Seven Deadly Sins, la déchéance …

Bonjour à toutes et à tous. Cet article est la suite et fin de la chronique sur Seven Deadly Sins, le manga de Nakaba Suzuki conclu récemment en France. Contrairement à la première, cette seconde partie contient des spoils. Veuillez donc faire attention si vous n’êtes pas à jour et je vous déconseille fortement la lecture de cette partie si vous comptez débuter le titre.

Pour ceux qui n’auraient pas lu la première partie et/ou souhaiteraient la lire, rendez-vous ici :

Seven Deadly Sins, ce manga que j’ai adulé, qui m’a fait rêver, qui m’a fait vibrer comme aucun autre … manga qui m’a déçu, qui m’a tourmenté, qui m’a désolé ces dernières années. Ainsi contrairement à la première partie où je développais les bons côtés, ici je vais m’attaquer à l’autre, celui et ceux qui ont valu au titre le mépris de beaucoup de ses lecteurs, moi inclus.

Était-ce mérité ? Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi nous a-t-il déçu ? C’est ce à quoi on va tenter de répondre …


Seven Deadly Sins, la déchéance …

Dans mes souvenirs les premières plaintes, critiques moins positives de l’œuvre, sont arrivés en 2016, donc à peu près à la moitié du titre. Ils étaient grandement minoritaires à cette période, où peut-être était-ce simplement mon point de vue, moi en tant que fan absolu du titre qui était, logiquement, entouré sur Twitter de personnes qui adoraient ce manga.

Un jour, début 2017 il me semble, je suis tombé sur une vidéo Youtube qui titrait : « Seven Deadly Sins surcôté« . Je ne sais plus comment la chaîne s’appelle ni même si la vidéo est toujours en ligne de nos jours, mais je me rappelle que la vidéo date de décembre 2016, période où le manga était en pause dû à l’hospitalisation de Nakaba Suzuki. Je ne sais plus quelles étaient le cœur de leurs plaintes mais si mes souvenirs sont bons, ils étaient, comme beaucoup, grandement hypés à la fin de la première partie, et ont été grandement déçus ensuite.

En tant que fan absolu j’avais envie de leur dire qu’ils avaient tord, mais d’un autre côté je n’avais pas envie de les contre-dire et je ne pouvais encore moins le faire : ils soulevaient en effet des détails que je laissais de côté, en me disant : le cœur de l’intrigue est excellent, pourquoi s’attarder sur cela ?

Au moment où cette vidéo est sortie le manga compte 24 volumes au Japon, le 25ème est en cours de prépublication et on sort d’une année noire pour le manga qui a vu nombre de lecteurs lâcher prise (cf Retrospective).

Mais la plupart des plaintes sont arrivées bien plus tard, lorsque la tant attendue Guerre Sainte est arrivée. Celle-ci, pour diverses raisons j’imagine, a déçu beaucoup de monde, si bien que la renommée du manga a radicalement changé en quelques mois, passant d’une adoration et une confiance totale jusqu’en 2017 et début 2018 à un désarroi, une déception, un sentiment de trahison, d’un titre qui ne répond pas aux attentes qu’il nous a suscité pendant tant d’années.

Je ne peux pas parler de manière générale, car même si j’ai mes idées j’ignore ce qui vous a fait, vous, décrocher si cela a été le cas un jour. Je vais donc simplement vous donner mon ressenti personnel, mes attentes autour du titre pour vous dire pourquoi il m’a déçu, mais aussi pourquoi mon avis a changé et la nouvelle vision du titre que j’ai gagné en le relisant intégralement …

Tout a commencé avec l’anime

Janvier 2018, la tant attendue saison 2 de l’anime arrive. Celle de l’effervescence, qui devait montrer au monde la grandeur de ce manga. Elle a été celle de la déception … à tous les niveaux.

L’épisode 5, celui du combat entre Meliodas et Galan, qui conclut le tome 15 dans le manga, est le premier à m’avoir déçu. Pour ceux qui se souviennent je faisais sur mon tout premier blog (fermé aujourd’hui) des reviews à chaque épisode (plus disponibles aujourd’hui) et cet épisode que j’ai trouvé mou, avec une animation pas à la hauteur du spectacle, n’a été que le début d’une lente descente aux enfers. Jusqu’à une fin de saison catastrophique ou des combats parmi les meilleurs du manga se sont trouvés bâclés, rushés. Clairement l’anime ne rendait pas hommage au manga.

Pourtant il n’y a pas que l’animation qui m’a posé problème. J’ai senti une gène, en redécouvrant le titre via cette adaptation, et si à l’époque je pensais que c’était à cause de l’anime, ma relecture m’a fait comprendre que non …

Cette gène, je l’ai aussi avec le manga.

Plus rien ne sera pareil ensuite, cette saison 2 a détruit mon adoration pour ce titre, et les évènements du manga qui arrivent ensuite (la Guerre Sainte tant attendue) n’ont rien arrangé.

C’est pour cela que je redoutais cette relecture. J’avais peur de ne plus apprécier le titre comme je l’avais apprécié à l’époque, moi qui ai changé et dont les titres m’attirant ne sont plus du tout les mêmes qu’en 2014.

Et dans un premier temps tout se passait très bien. J’ai replongé dans cet univers aussi facilement que quand je l’ai découvert, j’ai réussi à ressentir les mêmes émotions qu’à l’époque, en voyant les gaiden de Ban ou King, en voyant les premières révélations, et le moi d’aujourd’hui qui connaît l’histoire a aussi fait une sacrée découverte. Pourtant, au fil de mon avancée dans cette relecture j’étais bien obligé de constater

que mes craintes étaient fondées

qu’elles s’avéraient vraies. Que ce que je redoutais de voir s’est bel et bien déroulé. Pourtant cela ne m’empêche pas d’aimer le manga. Rien est parfait en ce monde et il faut savoir l’accepter. C’est ce que j’ai eu du mal à faire pendant un moment, mais finalement, à force de voir la conclusion se rapprocher, de voir que ce je pensais du titre en le suivant au rythme hebdomadaire changeait drastiquement en volume relié, j’ai commencé à me demander si j’avais raison de lui en vouloir à ce point, de ne pas avoir satisfait à mes attentes qui sont, sans aucun doute, différentes de celles de l’auteur.

