Go-Tôbun avancé à 70% ? / Interview de Negi Haruba

Bonjour à toutes et à tous. Mardi dernier le site Livedoor a sorti une interview de l’auteur en vogue de Kodansha : Negi Haruba.

Vous ne le connaissez pas ? Si, forcément puisqu’il est à l’origine du manga Go-Tôbun no Hanayome tiré à 7,2 millions d’exemplaires pour seulement 11 volumes, un immense succès sur lequel je suis revenu pas plus tard que samedi dernier pour vous faire preuve de mon immense surprise quand à la qualité du titre par rapport à ce qui nous est vendu. Si vous ne l’avez pas vu je vous invite donc à lire cette chronique.

 

Je précise que je ne reviendrais pas sur l’intégralité de l’interview étant donné qu’elle est beaucoup trop longue et que certaines questions sont, je trouve, moins intéressantes. Cet article ne contient normalement pas de spoil, mais je vous invite quand même à faire attention si vous n’êtes pas très avancés dans le manga (en tout cas pas plus loin que moi). Je précise aussi que je ne suis pas bilingue et que les traductions sont effectuées par le site en ligne Google Traduction. Il est donc possible que le sens de certaines phrases soit erroné.

 

Note : en gras italique les questions et en bleu italique les réponses de Negi Haruba


Passons l’introduction qui ne sert qu’à présenter les personnages et entrons directement dans le vif du sujet !

 

La première question entre directement dans le tas puisqu’il est question de l’origine de Go-Tôbun :

« Go-Tôbun no Hanayome a été publié dans Rengoku no Karma, vous aviez votre plan en tête depuis plus de six ans ? »

Note : Rengoku no Karma est un manga de Shun Hirose (scénario) et Negi Haruba (dessins) publié de 2014 à 2015 dans le Weekly Shonen Magazine, terminé en 5 volumes.

Il semble qu’en effet Negi Haruba avait déjà une idée tournant autour de sœurs quintuplées lors de la publication de son précédent manga.

« Un an après la fin de Rengoku no Karma, j’ai eu quelques idées lorsque j’ai discuté avec mon éditeur du type de travail que j’aimerais dessiner. Au milieu de cela j’ai dessiné une histoire autour des quintuplées, et l’éditeur m’a dit que ce n’était pas bon. »

[…]

« Pourquoi des quintuplées, et non pas des quadruplées par exemple ?

L’idée de base était qu’elles soient quintuplées, donc c’était une progression naturelle. […] La raison à cette époque n’est pas claire mais la série Super Sentai pourrait en être le motif. »

Il est ensuite question de la conception des quintuplées, de leurs noms à leur caractère. Pour résumer il ne semble pas qu’une ait été créé avant une autre, c’est un assemblage d’idées qui a donné le tout.

Descendons plus loin …

 

« Comme il s’agit d’une comédie romantique avec des lycéens adressés à des lycéens, il paraît logique qu’il y ait des éléments plus sexy, mais il n’y en a pas beaucoup dans Go-Tôbun no Hanayome ?

Oh c’est vrai (rires). Je l’ai déjà dit sur Twitter, mais je ne veux pas en faire beaucoup. »

Le tweet en question :

« […] Si vous connaissez les parties cachées des personnages, vous perdez votre intérêt. Visible et invisible est important pour attirer l’intérêt des lecteurs, et je pense qu’une scène de sexe qui vous fait imaginer crééra un intérêt durable. »

Euh … What !!?

« Mais au début je pensais que je devais les mettre. Quoi qu’il en soit c’est un manga pour garçon et c’est une entrée facile. Dans le premier volume c’était plutôt positif. »

Soit la traduction est foirée soit il y a un truc qui m’échappe soit le mode de pensée des japonais envers le fanservice (parce que c’est de ça dont il est question) est nettement différent du notre …

En tout cas on comprend bien le point de vue de l’auteur, surtout avec les questions suivantes où il dit bien que tant que ce n’est pas utile il n’en met pas.

[…]

« De nombreux mangakas ont déjà créé des mangas avec de puissants éléments pour adultes, et il existe de nombreuses œuvres merveilleuses. »

Retenez bien cela, le fanservice ne détruit pas toujours un manga !!

Il est ensuite question de la page couleur du chapitre 97 (preuve que l’interview est récente) où on voit les quintuplées en maillot de bain (la raison est toute bête, pas besoin d’insister).

Go-Tobun color 36-37 2019

La page couleur en question

Notez que le site précise chapitre 92 mais il s’agit bien du 97, le 92 n’ayant pas de page couleur.

