Ashita no Joe tome 1

Bonjour à toutes et à tous. Nouvel article Lectures Manga sur une série que je viens de débuter. Et vous l’aurez compris grâce au titre, on ne s’attaque pas à n’importe qui aujourd’hui …

 

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Ashita no Joe tome 1

Auteurs : Asao Takamori (scénario), Tetsuya Chiba (dessins)

Éditeur : Glénat Manga

Parution : 27/01/2010

Synopsis : Joe Yabuki est un enfant de la rue, un orphelin bagarreur régulièrement en conflit avec les autorités. À peine arrive-t-il dans un bidonville que ses frasques éveillent la curiosité et l’intérêt de Danpei, un ancien boxeur devenu alcoolique. Ce dernier, conscient de l’incroyable potentiel du jeune homme, rêve d’en faire le plus grand boxeur de l’histoire. Malheureusement, l’intéressé semble plus que jamais attaché à son indépendance et Danpei comprend qu’il va devoir gagner la confiance de ce jeune chien sauvage…

Tome 5

Mon avis : Tokyo, quartier des doya où la misère règne. C’est là qu’atterit Joe Yabuki, jeune garçon bagarreur qui n’aspire qu’à la liberté. Lors d’une bagarre il est remarqué par un vieil alcoolique, Danpei Tange, qui voit en lui le potentiel d’un futur champion de boxe. Il décide de le prendre sous son aile pour lui apprendre les diverses techniques de ce sport mais n’a pas la confiance du jeune Joe qui préfère s’amuser avec les enfants du quartier, jusqu’à commettre l’irréparable …

« Je n’aime pas représenter le sang dans mes mangas.

Jusqu’à présent, j’ai fait tout mon possible pour éviter d’en dessiner. Cependant, il ne peut en aller de même pour Ashita no Joe. Car cette histoire raconte les combats d’hommes de chair et de sang. Des hommes qui vivent d’insultes, de cris et de coups.

C’est pourquoi aujourd’hui encore, je fais jaillir le sang de mes crayons et de mes pinceaux pour en teinter mes pages.

Pour donner un corps à ces hommes acharnés, qui suivent avec hardiesse le fil de leur vie. » Tetsuya Chiba

Les mots de Tetsuya Chiba, en première page du volume, sont forts en sens et en symboles. À une époque où les mangas sont avant tout destinés au enfants, avec divers Astro Boy ou Roi Léo, un duo d’auteurs sort un titre qui s’apprête à chambouler le paysage manga, à aggrandir l’étendue du possible, à entrer dans l’histoire.

Un demi-siècle après, commencer la lecture de ce titre ressemble à un choc culturel pour moi. Car je serai incapable de comparer ce que je viens de lire à ce que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui. Peut-être parce que c’est le plus vieux manga auquel je m’attaque, mais je pense plutôt que c’est dans l’idée de trasmettre certaines valeurs, certains messages que je lui trouve une petite touche inédite.

À commencer par son personnage principal : Joe Yabuki … Il n’a rien du héros tel qu’on les voit aujourd’hui. Il n’est pas noble, pas valeureux. Je m’attendais à tomber sur l’origine de l’archétype du héros de shonen actuel, à la place, excusez du terme, je tombe sur un enfoiré avide de richesse, perfide, et mal-intentionné, qui n’hésite pas à tromper son prochain pour servir son intérêt personnel.

Bien sûr pour comprendre comment il en est arrivé là il faut apprendre à le connaître, et en effet les diverses révélations sur lui nous en disent long sur pourquoi et comment il en est arrivé à vagabonder et à nuire. D’un autre côté on peut penser que Joe est la représentation de la jeunesse japonaise de l’époque, de l’après-guerre …

Il n’est pas précisé quand le manga se déroule, mais à voir la ville de Tokyo, ses infrastructures et son bidonville, les tenues vestimentaires et autres, on peut supposer qu’il ne se déroule pas plus tard que dans les années 60, soit à l’époque contemporaine de publication du manga. À une époque où le pays se remet petit à petit de sa défaite lors de la Seconde Guerre Mondiale, et où la jeunesse peut paraître assez perdue dans un monde qui s’apprête à changer …

Joe représenterait donc cette jeunesse, celui à qui il est facile de s’identifier. Celui que chacun rêverait d’être : un homme libre. Car s’il y a bien une question qui est longuement évoquée dans ce premier volume c’est la liberté. La liberté de faire ce que l’on souhaite, quitte à passer outre certaines règles. Une liberté qui se restreint au fil des pages, au fur et à mesure que Joe commet ses erreurs. C’est la liberté que l’on prive à cette jeunesse, à travers des règles, des lois. Il faut trouver un juste milieu entre droits et devoirs, ce que Joe ne semble pas avoir compris.