Ce que j’espérais

« Tu n’as toujours aspiré qu’à la paix, tout démon que tu es, tout roi que tu es. La situation actuelle tu n’en es pas responsable. C’est la faute des déesses qui, profitant du virement de bord de ton fils, en ont profité pour lancer les hostilités. Quelle lâcheté !! Quelle cruauté !! Pourquoi s’est-il rebellé ? Tu te le demandes, et 3000 ans plus tard tu n’as toujours pas la réponse.

C’est mon pêché, dit-il. Meliodas est conscient que sa décision a causé du tord à tous. En donnant une bonne raison aux déesses de déchaîner leur haine. Mais lui, le prodige, celui que tout le monde voyait comme le futur roi des Démons, n’a fait qu’écouter son cœur. Il n’a fait qu’aller à l’encontre de la destinée qui lui était promise.

Éviter le retour de cette guerre, éviter que de nouveaux drames se produisent, voilà un bien noble objectif. Mais est-il seulement atteignable. La magie qui a permis de sceller démons et déesses s’évaporent. Grâce à Fraudrin les Ten Commandments ont pu se libérer, et ce n’est qu’une question de temps avant que le roi des Démons ne fasse son retour et déchaîne son envie de vengeance.

La situation est critique, Britannia est sur le point de tomber sous le joug des Démons. Comment lutter ? Faudrait-il rappeler les Déesses, les libérer à leur tour ? King et Diane, en remontant dans le temps, ont aperçu ce qu’était réellement ce peuple vénéré par tous. Les Déesses sont hautaines, vilaines, elles manipulent et éliminent sans distinction tous ceux qui les gênent.

Éliminer les Démons, ce n’est pour elles qu’un juste retour, pour rendre la terre à la lumière, pour la délivrer de ces ténèbres qui la salissent. Mais les Démons n’ont jamais demandé plus que vivre en paix, avec leurs amis et leurs familles, que les Déesses ont salement massacrées … La vengeance n’en sera que plus dure.

Discuter, trouver un terrain d’entente. Est-ce seulement possible ? Quand en face un être qui vous hait, a qui on a tout pris, et dont la vengeance est le seul motif, l’ultime raison de vivre, se dresse. Alors l’idée de retirer les malédictions de Meliodas et Elizabeth paraît encore plus improbable.

Ce que l’on craignait finit bien par arriver. Le roi des Démons se nourrit des sentiments de Meliodas pour retrouver sa force et se libérer, Meliodas perdant quant à lui la raison pour redevenir celui qu’il était avant de rencontrer Elizabeth. Bien que nombre des Ten Commandments aient été vaincus, le retour du père et du fils renforce drastiquement le rang des Démons qui semble désormais intouchable.

En face, Humains, géants et fées s’allient, mais leur force de frappe reste grandement inférieure. Une question se pose, faut-il libérer les Déesses. La plupart des voix appellent à leur libération, et seront entendus. 3 des 4 archanges sont libérés et reforment Stigma pour combattre les Démons. Mais ces derniers font bien comprendre qu’avec le roi des Démons en face, seule la libération de la Divinité Suprême peut permettre d’égaliser les forces.« 

À ce stade, la Guerre Sainte est sur le point d’éclater, de reprendre là où elle a été arrêtée 3000 ans plus tôt. Pour tout vous dire, je pourrais développer encore davantage mais cela me ferait inclure des éléments auxquels je ne pouvais penser à l’époque, comme le fait que Ban se rende dans le Purgatoire pour récupérer les sentiments de Meliodas.

Ceci dit je pense que ma vision de la suite est assez claire. La guerre, ils ne pourront l’éviter, les drames, ils les commettront à nouveau. La rencontre entre le roi des Démons et la Divinité Suprême, et leur affrontement, est inévitable. Le combat d’Elizabeth, pour raisonner celui qu’elle aime, aussi. Arrêter de combattre, de faire plus mal qu’on ne l’a déjà fait, et discuter pour comprendre nos différences et trouver un terrain d’entente … Voilà, grossièrement résumé, ce que j’aurais aimé voir.

Ce qu’on a obtenu

Mais Nakaba Suzuki a choisi un autre chemin. Celui de l’amour, des sentiments plus forts que tout qui finissent par triompher. Car au final le combat de Zeldris était le même que celui de Meliodas. Protéger sa dulcinée, rester auprès d’elle pour toujours.

Le roi des Démons, s’il combattait, c’est uniquement parce qu’il était mauvais et souhaitaient que ses fils soient comme lui. Mais l’amour que leur a procuré la rencontre de cette déesse pour l’un, et de cette vampire pour l’autre, les ont détourné de leur paternel et de son dessein. Aucun retour n’était possible à partir de là, si ce n’est en retirant ces sentiments qui affaiblissent selon lui.

Pourtant les Seven Deadly Sins vont bien lui montrer que les sentiments sont une force, qu’ils permettent de se battre pour ceux qu’on aime, pour les défendre, leur donner un avenir. Mais jamais le roi des Démons ne voudra entendre raison, et il sera logiquement éliminé pour mettre fin à cette lutte inutile …


Je ne souhaite pas vous dire que mon opinion que j’ai développé à force de découvrir l’œuvre aurait été meilleure que ce que l’on a réellement obtenu. Juste que ça m’aurait davantage intéressé. C’est peut-être pour cela que j’ai fini par décrocher, car l’œuvre ne répondait plus à mes attentes. Mais Seven Deadly Sins a-t-il changé pour autant, comme j’ai pu le dire ?