 

Nous entrons dans la partie la plus intéressante de l’interview …

[…]

« Dès le début du premier chapitre j’ai été surpris de constater que le personnage principal, Fûtarô, était en train de célébrer un marriage avec une des cinq sœurs.

La raison pour laquelle je mets une coupe future était pour la rendre plus facile à comprendre. À la sortie du premier chapitre je ne pensais pas à la sérialisation à long terme, mais la priorité était de susciter l’intérêt du lecteur pour chaque scène et raconter le thème de l’œuvre. J’ai donc décidé de fixer un objectif en premier. »

Et dire que c’est ça qui, comme expliquée dans la chronique, est à l’origine du succès du titre …

[…]

« Cependant il y en aura quatre d’entre elles qui ne seront pas la mariée …

C’est la partie pour laquelle je me sens vraiment désolé (sourire amer). Avant de commencer la série j’ai décidé de ne pas aimer 4/5 des fans.

Êtes-vous prêt à être détesté ?

[…] Lorsque les fans connaîtront l’identité de l’épouse de Fûtarô je serai critiqué par 80% des fans qui recommandaient une des quatre autres. »

Préparez-vous à être déçus pour 80% environ d’entre vous …

[…]

« Il y a beaucoup de fans pour chacune des cinq filles.

C’est vrai. C’est bien d’avoir des fans pour chacune des cinq filles et c’est pourquoi c’est excitant. Peut-être qu’en tant qu’auteur, je dois faire de mon mieux avec tout l’esprit jusqu’à la fin. Plutôt que de mettre fin aux quatre autres mariées j’aimerais qu’elles se retrouvent toutes avec Fûtarô. »

[…]

« Actuellement Go-Tôbun no Hanayome a été publié jusqu’au volume 11. Où en est l’histoire par rapport au but ?

Eh bien … Je pense que c’est jusqu’à 70%. Les 30% restant sont la limite du manga, ou plus que cela. »

Je ne suis pas à jour au moment d’écrire ces lignes mais peut-être que certains d’entre vous ont senti qu’on s’approchait de la fin. Parce que 70% pour 11 volumes ça signifie que le manga pourrait se finir au volume 16, c’est-à-dire durant l’été 2020. Cependant Negi Haruba a hésité avant de répondre à cette question, ça sonne un peu comme un chiffre sorti au hasard mais qui sert à comprendre qu’on a déjà dépassé la moitié du manga.

Puis n’oublions pas qu’à Kodansha ils sont forts pour faire durer inutilement des mangas à succès …

Mais :

« M. Haruba, est-il décidé comment les évènements se tiendront jusqu’à la fin ?

Il n’y a rien de clair. Je ne m’attendais pas à ce que ça soit si long et il y a des parties que j’ai créé lors de la sérialisation. Cependant il y a un sentiment que l’objectif a été visible après que l’histoire ait progressé dans une certaine mesure. »

 

Il est ensuite question du développement des personnages …

« Le personnage principal est Fûtarô, mais même si chacune des quintuplées est une héroïne, le personnage est si profond qu’il est attrayant en tant qu’être humain. Comment développez-vous une histoire lorsque vous avez cinq histoires en même temps ?

La trad est assez approximative pour le coup. Veuillez m’en excuser.

« La mise en place d’un quintuplet a pour avantages et inconvénients que, lorsque l’une des sœurs commence à bouger, les quatre autres doivent bouger. »

Ce qui se ressent bien dans la série.

« Le premier personnage qui a changé dans l’histoire était Miku.

Alors que Miku prenait conscience de Fûtarô, les autres sœurs changèrent peu à peu, se faisant tirer par elle. »

À la base, Yotsuba n’était pas contre la présence de Fûtarô, mais Miku est clairement la première qui a commencé à l’aimer lui, c’est certainement dans ce sens qu’il faut comprendre la réponse de l’auteur. J’expliquerais certainement mon point de vue sur ce cas dans un autre article.

[…]

« Pleurer, rire, se fâcher … Je sentais que le drame grandeur nature des quintuplées était très compréhensif pour les lecteurs.

Si un facteur vous fait ressentir cela, je pense que les défauts des personnages fonctionnent bien. Aucun des personnages n’est parfait et ils ont un sentiment de complexité, aspirant à leurs sœurs et à la jalousie. […] Sinon l’histoire ne bougera pas, il est inévitable d’aimer Fûtarô qui a transformé le complexe en atout.

