Seven Deadly Sins, une œuvre triste

Bonjour à toutes et à tous. Cela doit faire deux ans, maintenant, que je vous l’ai annoncé. J’étais pas loin de l’écrire à un moment, mais je me suis dit qu’attendre la conclusion serait plus propice …

Aujourd’hui sort enfin la chronique sur Seven Deadly Sins, manga que j’ai adulé, qui m’a fait rêver, qui m’a fait vibrer comme aucun autre à sa grande époque … manga qui m’a déçu, qui m’a tourmenté, qui m’a désolé ces dernières années. J’ai eu du mal à me motiver pour relire le titre, contrairement à d’autres comme Magi pour qui l’envie est venue toute seule, ici j’avais peur que mes bons, mes très bons souvenirs fassent front avec la réalité du moi d’aujourd’hui qui ne suis plus le même qu’il y a six ans.

Maintenant que j’ai relu l’intégralité du titre, qu’est-ce que j’en pense ? Est-ce que j’aime toujours Seven Deadly Sins ? Et que vaut réellement ce manga qu’on a autant adoré que détesté ?

Et comme toujours je précise que nous parlerons uniquement du manga. Si des images de l’anime sont présentes, c’est uniquement pour illustrer.

Seven Deadly Sins, une œuvre triste

Auteur : Nakaba Suzuki

Éditeur : Kodansha (Japon), Pika Édition (France)

Magazine : Weekly Shonen Magazine

Nombre de volumes : 41 (terminé)

Genres : Aventure, fantastique, fantasy, comédie, romance

Thèmes : Amour, racisme, crimes, rédemption

Publication : 10 octobre 2012 – 25 mars 2020

Anime : 4 saisons de 24 épisodes disponibles sur Netflix, la quatrième en cours de diffusion au Japon

À Britannia, dans le royaume de Liones, les Seven Deadly Sins, un groupe de chevaliers extrêmement puissants, sont reconnus coupables du meurtre du général des chevaliers sacrés. Alors que l’ensemble des chevaliers sacrés leur font face, ils se séparent et prennent la fuite … Dix ans plus tard les chevaliers sacrés ont effectué un coup d’État, enfermé le roi et pris le pouvoir. Ils asservissent le peuple en le soumettant à des travaux forcés dans le but de préparer une soi-disant guerre à venir. Pour mettre fin à leur domination, la princesse et troisième fille du roi Elizabeth Liones quitte son royaume pour partir à la recherche des Seven Deadly Sins qui sont portés disparus depuis leur terrible assassinat. Fatiguée après de longues heures de marche, la princesse arrive au Boar Hat, une taverne ambulante tenue par un garçon tellement jeune qu’il paraît être mineur. Elle va rapidement découvrir que ce jeune n’est autre que Meliodas, le chef des Seven Deadly Sins, mais elle est surtout loin de se douter que cette rencontre est le fruit du destin …

Les légendes arthuriennes revisitées

Dès les premières pages nous plongeons dans un monde qui nous est peut-être familier, celui des légendes arthuriennes. Ce n’est peut-être pas perceptible au premier coup d’œil mais l’univers médiéval dans lequel navigue nos personnages, avec cette dose de fantasy, en est clairement inspirée.

Nakaba Suzuki a toujours avoué son admiration pour les légendes du roi Arthur, ainsi les lieux et personnages en découlent, avec des interactions et évolutions qui changent, pour donner un titre inspirant et unique.

Les sept pêchés capitaux

Les Seven Deadly Sins, ou Sept Pêchés Capitaux en français, sont donc un groupe de chevaliers qui ont commis un crime. C’est de ce crime que vient leur construction en tant que personnage, que naît leur aura de légende.

Car de Meliodas à Escanor, tous sont des personnages légendaires, reconnus pour leur puissance et leur gloire. Ils sont la pierre angulaire de l’œuvre, suscitant la peur chez leurs ennemis, l’admiration chez leurs plus grands fans, et de nombreux frissons pour nous lecteurs et lectrices.

Ils répondent chacun à un des sept pêchés capitaux. Leur caractère, leur comportement et leurs interactions avec les autres en découle.

La réussite de l’auteur est d’avoir pu à tous les rendre charismatiques, intrigants, et uniques en leur genre, sans en laisser un seul de côté. Ils s’avèrent ainsi passionnants à suivre, au fil de leur développement et des découvertes qu’on va être amenés à faire sur eux et avec eux …

Un groupe de drôles d’énergumènes

L’introduction à l’œuvre nous fait comprendre que les personnages que nous allons découvrir ne débutent pas leur aventure. Contrairement à de nombreux shonen du genre, Seven Deadly Sins nous fait découvrir des personnages ayant déjà un lourd passé, et de nombreuses relations, qu’elles soient amicales ou non.