… Oui … et non.

Car comme je l’ai dit plus tôt relire le manga en entier m’a permis de faire une sacrée découverte. Ainsi, aujourd’hui, je me dois de vous dire une chose :

NE REMETTEZ PAS L’INTRIGUE DU MANGA EN CAUSE !!!

Celle-ci tient parfaitement la route du début jusqu’à la fin, et jamais le manga n’a dévié de son objectif initial. Ceci dit, Nakaba Suzuki a bien changé de direction en cours de route, comme il l’a dit dans son interview d’août 2018, et force est de constater que cela se ressent. Je craignais alors que l’on se concentre sur l’action pure et simple, laissant de côté le développement des personnages … C’est plus ou moins ce qui est arrivé. Mais l’objectif de l’auteur en faisant ce choix : conclure proprement l’histoire de Meliodas et Elizabeth, a bien été atteint.

Est-ce une réussite ? À chacun d’en juger, mais c’est là que ma relecture du titre me donne une nouvelle vision. Car ce choix ne paraît pas illogique si on se concentre sur nos deux protagonistes.

En effet, depuis le début du manga, Meliodas ne fait que penser à Elizabeth.

Ses pensées, ses actes, dès les premières pages du manga, sont entièrement tournées dans l’idée de protéger celle qu’il aime, et d’enfin la libérer de cette malédiction qui l’empêche de quitter ce monde. Si Meliodas refuse de dire la vérité à Elizabeth sur son crime au chapitre 2, c’est autant pour ne gâcher tout l’intérêt du titre dès le départ que pour la protéger. Sa punchline du chapitre 11, c’est probablement une phrase qu’il lui a répété maintes et maintes fois, comme pour se convaincre que son objectif est le même, qu’il reste viable après 3000 années d’errance sans trouver de solution. L’ensemble de ses faits et gestes ne font que répondre à ce but : protéger Elizabeth.

Ainsi ce qui a rendu Meliodas mystérieux aux yeux des personnages qu’il côtoie au présent, c’est tout autant cette volonté de cacher son identité que cette ultime quête, ce dernière raison de vivre dans l’espoir que la salut éternel arrive.

Oui, Meliodas n’a aucune émotion, car il est las de la vie. Oui, depuis 3000 ans, Elizabeth est l’unique préoccupation de son esprit, la seule qui fait vibrer son cœur, la seule qui l’oblige encore à combattre, à souffrir …


Alors il est où le problème ? Qu’est-ce qui nous a fait décrocher du titre, jusqu’à le délaisser pour certains, en être lassé, déprimé, indifférent devant sa lecture au fil de son avancée ? Un drôle de paradoxe quand on voit les émotions que celui-ci transmettait au départ et qu’il continuait de transmettre, différemment peut-être par la suite ?

Eh bien … le problème … c’est un petit peu tout en fait.

Tome 16, là où j’ai commencé à ressentir cette gène

Les 15 premiers volumes frisent la perfection. Le développement de son intrigue et de ses personnages suit une ligne directrice claire et facilement compréhensible. L’histoire, les drames qui se sont déroulés et les évènements qui se déroulent ne peuvent laisser personne indifférent. Chaque personnage est à sa place et remplit un rôle qui lui est propre, pour permettre à l’œuvre d’avoir la complexité qui est la sienne et d’atteindre l’entièreté de ce qu’elle cherche à développer comme éléments prédominants.

Pourtant, d’un seul coup, une gène arrive. Ça ne paraît pas être grand chose au départ mais la voir se répéter ensuite va réellement causer le problème que je vais avancer dans les lignes suivantes et qui est peut-être à l’origine du décrochage de certains à cette période …

Il y a des moments, plus nombreux qu’on ne le pense, où les personnages ont des réactions inappropriées à la situation qui est la leur.

Alors qu’ils sortent d’une défaite cuisante face à Galan, Meliodas et consort comprennent qu’ils doivent devenir plus fort pour combattre cette nouvelle menace que représentent les Ten Commandments. Sauf qu’au même moment, Gowther a retiré la mémoire à Diane et celle-ci, ne se souvenant plus de rien, décide de fuir. La réaction de Gowther ne pose pas de problème. Il ignore ce que sont les sentiments et souhaite savoir pourquoi les gens en ont. Ce qui pose problème c’est la suite d’évènements qui arrive.

Est-ce plus important de s’occuper d’une menace imminente que d’un simple guerrier à la mémoire troublée, sans certitude que celui-ci pourrait nous aider dans l’immédiat ? C’est Meliodas qui prend la décision de partir à la poursuite de Diane, alors qu’il appuie bien juste avant sur le fait que les Ten Commandments sont une menace à prendre au sérieux. Sa décision ne paraît pas logique, elle l’est encore moins quand il décide de laisser tomber pour revenir à l’objectif initial, soi-disant parce que Diane a été secourue par quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Ça donne l’impression qu’ils l’abandonnent !!

Globalement ce genre de décision accompagne souvent une sorte de décontraction, un sentiment de relâchement qui accompagne nos héros à de maintes reprises durant les volumes qui suivent, et ce jusqu’au terme du titre. À force, ces personnages, qu’ils soient traumatisés par un drame survenu dans leur passé, apeurés par la gravité de la situation actuelle, ou en quête d’une solution pour atteindre, ne nous donnent plus la sensation qu’il faut les prendre au sérieux comme c’était le cas au départ.

La plupart du temps c’est un gimmick, qui sert à mettre de l’humour. Le problème c’est qu’il est mal placé, se trouvant dans des moments ou situations où la détente n’est pas ce qu’on attend de nos personnages.