Quel est le but de « Je ne peux pas comprendre ça » quand on pense à une histoire ? »

Ça en fonction de l’histoire, une intrigue qu’on ne comprendrait pas je suppose (et il y en a dans Go-Tôbun avec tous ses mystères) …

« Cela reflète bien l’histoire du passé … Avez-vous déjà lu l’arc Alabasta dans One Piece de Eiichiro Oda ? »

Note : Il est indiqué Eiichiro Oda-sensei mais je pense qu’il s’agit plus d’une marque de respect que d’un lien professeur-élève.

« Oui, c’est un arc populaire. Dans cet arc, Vivi, qui est devenue temporairement une amie de Luffy, finira par se séparer.

Ce que je veux dire c’est que dans la partie suivante l’équipage au Chapeau de Paille commence à faire son deuil de la séparation avec Vivi. J’étais heureux de le lire en tant que fan à l’époque. Il ne réinitialise pas chaque épisode, mais indique « l’histoire précédente est reflétée!«  »

Né en 1991, Negi Haruba devait avoir une dizaine d’années quand l’arc Alabasta est sorti. Il est probable que ce soit un passage qui l’ait marqué et l’ait inspiré.

 

[…]

« Il semble que le nombre de fans féminins ait augmenté rapidement récemment.

J’ai été surpris quand j’ai vu des femmes cosplayées en une des quintuplées. Je suis vraiment ravi, et c’est à partir de là que j’ai compris que ces femmes lisent le manga. Des lectrices se présentent également aux séances d’autographe, et il est intéressant de noter que le personnage demandé en illustration est décidé en avance.

Lesquels ?

Ichika et Nino. Peut-être que les filles fortes sont populaires auprès des femmes. »

Ichika et Nino auraient la côté chez les femmes alors que Negi Haruba poursuit en précisant que Miku aurait la côte chez les hommes. J’ai la sensation que chez nous, en France, Nino, Miku et Yotsuba sont les trois personnages qui se dégagent le plus.

« Vous êtes mariés. Comment obtenez-vous les commentaires de votre famille ? »

Traduction très approximative encore une fois, c’est la réponse qui est plus intéressante …

« Eh bien … Ma femme sait qui sera éventuellement la mariée, alors elle soutient le personnage. Dès le début elle lit en se demandant « Comment cette enfant pourrait devenir la mariée ? »

Encore une fois la confirmation que Negi Haruba sait depuis le début qui est la mariée …

[…]

Il est ensuite question de l’émotion transmise …

« Je pense que nous devons apprendre de la réaction de l’éditeur. Cela reflète-il ce que vous voulez transmettre ? Si vous êtes capables de faire des cadres, faire des images et faire des histoires, est-ce intéressant en premier lieu ?

Le rédacteur en chef est le premier lecteur. Il y a donc beaucoup de passages que je ne réalise pas, à moins que je ne sois directement impressionné par une perspective objective. […] D’autres part n’est-ce pas le seul moyen de faire grandir un artiste manga ? Que voulez-vous que les lecteurs ressentent à travers ce travail ? »

J’adore cette réponse car elle rebondit bien sur un des points que j’avançais dans la chronique : cette mise en scène, la réaction des personnages, leur gestuelle si perceptible.

Go-Tobun chap 72 jp.png

La double-page utilisée par le site en illustration le reflète bien. Le regard de Yotsuba a une grande importance, les cases qui la précèdent également. On comprend l’humeur du personnage rien que dans son regard.

Il faut aussi préciser que l’éditeur qui travaille avec Negi Haruba est aussi celui qui travaille avec Hajime Isayama sur l’Attaque des Titans. Ce qui pourrait expliquer certains points notables comme la mise en place des mystères et des révélations.

 

On passe désormais à l’anime …

« L’anime a été diffusé de janvier à mars cette année. Y a-t-il beaucoup de fans qui ont approché le monde de Go-Tôbun no Hanayome ?

C’est vrai, en regardant sur Twitter, la trace de popularité du manga était retracée, et il est intéressant de remarquer que les réactions qui se produisaient dans le manga se répétaient telles quelles dans l’anime. Cependant il est un peu étonnant de voir que la popularité de Nino soit très élevée dès le début (rires).

Est-ce l’effet d’Ayana Taketatsu, la seiyu ?

C’est peut-être le cas, même si Nino était un peu comme l’ennemi de Fûtarô au début. »

Question et réponse que l’on a rapidement abordé dans la chronique :

« Avez-vous passé des commandes à l’équipe de production lors de la création de l’anime ?

