frontières entre maisons d’édition commencent à s’ouvrir. Et qu’on est en droit d’espérer, comme je le suggérais dans l’article sur le scantrad, d’avoir un jour un site/une application où l’on pourrait lire des titres appartenant à différentes maisons d’édition. Et pas simplement au Japon mais partout dans le monde, dans plusieurs langues.

Ce que je dis là vaut avant tout pour le marché japonais mais si cela se décante au pays du manga, cela devrait l’être d’ici quelques années dans le reste du monde. Et si nos maisons d’édition françaises, bien plus petites que les géants japonais, semblent encore un peu frileuses sur la question, elles pourraient s’y engouffrer si ce système fonctionne et ainsi publier beaucoup plus de séries qu’aujouird’hui avec moins de risques …

 

Conclusion

Cette collaboration, bien qu’éphémère, répond à tout ce que l’on voit depuis de nombreuses années, et laisse suggérer un avenir pour l’édition et la publication de manga.

Car après des décennies de lutte aux sommets où chacun a eu son heure de gloire, la question aujourd’hui est de savoir comment ils vont survivre dans les années qui viennent alors que leurs ventes sont en chute libre, bien plus que pour les volumes reliés, et que rien ne semble pouvoir l’arrêter à l’heure actuelle.

Les smartphones, Internet, et les problèmes démographiques peuvent être responsables de cette évolution mais le scantrad est certainement celui qui lui a porté le plus gros coup de massue ces dernières années.

 

C’est en quelque sorte un test, pour voir si les lecteurs sont prêts à sauter le pas ou non. On le voit bien sur le site, tous les chapitres ne sont pas disponibles. L’idée avant tout est donc bien d’attirer de nouveaux lecteurs sur ces titres qui ont, il faut bien le reconnaître, de plus en plus de mal à percer …

Si leurs heures de gloire sont derrière eux les Weekly Shonen Jump et Weekly Shonen Magazine ont encore de belles années à vivre et il semble inimaginable de les voir, eux comme les autres magazines, disparaître au fil du temps. Si cela ne peut plus se faire sur format papier cela se fera autrement et c’est là qu’intervient la promotion Jump Magazine.

Car après tout on parle d’un système de publication profondément ancré dans la culture populaire nippone, voire mondiale. Elle ne peut pas mourir pour si peu …

 

Merci d’avoir lu cet article, assez long finalement. J’espère qu’il vous a plu. N’hésitez donc pas à le partager ou à me dire ce que vous pensez de cette collaboration et de l’avenir qui attend les deux plus grands magazines de prépublication de manga de l’histoire. N’hésitez pas non plus à me rejoindre sur Twitter ou Instagram si ce n’est pas déjà fait.

Sur ce, bonne journée/soirée à toutes et à tous et à bientôt ^^

 

Sources : Comic Vine (couvertures), Wikipédia (chiffres/séries publiées), Comipress, Populationdata, Jump Magazine Gakuen

9 commentaires sur “Shonen Jump & Shonen Magazine : Plus si rivaux que ça …

  1. Article super intéressant, on sent le gros taf derrière…

    Si fusion il y a, quid des éditeurs (Sheisha VS Kodansha) et les répercutions ici? Si les éditeurs en plus des magazines fusionnent ça risque de foutre un sacré bordel niveau droits :/

    Aimé par 1 personne

    1. C’est pour ça que je pense pas qu’ils fusionneront complétement. Là on sent un rapprochement entre eux avec cette collaboration éphémère, mais difficile de savoir ce qu’ils feront ensuite.

      J'aime

      1. Les pistes que tu avances sont crédibles et laissent pas vraiment de marge de manoeuvre. Les venteset le tirages sont en bernes et pareil pour les tankobons. Soit ils evoluent, soit ils sont condamné a une mort lente.

        Y’a des pistes à explorer, mais vraiment cette fusion temporaire sent (pour moi) comme un test pour voir ce qu’en pense les gens…

        Aimé par 1 personne

        1. Si je me souviens bien c’est que j’avais dit quand je l’ai sorti. C’est une sorte de test pour voir comment réagissent les consommateurs. Actuellement il n’y a pas l’air d’avoir un gros impact sur les ventes mais attendons de voir dans les mois qui viennent.

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