Mais si c’était le seul problème, je ne pense pas que j’aurais décroché à ce point. Car des problèmes, il y en a d’autres aussi qui arrivent à partir de là …

Ten Commandments, le cœur du problème ?

Je les défendais corps et âme à l’époque. Aujourd’hui je dois bien constater que les Ten Commandments sont davantage une déception qu’une réussite pour moi.

Déjà au niveau de leur développement. Si Zeldris a un développement tardif mais acceptable, d’autres semblent avoir été abandonné. Quel est le développement de Graylord ? C’est simple, il n’y en a pas. Celui de Galan ? Ça m’attriste de le reconnaître mais il n’y en a pas non plus. Et celui de Merascylla tient en une phrase … Si on sait que la plupart vouent une dévotion totale au roi des Démons, leur développement reste dans l’ensemble très inégal.

Mais le pire, c’est bien qu’ils se sont faits balayés !! Ils vendaient du rêve quand on les a rencontré, quand Hendrickson tremblait face à eux alors qu’il venait de perdre le démon gris en lui. Ils en vendaient d’autant plus quand l’œil de Balor a révélé la puissance de Galan, un brillant 26 000-0-0 qui nous permettait alors de comprendre à quel point la menace était immense.

Au final, au tome 24, 10 tomes seulement après leur arrivée Galan, Merascylla et Estarossa ont été humiliés par Escanor, Graylord a été vaincu par Merlin sans qu’elle n’ait réellement eu de difficulté, Meliodas n’a eu aucun mal à repousser la menace Derrierie sur Elizabeth et Fraudrin abandonne de manière plus ridicule que logique …

Sont-ils vraiment censés être une menace ? On voit bien que les Chevaliers Sacrés souffrent contre eux et leurs préceptes, mais les Seven Deadly Sins sont tellement cheatés, notamment deux d’entre eux, qu’ils gagnent sans réellement rencontrer de difficulté, allant jusqu’à contredire les chiffres qui nous sont indiqués.

Justement parlons-en de ces chiffres. Simple clin d’œil à Dragon Ball ou réelle intention de développer leur utilisation, leur entrée en scène et leur utilisation initiale s’avère intéressante : il n’y a pas qu’un chiffre qui détermine la force globale mais plusieurs qui forment un tout.

Mais si Akira Toriyama a fini par laisser tomber son utilisation c’est bien parce que cela causait davantage de problème. En chiffrant les puissances on donne l’indication au lecteur de qui est le plus fort. On rend donc prévisible l’issue du combat si la différence entre les deux combattants est grande. Nakaba Suzuki prévient donc que ces chiffres ne font pas tout, une force physique faible peut être compensée par une force magique élevée, et c’est là que vient l’intérêt du 26 000-0-0 de Galan.

Sauf qu’au final le problème reste le même, si bien qu’on finit par ne nous donner que l’addition des trois chiffres, qui ne s’avèrent pas toujours utiles tellement certains personnages ont une magie abusée (n’est-ce pas Merlin).

Au final les Ten Commandments s’avèrent assez fades en tant qu’antagonistes. Ils ne sont pas au niveau de leurs opposants tant au niveau de leur développement personnel que du niveau de dangerosité qu’ils leur ont opposé, qui était réel au départ mais qui a vite disparu et que l’on a réellement senti qu’à un seul moment : lorsqu’ils ont combattu et tué Meliodas ensemble.

Le cas Escanor

Escanor, le lion de l’orgueil. Le personnage qu’on a tant attendu pendant de nombreux volumes. Celui qui nous a vendu du rêve bien avant son apparition dans le manga grâce aux Vampires d’Édimbourg, celui qui nous a hypé, choqué, hypnotisés par sa puissance, sa prestance, son orgueil, son charisme, doit malheureusement lui aussi être compté dans les problèmes.

Une déception ? Non, Escanor a bien été développé, comme les autres Deadly Sins. Le problème est ailleurs et Nakaba Suzuki le reconnaissait déjà avant sa première apparition dans le manga (je n’ai plus la source ni la date mais je ne serais pas surpris que ce soit dans l’interview de 2014).

Avec Escanor arrive une flopée de facilités scénaristiques presque aussi ridicules que son orgueil est grand.

Le problème vient du fait que l’intérêt d’Escanor ne vient que lorsque le soleil atteint son zénith, quant il est à son point culminant. S’il n’est pas midi, Escanor n’est pas au summum de ses capacités. Ainsi, Galan et Merascylla s’empiffrent d’alcool lorsqu’ils le rencontrent en pleine nuit, alors qu’ils auraient pu (dû) le tuer sans difficulté et se débarrasser de Ban, Jericho et Ellaine par la même occasion. Ainsi le lendemain après le lever du soleil la puissance d’Escanor ne fait qu’augmenter jusqu’à qu’il terrasse ses adversaires. Et les fois suivantes, comme par miracle, à chaque fois qu’Escanor doit déployer sa puissance, il est midi ou peu de minutes avant (pour que sa puissance augmente) …

C’est beau, c’est impressionnant, mais c’est beaucoup trop simple. Le relâchement des deux Ten Commandments au tome 19 permet tout autant de les humaniser, ce qui sert l’intrigue, que de les ridiculiser en voyant qu’ils n’ont pas commencé par éliminer la menace. De la même manière que les protagonistes, on n’arrive plus à les prendre au sérieux.

Des antagonistes décevants

Mais au final, les Ten Commandments ne sont pas les ennemis finaux du manga. S’ils ne sont pas au niveau on se dit qu’il y a une bonne raison et la présentation du roi des Démons, de la Divinité Suprême (ainsi que des 4 archanges mais leur traitement sera différent), nous la donne.

Alors comment aurait-on pu imaginer que leur développement serait encore moins intéressant et moins bon ? …

Le roi des Démons, on l’a vu au-dessus, est juste mauvais. C’est un déchet, il est limite au niveau d’Acnologia dans Fairy Tail en termes d’intérêt. Il fait le mal car c’est son rôle, point barre.