C’est avec ce développement, renfermant leur lien avec les autres et le crime qu’ils ont commis qu’on comprend que ces personnages sont amplement réussis. Les émotions qu’ils transmettent sont profondes et ne peuvent laisser indifférent.

Les autres personnages ne sont pas en reste …

Sans surprise donc, de nombreux personnages tournent autour d’eux. Pour diverses raisons. En premier lieu la princesse Elizabeth, celle de qui l’aventure démarre. C’est de son point de vue que l’on découvre l’histoire, celui d’un novice qui ignore. Il nous est donc plus simple de plonger dans ce monde, à travers les yeux de quelqu’un qui découvre comme nous, que d’un autre qui sait déjà tout.

Et elle n’imagine même pas à quel point elle ignore

Les motivations de chacun sont plus ou moins complexes, et nous y reviendrons juste en dessous après cette introduction, et nous font comprendre que les liens s’entremêlent pour donner naissance à une œuvre complexe et complète …


La haine n’engendre que la haine …

On l’a nommé ségrégation aux États-Unis, apartheid en Afrique du Sud, plus généralement on le nomme racisme.

Rapidement dès les premiers volumes de Seven Deadly Sins on découvre qu’il existe plusieurs espèces. Et qu’elles vivent toutes séparées les unes des autres, se craignant plus ou moins, tenant des relations caduques, ne permettant pas de comprendre ce que pense l’autre.

Certains peuvent avoir de l’admiration, envers les capacités, les talents d’une espèce qu’eux ne peuvent acquérir. Pour d’autres, cela peut être de la haine, du mépris.

C’est cette haine qui peut pousser aux pires atrocités. Et des crimes découlent l’envie de vengeance, découlent l’envie de se châtier, de s’excuser, … Mais ce que le titre nous fait bien comprendre c’est qu’un crime, une fois commis, ne peut pas être racheté.

N’a-t-on pas le droit d’aimer celui/celle qu’on aime ?

Pourquoi ? Pourquoi n’ai-je pas le droit de t’aimer ? Parce que tu es différent je n’aurais pas le droit de me dévouer cœur et âme pour ton bien ? …

Que l’on soit humain, féé, géant, ou autre chose n’a-t-on pas le droit d’être attiré les uns envers les autres ? Cela peut paraître étrange de notre point de vue, qu’un couple entre deux espèces différentes se forment, mais si cela est possible dans Seven Deadly Sins c’est qu’il y a certainement une bonne raison.

C’est un peu une allégorie de notre monde que Nakaba Suzuki développe. Nous vivons dans le même monde mais avec des cultures et des croyances différentes, qui nous poussent à nous craindre. On ne se comprend pas si bien qu’on pense que les autres n’ont pas leur place chez nous. Et une petite étincelle née de de cette incompréhension peut amener aux désastres ne servant qu’un intérêt futile …

Parce qu’au final, nos différences ne font-elles pas notre force ? Quand on délivre un être d’une extrême solitude, quand on l’aide, quand on l’accompagne dans ses déboires comme dans ses jours heureux, est-ce qu’une simple amitié ou davantage peut naître ? Dans cette condition, nos différences vont-elles réellement nous repousser ?

Les épreuves que l’on traverse doivent être plus fortes que les différences qui nous opposent, qui opposent nos peuples dans une haine respective, dans une lutte fratricide n’appelant que toujours plus de mépris, de violence et d’acharnement.

Parce que je t’aime je suis prêt à commettre le pire …

Comment accéder au bonheur ? Peut-on réellement y accéder ? Quand l’être cher nous a été retiré, quand il souffre, se démène pour assouvir sa soif, son amour, sa dévotion envers soi.

L’amour me fait atteindre un niveau d’extase, de jouissance ultime. Tout ce que je veux c’est être au près de toi, à tes côtés, t’accompagner partout où tu vas, et passer le restant de nos jours ensemble. Et si c’est obligatoire, alors je suis prêt à commettre le pire.

Trahison, meurtre, massacres, tant que je peux être à tes côtés je serais heureux. Même si je finis en prison, même si je me fais des ennemis, l’amour que je ressens pour toi est tellement fort que je suis prêt à traverser la frontière de l’acceptable.