C’est vrai … « Jaimerais que vous réduisiez les scènes de sexe et ne faites pas de panchira« .

Panchira : « mot composé de « pantie » et de « chira », onomatopée indiquant le fait de jeter un coup d’œil à la dérobée. Le terme est utilisé pour désigner le fétichisme de la petite culotte. Aussi bien pour ce qui est de voir la culotte portée, de toucher la pièce de lingerie ou de la sentir lorsqu’elle a été portée. »

Au moins c’est clair …

[…]

« Dans l’anime les couleurs de cheveux sont modifiées pour faciliter l’identification des quintuplées. J’ai senti que le soupçon se cachait dans la scène de la mariée : « Ces cheveux sont ceux de cette enfant ?

Oh bien sûr (rires). J’ai demandé une suggestion pour changer la couleur des cheveux des cinq sœurs. Ainsi la couleur de cheveux de la mariée a été choisie pour être une couleur intermédiaire à celle des quintuplées. »

Tout s’explique !!

 

L’interview est longue comme vous le voyez mais on arrive bientôt à sa fin …

« À propos du Weekly Shonen Magazine, il s’agit d’un magazine qui a publié de nombreux harem classiques à ce jour. Qu’est-ce qui est important pour vous dans une comédie romantique ?

Il y a quelque chose qui est perçu comme une norme une fois. C’est une norme basée sur la lecture de la situation actuelle plutôt que sur vous-même.

Des personnages acceptés il y a 10 ans peuvent ne plus l’être aujourd’hui.  »

[…] « Le sentiment d’immersion est important.

J’espère que la famille où vivent les quintuplées est le monde idéal pour les lecteurs. J’espère qu’ils se sentiront tristes quand l’histoire sera finie.

Êtes-vous triste ?

Voulez-vous donner un sentiment de perte ou de tristesse, que vous ne pouvez plus entrer dans le monde des quintuplées ? Il s’agissait également de lire et de profiter de mon manga préféré. Si je peux le dessiner je peux sentir que je dessine correctement.

Et quel est ce manga où vous avez ressenti ce même sentiment …

Negima ! Le maître magicien de Ken Akamatsu

C’est une réponse immédiate (rires)

Negima ! Pendant que je lisais la série en pensant « Je veux aller à l’école! » Même si la vie quotidienne du personnage continue, seulement je ne peux pas y aller. C’est un manga pour lequel je me sentais vraiment sérieux.

Je veux aussi dessiner de tels mangas. Maintenant je fais face à Go-Tôbun no Hanayome avec ce sentiment. »

Note : Negima ! Le maître magicien est un manga de Ken Akamatsu, illustre auteur du Weekly Shonen Magazine, publié de 2003 à 2012 et compilé en 38 volumes. Le manga est publié en France chez Pika Édition. Son tirage total est de 20 millions d’exemplaires au Japon.

Je n’ai pas lu Negima, mais si certains ont lu les deux vous avez peut-être ressenti des similitudes du coup. Ce que j’en retiens c’est que Negi Haruba souhaite transmettre les mêmes émotions que celles qu’il a ressenti en lisant Negima.


Fin de l’interview !!

 

J’aodre cette interview. Écouter un mangaka parler de son propre manga est quelque chose de passionnant je trouve, car on remonte aux origines de sa pensée, des idées qu’il souhaite transmettre. Et celle-ci est d’une richesse insoupçonnée. Elle nous permet de comprendre que Negi Haruba, même s’il a ajouté certaines parties, a un objectif bien précis depuis le départ et qu’il compte s’y rendre. Ce qui nous assure que l’histoire devrait tenir la route, que la fin arrive l’été prochain ou plus tard.

L’auteur lui-même ne s’attendait pas à ce que son manga rencontre un tel succès et il a hâte de voir où cette affaire le mènera. Et nous aussi on a hâte et on en sera encore plus cette semaine avec les premiers chiffres de vente du tome 11 qui tomberont jeudi (et qui seront comme toujours analysées dans le Top Oricon hebdomadaire).

 

En tout cas je vous remercie d’avoir lu ces quelques lignes, j’espère qu’elles vous ont plu. N’hésitez pas à les partager si c’est le cas ni à me dire ce que vous en avez pensé.

Sur ce, bonne journée/soirée à toutes et à tous et à bientôt pour parler de mangas sur Parlons Manga ^^

 

Source : Livedoor et Wikipédia

5 commentaires sur “Go-Tôbun avancé à 70% ? / Interview de Negi Haruba

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