Son seul atout sera de ne pas s’être fait humilier comme d’autres auparavant. Car là les Seven Deadly Sins ont dû s’unir, là ils ont dû se surpasser pour venir à bout d’un ennemi ultime. Mais c’est tout.

Lui aussi nous vendait du rêve, et lui aussi nous a déçu, car de ce qui nous était montré on était en droit de se dire qu’il avait une bonne raison de faire cela. Mais non.

Et la Divinité Suprême est encore pire … vu qu’elle n’est pas apparue de tout le manga. On ne sait rien d’elle, ni pourquoi elle agit, et encore moins pourquoi on ne l’a pas vu. Et relire le manga ne m’a pas donné d’explication, puisqu’on n’en parle pas. Elle n’est évoquée que dans cette double-page du chapitre 224, lorsqu’on la voit aux côtés du roi des Démons apposer sa malédiction sur Meliodas (ou Elizabeth ? Parce qu’il faut se poser la question).

Ce n’est même plus une déception à ce niveau-là. On se demande si Nakaba Suzuki ne l’a pas oublié, ou au moins laissé de côté volontairement.

Alors on a peut-être deux explications, un peu trop brèves vu l’importance du personnage et du rôle qu’il a joué, mais c’est mieux que rien :

Il semble que le pouvoir d’un des deux suffisait pour détruire les malédictions … Je n’y crois toujours pas car ça n’a clairement pas été présenté comme cela à la base, mais c’est bien de cette manière que ça a été résolu. De ce fait, en effet, pas besoin de la Divinité Suprême puisque le pouvoir du roi des Démons suffit. La deuxième, on y reviendra plus loin …

Le cas Arthur Pendragon

Seven Deadly Sins, une œuvre librement adaptée des légendes arthuriennes, ne pouvait se passer d’un personnage arborant son nom, son rang, et sa prestance. Arthur Pendragon, LE roi, le Big Boss des légendes, dirigeant les Chevaliers de la Table Ronde, ne me laisse qu’une sensation de dégoût.

Encore un personnage qui vendait énormément de rêves. Logique. Mais là aussi on a un personnage délaissé, limite ridicule par moments. Oui il est très jeune, son pouvoir ne s’est pas éveillé et il a tout à prouver. Sauf que justement, il n’a rien montré de tout le manga …

Sa mort me donne juste la sensation qu’il a été jeté, que Nakaba Suzuki l’a laissé tomber. Son retour, et les explications sur les deux derniers volumes, rattrapent un peu la donne, mais c’est trop tard selon moi.

J’ai le souvenir d’une théorie d’un youtubeur il y a plusieurs années maintenant (un qui faisait des reviews de scan, oui c’est pas joli, je sais) comme quoi Arthur combattrait aux côtés de Meliodas vers la fin du manga contre l’ennemi final (la Divinité Suprême, je crois). L’ennemi n’était pas le même, mais dans l’ensemble c’est bien arrivé, et surtout le Chaos, que l’on pourrait penser sortir de nulle part, explique plusieurs éléments restés longtemps incompréhensibles, comme le fait qu’Hawk Mama soit si forte.

Mais je reste partagé. Arthur a été longtemps délaissé, j’ai la sensation qu’on ne lui a pas rendu ce qu’on lui devait …

Ceci dit, contrairement à d’autres, je ne pense pas qu’il remette quoi que ce soit en cause. Car là où il était présent, on ne l’attendait pas, ou très peu.

Le syndrome Fairy Tail

On l’a compris, si d’un côté les personnages principaux de Seven Deadly Sins font sa force, de l’autre de nombreux ont également déçu, par leur développement, leur réponses à certaines situations, leur côté ridicule qui n’avait pas sa place … J’en viens donc à me demander si Seven Deadly Sins n’est pas touché par le syndrome Fairy Tail ?

Quel est-il ce syndrome ? En réalité il n’y en a pas vraiment mais il s’agit d’un point qui s’avère être crucial, primordial, important dans Fairy Tail et qu’il l’est également ici.

Dans Fairy Tail, nombre de combats sont réglés grâce au pouvoir de l’amitié. Certains trouvent cela mauvais mais l’explication nous est donnée, que le pouvoir de l’amitié est le pouvoir le plus puissant du monde de Fairy Tail. Le voir régler des conflits n’est donc pas un problème. Il explique donc les one-shots ou conclusions ridicules que l’on peut apercevoir à maintes reprises dans toute l’œuvre.

Si on remplace amitié par amour, on obtient à peu près le même résultat dans Seven Deadly Sins, à une exception près : JAMAIS il n’est expliqué que le pouvoir de l’amour règle tous les problèmes. Merlin dit même à un moment que le pouvoir de l’amour n’existe pas.

Ce qui est montré, et non dit, c’est que l’amour que l’on porte à l’être aimé nous pousse à nous battre, à devenir plus fort pour protéger celui ou celle à qui on dédie sa vie. Pas que l’amour peut permettre de l’emporter sur quelqu’un de plus fort. C’est pourtant bien ce qui arrive à plusieurs moments, notamment vers la fin.

Car contrairement à Fairy Tail qui se présente ainsi, et accepte son délire, dès le départ, ici on a cette sensation qu’on voulait nous montrer une œuvre sérieuse tout en nous montrant un délire improbable, comme s’il ne se l’avouait pas. C’est pourtant bien l’amour qui a permis de vaincre le roi des Démons, cet amour qui ne devait pas avoir de pouvoir mais dont on nous a clairement montré qu’il en avait un …

Le syndrome Bleach

On l’a compris, si d’un côté les personnages principaux de Seven Deadly Sins font sa force, de l’autre de nombreux ont également déçu, par leur développement, leur réponses à certaines situations, leur côté ridicule qui n’avait pas sa place … J’en viens donc à me demander si Seven Deadly Sins n’est pas touché par le syndrome Bleach ?