L’amour est plus fort que tout

À partir du moment où on trouve l’être cher, celui-ci obnubile notre attention. Il devient notre centre d’intérêt, on pense à lui sans arrêt.

Ce sentiment nous fait pousser des ailes (littéralement) et permet à chacun de se battre, se surpasser. La force émise par l’être chéri, quelque soit son origine, son appartenance, son apparence, ses forces et faiblesses, poussent à tenter d’accomplir l’impossible.

Se battre pour le/la sortir des pires tortures, se battre pour le/la retrouver, se battre pour accepter sa sentence, sa rédemption. Tout est permis tant que cela sert l’intérêt de l’aimer aimé et des sentiments que l’on éprouve pour lui.

L’amour engendre une immense tristesse

Car si l’on s’aime, on ne doit pas non plus oublier que nous ne sommes pas n’importe qui. Nous avons, en tant que membre d’une espèce, d’un groupe, d’une hiérarchie, des devoirs, des obligations à remplir envers ceux qui nous gouvernent.

L’amour peut alors devenir une tragédie. Il provoque une immense tristesse, lorsqu’en accomplissant son devoir on ne peut s’empêcher de faire souffrir celui ou celle qu’on aime.

Doit-on lui mentir ? Doit-on la faire souffrir ? Si nous sommes son prince charmant/sa princesse, peut-on se permettre de lui faire mal, d’aller à l’encontre de ses convictions, au risque que l’amour qu’il nous porte disparaisse ?

Une œuvre unique

Au-delà de sa base, Seven Deadly Sins s’avère être une œuvre unique, dans le développement qu’il amène, dans les quêtes qu’il nous amène à suivre.

Vous l’aurez compris, le thème de l’amour est omniprésent. Peut-être trop diront certains, mais s’il est omniprésent c’est justement pour servir les propos qu’avancent l’auteur, que défendent les personnages et les objectifs qu’ils cherchent à atteindre.

Ainsi leurs relations servent ces propos, qu’ils s’aiment ou se haïssent au plus haut point. Que ce soit avec l’amant, avec un ami proche, celui auquel on peut confesser ce qu’on n’ose pas dire, jusqu’à la simple connaissance de passage et l’ennemi que l’on combat.

Au cœur de ses conflits d’intérêt se trouve le personnage principal : Meliodas. Il est énigmatique, sans émotion, n’a pas pris une seule ride, ni même grandit ou vieillit en dix ans. Il semble cacher quelque chose, que veut-il et qui est-il réellement ? Personne ne le sait.

Ce personnage présenté comme un pervers irrécupérable est-il réellement ce que l’on pense ? Un simple gamin d’apparence, un chevalier hors pair, le chef des Seven Deadly Sins, ou plus encore.

Au fil des tomes des révélations éclatent. Ses relations avec les autres se dévoilent, sa dévotion envers l’être aimé se montre au grand jour, ses forces et ses faiblesses aussi.

Quel crime a-t-il commis ? Le mystère est entier. Qu’est-ce qui lui a valu, lui qui est nommé Dragon de la colère, d’obtenir ce pêché alors qu’il est toujours si calme ?

Que cache-t-il ? Pourquoi le cache-t-il ? Au fil des tomes et des révélations le mystère se dissipe pour laisser place aux questions. Pourquoi ? Comment en est-il arrivé là ?

Et au final on comprend une chose qui paraît essentielle après avoir lu le titre, Meliodas est le personnage le plus dévoué de tout le manga. Il a une idée fixe et ne s’en détourne jamais, dans l’unique but d’atteindre son objectif final.

On se rend compte que cet amour envers l’être aimé, cette souffrance qu’elle entraîne, cette haine qu’elle engendre, il le ressent davantage que ce que l’on pourrait croire. Et son objectif final ? Si je spoilais ceux qui n’ont pas lu le manga n’oseraient y croire, mais les souffrances qui ont été les siennes et qui sont parmi les plus atroces tous mangas confondus, nous font comprendre pourquoi il cherche à l’atteindre.

Une œuvre triste …

Aimer, souffrir, trahir, au travers de ses nombreux personnages qu’il a brillamment travaillés, Nakaba Suzuki nous fait passer par toutes les émotions possibles. Il est impossible de rester indifférent devant la dure réalité qui a accompagné et souvent accompagne toujours nos héros aujourd’hui. Leur histoire, les drames qu’ils ont vécu, qu’ils vivent encore pour certains, et la vérité derrière leur crime, ne pourrait laisser insensible que les personnes dénuées de bon sens, sans-cœur.