 

S’il y a bien quelque chose que l’on retrouve dans les œuvres modernes c’est la figure du mentor. Le maître, celui qui va tout apprendre à son élève pour qu’il devienne le meilleur dans sa discipline. On le retrouve ici avec Danpei Tange, ancien boxeur professionnel dont les rêves de voir son poulain décrocher la plus prestigieuse des victoires s’est envolée depuis longtemps. Ce vieillard trouve en Joe un nouveau souffle de vie, une raison de plus de se démener. Si l’idée de base n’est pas pleinement saine d’esprit, il a conscience qu’avec la rigueur de la boxe Joe pourrait retrouver le droit chemin, mais ce dernier se moquant complètement de ce sport il sera difficile pour Danpei d’arriver à ses fins.

La boxe, éléments dont on reste assez loin, malgré la couverture, mais proche en même temps grâce aux personnages, leur manière de se battre et leur histoire. Il s’agit certainement de l’autre grande surprise pour ma part, car si elle nous est montrée au travers d’un flashback expliquant l’histoire de Danpei, Joe reste très éloigné du ring tout au long de ce premier volume, mais les épreuves qu’il affronte ici, aux vues de son caractère effronté, sonnent comme obligatoires. Ce qu’il vit va le renfocer, non pas physiquement puisqu’il n’en a clairement pas besoin, mais humainement parlant, ce qui se sent lorsqu’on arrive aux toutes dernières pages.

 

 

C’est aussi du côté des dessins que se ressent les nombreuses années qui nous séparent de la parution de ce titre. Les traits sont caricaturaux, peu de décors, peu de nuances de gris, moins de fluidité entre chaque case, entre chaque scène. Tout semble plus statique, ce qui donne plus d’importance entre chaque dialogue, à chaque onomatopée. J’ai eu l’impression de lire une bande-dessinée franco-belge, pour vous dire, tant la différence est forte !!

La mise en page, du coup, semble prendre un sacré coup de vieux, même si on est plus proche de ce qu’on a l’habitude sur ce point. Pourtant il m’est impossible de dire que le manga est mal dessiné, il faut se replonger dans le contexte, dans les moyens techniques de l’époque, et les quelques mots du dessinateur en première page prennent encore plus de sens. Car le sang gagne en importance sur ces cases pour se rendre compte à quel point l’impact des coups est fort, puissant.

Et même au-delà graphiquement ce premier tome d’Ashita no Joe est propre, on reconnaît facilement les personnages, grâce à leurs formes caricaturales justement, ce qui rend la lecture agréable même lorsque de nombreux personnages sont présents sur une même case.

D’un autre côté cela permet de voir l’étendue de la progression graphique connue au cours de ce demi-siècle, l’informatique étant une aide importante aujourd’hui. On se dit finalement que même si c’était obligatoire ces traits sont représentatifs d’une époque terminée et des talents qui s’y cachaient déjà à l’époque.

 

Côté édition Glénat nous a livré une édition correcte, sans jaquette, avec un papier fin et de qualité. Je regrette juste l’absence du découpage des chapitres, tout nous est livré d’une traite, mais il ne s’agit que d’un détail.

 

En conclusion le premier volume d’Ashita no Joe s’avère être très intéressant, très passionnant, même, tant pour les thèmes qu’il aborde que les différences notables en terme de narration ou les différences graphiques. Un héros aux antipodes qui découvre la dure réalité, voilà ce que l’on pourrait dire de ce premier volume, et on peut aisément penser que la suite n’en sera que plus passionnante …

Ma note : 17,5/20

 

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Si l’édition japonaise d’origine compte 20 volumes en France elle compte 13 volumes publiés de 2010 à 2012. La série a été réimprimée fin 2018 pour ses 50 ans.

 

Merci d’avoir lu cet article, j’espère qu’il vous a plu. N’hésitez pas à le partager si c’est le cas, ni à me dire ce que vous en avez pensé.

Sur ce, bonne journée/soirée à toutes et à tous et à bientôt pour parler de mangas sur Parlons Manga ^^

12 commentaires sur “Ashita no Joe tome 1

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