Quel est ce syndrome ? En réalité il n’y en a pas vraiment mais les deux titres souffrent d’un problème similaire (que l’on peut également voir dans Dragon Ball) : nombre de personnages, qui paraissaient importants, cruciaux, à la base, disparaissent du manga au fil des tomes. Pourquoi ? Car ils s’avèrent être trop faibles, même après entraînement, face aux nouvelles menaces.

Jamais des Gilthunder, Howzer, Guila, ou Jericho, n’ont paru être dangereux pour les démons (pour Jericho c’est normal, mais les autres …). Alors qu’ils ont été des personnages d’une si grande importance au départ. Gilthunder s’est fait manipuler du début jusqu’à la fin par Viviane, il n’a pour lui que la profondeur de sa relation avec Margaret. Howzer n’a pour lui que son libre arbitre, qui lui a permis de se demander, bien avant les autres, si les Seven Deadly Sins étaient réellement ceux qu’on vendait. Ensuite il ne servira plus à rien, même après avoir été nommé général des Chevaliers Sacrés vu qu’il n’apparaîtra quasiment pas de toute la Guerre Sainte. Guila et Jericho ont le même cas de figure, des apprentis sans talent auxquels Hendrickson a offert un pouvoir inespéré. Leur destinée sera bien différente, Guila n’ayant plus aucun développement après que Gowther lui ait rendu sa mémoire (tome 14 quand même), tandis que Jericho, qui a quand même suivi Ban dans sa quête, disparaît du manga après le second tournoi de Vaizel pour ne faire que quelques rares apparitions.

À tout cela bien sûr se rajoute le sous-développement de nombreux personnages, qui ont disparu aussi vite qu’ils sont apparus pour certains. Je me souvenais même pas de l’existence de Deldrey (et je ne sais déjà plus comment le gars qui l’accompagne se nomme) avant de relire le titre tellement elle n’apporte rien. Il y a carrément un personnage qui n’a pas de nom, et on ne sait rien de lui jusqu’au dernier tome, c’est dire à quel point l’auteur ne s’est pas foulé sur certains …

Le seul avantage de Seven Deadly Sins c’est que globalement les personnages les mieux développés sont les principaux (mais à l’inverse les antagonistes sont mieux développés dans Bleach, sauf qu’au final le problème reste le même).

Les incohérences

Ce point peut peut-être en laisser la plupart indifférent mais au tome 25, lorsque Diane demande à King pourquoi la forêt du roi des fées ne se fait pas attaquer par les démons, King répond « Parce qu’elle est protégée par une barrière magique qui filtre les entrées. Même les Ten Commandments ne peuvent pas la détecter. » Sérieusement ?

Un démon de rang inférieur et une arme ont pu entrer et semer des ravages sans problème. Il est vrai que la barrière est déjà énoncée par Ellaine, comme quoi elle aurait laissé passer Ban pour qu’il protège la forêt. D’accord, mais dans ce cas ça signifie que les démons rouges sont suffisamment fort pour la percer et entrer, alors pourquoi les Ten Commandments ne pourraient pas ? Ça ne colle pas.

Si c’était la seule je la passerai sous silence, mais ce n’est pas le cas. Et je ne vais donner qu’un seul exemple sur un élément crucial de l’intrigue.

« Mais à cause de la malédiction que tu m’as lancée, je ressuscite à chaque fois ! » Tome 23, chapitre 183, Meliodas au roi des Démons

Il est clairement sous-entendu que le roi des Démons a lancé sa malédiction sur Meliodas, puisque Meliodas le dit lui-même. Et c’est plus ou moins confirmé quelques tomes plus tard.

« C’est le maléfice de ta mère, la divinité suprême, qui te pousse à tomber amoureuse de moi à chaque réincarnation. » Tome 30, chapitre 248, Meliodas à Elizabeth

Pourtant, sur l’ensemble de l’œuvre, c’est l’inverse qui est sous-entendu. Le roi des Démons a maudit Elizabeth et la Divinité Suprême a maudit Meliodas.

« Elizabeth … Je vais te libérer de ton cycle de réincarnation éternel. » Tome 36, chapitre 300, le roi des Démons à Elizabeth

Il est clairement sous-entendu que sans le pouvoir du roi des Démons, il est impossible de libérer Elizabeth de sa malédiction. Alors comment Meliodas s’y est pris, alors que le roi des Démons venait d’être vaincu ?

Il est aussi sous-entendu que le pouvoir du roi des Démons ne suffit pas, c’est en tout cas la réflexion de Meliodas lorsque celui-ci retrouve Zeldris. Pourtant les pouvoirs qu’il utilise pour s’en débarrasser sont expliqués comme étant ceux du roi des Démons. Sinon, d’où viendrait cette phrase ?

« Écoute, mon fils ! La nature se déchaîne pour signifier qu’il ne peut y avoir qu’un seul roi des Démons en ce monde. » Tome 38, chapitre 314, le roi des Démons à Meliodas

Ce ne sont que des détails, mais à force de se cumuler ils créent une incompréhension globale. On ne sait plus qui croire ni que croire. Et on finit par se retrouver perdu dans cet amas d’informations se contredisant les uns les autres.

Mais leur contradiction n’est pas le cœur du problème, c’est plutôt le fait que le tout soit expliqué maladroitement. Car que les personnages se trompent n’est pas un problème. Lorsque Hendrickson fait face aux Seven Deadly Sins et Chevaliers Sacrés de Liones, les pouvoirs d’Elizabeth s’éveillent. Il la nomme alors apôtre des déesses et pense qu’elle est un druide comme lui. Mais il se trompe et l’explication est suffisamment claire et précise pour qu’on l’accepte, Hendrickson s’est juste trompé sur son compte.