Car au final, on se rend compte que des personnages purement mauvais, ne cherchant que le mal pour leur propre plaisir, il n’y en a pas « réellement ». Les différences qui nous opposent nous ont amené à nous méfier des autres, les craindre, les haïr. Et il suffit d’une petite étincelle pour déclencher les pires horreurs, les pires atrocités que l’on puisse commettre, soi-disant pour défendre celui ou celle qu’on aime.

Y-a-t-il vraiment un coupable, dans cette connexion de réseaux complexes, s’entrecoupant les uns aux autres ? Probablement pas, juste une incompréhension, découlant d’un manque de dialogue qui nous aurait permis de nous comprendre et d’éviter de telles bavures.

Mais si on me posait la question, moi qui aime ce manga autant que Meliodas aime sa dulcinée, aujourd’hui, après l’avoir relu d’une traite je vous répondrais que oui, il y en a bien un et son identité en surprendrait certainement plus d’un. Ceci dit, c’est justement parce que je placerais ce personnage comme coupable que je trouve son histoire, son développement personnel et en relation avec les autres, magnifique, et que tout simplement ce manga propose une des plus belles et des plus tristes histoires qu’il m’ait été donné de lire.


Relire Seven Deadly Sins m’a ainsi permis de me rappeler pourquoi j’ai aimé ce manga plus que n’importe quel autre, pourquoi je l’ai adulé, idolâtré plus que quiconque n’a jamais réussi à le faire. Relire Seven Deadly Sins m’a ramené cinq ou six ans en arrière, à l’époque où chapitre, chaque page me faisait vibrer, me transportait dans cette aventure épique ou la joie de vivre de nos personnages côtoie la dure réalité d’un monde brutal et sans pitié.

Mais relire Seven Deadly Sins m’a aussi permis, à la fois de comprendre pourquoi le manga a pris une telle direction mais aussi pourquoi j’ai fini par décrocher. Et c’est dans la deuxième partie de cette chronique (ici-même) que je vais le développer.

Conclusion

Jamais je n’aurais imaginé, en mars 2014 lorsque les deux premiers volumes sont sortis, que Seven Deadly Sins deviendrait en quelques mois mon manga préféré. Il est vrai que je n’étais encore qu’à mes débuts en tant que fan de manga mais s’il a si facilement pris le pas sur Fairy Tail et One Piece, c’est bien parce que l’univers et les personnages qu’il présente dès les premières pages m’ont parlé plus que n’importe quel autre, que l’histoire et les drames qui se développent autour d’eux m’a touché plus qu’aucun n’avait su le faire jusque-là.

Ainsi vous ne pouvez pas imaginer l’importance qu’a eu ce manga pour moi. Il est vrai que Fairy Tail et One Piece sont parmi les premiers à m’avoir fait entrer dans cet univers, mais sans Seven Deadly Sins il n’est pas dit que j’aurais un jour ouvert un blog ou que la folle idée qui est la mienne actuellement se soit développée un jour.

Mais pour conclure, c’est bien parce que le manga est excellent dans son développement et ses propos que je l’aime. S’il a perdu de son importance pour moi ces dernières années, c’est en grande partie parce que ma vision, ma place en tant que lecteur, en tant que fan, a changé. Mais je retiendrais de ce titre le parcours commun qui a été le notre, celui d’une œuvre qui a trituré mes neurones comme aucun autre n’a su le faire pendant tant d’années.

Oui le manga n’est pas exempt de tout reproche, mais le manga parfait n’existe pas. Donc si vous n’avez pas encore lu Seven Deadly Sins, malgré la longueur et ce que beaucoup peuvent en dire, je ne peux que vous recommander chaudement la lecture de ce titre unique, qui pour moi est aujourd’hui un incontournable et un des mangas les plus profonds et complexes sortis ces dernières années.

Mes notes

Univers : 19/20

Personnages : 16/20

Intrigue : 13/20

Dessins : 16,5/20

Moyenne : 16,13/20

Merci à toutes et à tous d’avoir lu la première partie de cette chronique. J’espère qu’elle vous a plu. N’hésitez donc pas à me le dire si c’est jamais le cas ni à la partager.

Si jamais vous avez lu le manga je vous invite à lire l’article bonus sorti en même temps que cette chronique sur Le monde Floriano où je vous présente mes personnages préférés de la série.

Sur ce, bonne journée/soirée à toutes et à tous et à bientôt.

5 commentaires sur “Seven Deadly Sins, une œuvre triste

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