Et des erreurs comme ça il y en a d’autres. À force de les voir s’accumuler on a vraiment l’impression que l’auteur ne sait pas ce qu’il fait, qu’il ne sait pas ce qu’il a dit avant et avoué vrai …

Une œuvre incomplète

J’ai beau retourner l’œuvre dans tous les sens, la lire et la relire, j’ai cette sensation, en terminant le dernier volume, qu’elle est incomplète. Pour la question des déesses, bien sûr, mais pas que.

Nos héros ont rempli et atteints leurs objectifs, c’est vrai, et sans doute pour cela que Seven Deadly Sins s’est terminé. Mais des questions en suspend il en reste et on est en droit de se demander si le virement de bord de l’auteur en cours de route n’en est pas responsable.

Sauf qu’il y a une suite. Il y est encore trop tôt pour savoir si elle répondra à nos interrogations. L’univers de Seven Deadly Sins n’est pas le plus immense mais on se rend compte qu’il ne pouvait être décemment exploité en 41 volumes.

C’est là que vient, selon moi, la deuxième explication de pourquoi la Divinité Suprême a été laissée de côté. Mais aussi pourquoi Arthur a si peu servi tout au long du titre. Tout simplement car le manga n’est pas terminé.

Alors de ce fait a-t-on le droit de conclure un avis définitif sur l’œuvre ?

Non … et oui

Non, car il y a une suite, et une suite signifie bien que l’œuvre dans son ensemble n’est pas terminée.

Et oui car il est fort probable, de la même manière que dans un Tokyo Ghoul ou Jojo’s Bizarre Adventure, certains personnages n’aient plus aucun rôle à jouer et n’apparaîtront plus. Dans ce cas l’heure du bilan est bien venue pour eux.

Mais pour qui ? Les Ten Commandments, la plupart sont morts et les autres ne sont plus du groupe. Escanor puisqu’il est mort lui aussi. Le roi des Démons aussi du coup, mais on peut toujours (du moins j’espère) s’attendre à un développement de ce dernier pour comprendre ses agissements, ses motivations. Idem pour Arthur qui a encore tout à montrer.

Du coup, peut-on vraiment s’acharner sur le titre, puisqu’on comprend bien qu’il n’est pas terminé ? Le fait est que les points évoqués posent réellement problème, mais tout dépend de notre niveau d’implication.

Conclusion

Seven Deadly Sins est un manga possédant plusieurs niveaux de lecture.

Si on lit Seven Deadly Sins comme un simple shonen nekketsu, habillé de l’essence de grands titres comme Dragon Ball ou Fairy Tail, on n’aura aucun mal à apprécier le titre du début jusqu’à son terme, car il remplit parfaitement son travail en nous offrant de l’action, de l’épique et de la magie.

Mais si on veut le lire comme l’œuvre qu’il est, avec les propos qu’il avance, les drames qu’il nous montre et nous fait vivre, et le sérieux qu’il veut nous développer et démontrer, alors à partir d’un moment on peut se sentir délaissé, incompris. Et c’est bien parce que je suis dans ce deuxième cas, que je lis un manga non pas pour me détendre mais pour ce qu’il raconte, pour m’abreuver de ses propos, de son développement le rendant unique, que je me suis retrouvé perdu à un moment.

Seven Deadly Sins est un manga complexe, et ce n’est pas un défaut. Le problème qui ressort, selon moi, c’est que j’ai la sensation que Nakaba Suzuki s’est perdu en cours de route. Il a développé tellement d’intrigues, tellement de personnages, qu’il s’est retrouvé à devoir faire des choix s’il ne voulait pas que son manga s’éternise.

Et à force de le voir s’emmêler les pinceaux, il en ressort l’impression que la qualité du manga a décliné au fil du temps. L’intrigue tient la route, et est même très bien construite, mais le reste, après nous avoir vendu énormément de rêves, n’a pas répondu à nos attentes et s’est avéré globalement décevant.

Ce titre, si dense au départ, avec son lot d’intrigues, de trahisons, de drames, de haines, a perdu tout ce qui faisait son charme au fil des tomes, pour se conclure avec un antagoniste final purement mauvais, juste là pour remplir le rôle de méchant face aux gentils. Et le fait que nos héros lui faisant face soient bien développés ne change en rien ce sentiment de malaise.

Les différentes quêtes que l’on a suivi, toutes si complexes, si importantes aux yeux de nos personnages, et qui nous ont fait vibrer tout au long de ces tomes, se terminent de manière tellement ridicules pour certains qu’être dégoûté est un sentiment que je peux comprendre (et que je partage) même lorsqu’il y a une explication logique. Comme si la solution était sous nos yeux, comme si elle était évidente …


Mais le plus important ce n’est pas la conclusion mais bien le parcours. Et celui-ci, au-delà des quelques nombreux faits évoqués au-dessus, a été mené d’une main de maître. Quand on relit l’ensemble du titre on comprend pourquoi Nakaba Suzuki a fait le choix de se concentrer sur l’histoire entre Meliodas et Elizabeth. Quand on se rappelle comment le titre était vendu à la base (je rappelle que Twigo a dévasté une forêt d’un simple coup d’épée) on ne peut en vouloir à Escanor, ou à Merlin, d’avoir un pouvoir aussi abusé, à la limite de l’acceptable.

Car c’est justement là que se trouve le charme du titre, c’est là que se trouve le Seven Deadly Sins que j’aime. Celui des intrigues amoureuses, des personnages charismatiques à l’extrême, aux pouvoirs démesurées et aux histoires si tristes qu’elles ont su me toucher en plein cœur comme aucun autre manga n’a su le faire.

A-t-il changé ? Relire le titre me donne cette sensation que non, qu’il a toujours été là, car l’amour a toujours occupé une place prépondérante dans l’intrigue. Probablement trop d’ailleurs, ce qui pourrait expliquer le décrochage de certains, à force de rabâcher les mêmes phrases en permanence. Et je pense que la lecture de la première partie de cette chronique suffit pour le comprendre, l’amour est omniprésent, sans lui il n’y a rien.

Ce qui a changé c’est l’ambiance dégagé par l’ensemble. Ce sérieux avancé qui a plus ou moins disparu, ces personnages pas à la hauteur ni de leurs adversaires en terme de développement ni de nous lecteurs au niveau de nos attentes. Cette sensation de changement vient donc du fait qu’à partir d’un moment, on a senti que les Seven Deadly Sins étaient imbattables, que quelque soit l’épreuve qui se dresserait devant eux ils la passeraient sans problème.

On ne pouvait plus se sentir concernés à partir de là, mais c’est aussi l’origine du titre, leur caractère légendaire, de groupe vénéré, extrêmement puissant, qui valait l’intérêt du titre à sa base. Être en désaccord avec la sensation de les sentir imbattables, ça reviendrait à mettre en cause leur description originelle.

Donc moi qui ai aimé Seven Deadly Sins plus que tout autre titre, moi qui l’ai vénéré comme aucun autre, qui l’ai idolâtré, qui ai imaginé sa suite et sa potentielle conclusion à maintes reprises … Moi qui me suit senti délaissé, incompris en voyant le développement différent de ce que j’attendais, en voyant cette sensation de bizarre, de malaise sortir de l’intrigue … ai-je le droit de me plaindre, moi qui ai fini par décrocher ?

Non, je ne pense pas, car au final le capitaine qui dirige le bateau c’est l’auteur. Nous lecteurs et lectrices, tout ce que l’on peut faire, c’est quitter le navire. Car au final personne ne nous force à lire.

Si j’ai été jusqu’au bout, ce n’est pas uniquement parce que j’ai aimé Seven Deadly Sins, mais bien parce que je l’aime toujours aujourd’hui. Relire le titre m’a fait revivre les mêmes sensations qu’à l’époque : la classe épique de Meliodas au premier chapitre, ses retrouvailles légendaires avec Ban, la rencontre tout aussi légendaire avec King, le gaiden toujours aussi déchirant de Ban, le tournoi de Vaizel, la capture d’Elizabeth et la rage de Meliodas qui en suit, le gaiden de King si touchant, si poignant, si criant de vérité et de cruauté, la folie d’Hendrickson dévoilée au grand jour, le réveil du pouvoir d’Elizabeth, le double jeu de Dreyfus, le retour des Ten Commandments, le combat face à Galan, mais aussi ce mythique tome 22, meilleur volume de la série concluant à la mort poignante, touchante, de notre protagoniste, le combat épiquement épique opposant Escanor à Estarossa, le retour de Meliodas, le meurtre de Fraudrin, le voyage de King et Diane dans le passé, la classe de Ludeciel, l’humanisation des démons, la cruauté des déesses, les révélations du chapitre 224 montrant l’effroyable vérité et la grandeur de notre protagoniste, le retour des archanges, ou le passage dans le Purgatoire … Tous ses passages que j’ai adoré, et qu’il est vrai, sont devenus de plus en plus rares au fil de l’avancée du manga, je les ai de nouveau adorés en relisant le titre.

Des défauts, oui il y en a, mais il y en a dans chaque manga. Donc ces quelques détails, ces quelques gènes, même s’ils sont plus nombreux que ce que j’imaginais, ne vont pas et ne doivent pas m’empêcher d’aimer Seven Deadly Sins comme il se doit : à sa juste valeur, celle du manga qui m’a accompagné pendant presque un tiers de ma vie jusqu’à ce jour …

Alors je vous le demande, vous qui avez aimé Seven Deadly Sins, continuez, même s’il vous a déçu aimez-le pour ce qu’il vous a fait vivre quand vous l’adoriez, aimez-le pour les sensations qu’il vous a procurés à l’époque, car c’est cela le plus important. Car c’est cela qui permet à Seven Deadly Sins d’être dans mon Top 2 manga ever aujourd’hui, malgré les défauts qui sont les siens et les bijoux que j’ai pu découvrir depuis et que je découvre encore …


C’est ainsi que se conclut la chronique sur Seven Deadly Sins. Elle a été très longue, je vous l’accorde, même uniquement pour cette deuxième partie. Je n’attribue pas de note ici car ce sont les mêmes que celles attribuées dans la première partie.

Cette chronique m’a pris un temps fou à l’écrire, donc n’hésitez pas à la partager (surtout la première partie) et à me dire ce que vous en avez pensé.

Il ne me reste donc que deux articles à publier d’après ceux qui étaient prévus lors de mon annonce d’arrêt du blog. Seront-ils les derniers ? Probablement pas vu les évènements intéressants qui arrivent dans les mois qui viennent. Je vous renvoie aussi vers mon blog actuel : Le monde de Floriano, que vous êtes toujours aussi peu nombreux à suivre. Peut-être l’avez-vous simplement loupé, il est vrai que je publie peu dessus mais j’y publie mes envies (pas mal de manga, c’est vrai, plus que prévu à la base) et vous y trouverez aussi l’article bonus accompagnant cette chronique sur mes personnages préférés de la série que l’on vient de traiter.

Merci encore d’avoir lu cette chronique, bonne journée/soirée à toutes et à tous et je vous dis à bientôt.

6 commentaires sur “Seven Deadly Sins, la déchéance …

  1. je pense que l’imbroglio de la malédiction vient du fait que peut importe que ce soit le roi des démons ou là deité suprême, ça ne changeai rien à la construction de l’œuvre alors Nakaba s’en ai peut-être pas rendu compte la première

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