Rave, l’origine (et le vrai niveau) d’Hiro Mashima …

Bonjour à toutes et à tous. Ça y est, j’en suis venu à bout. Des années après l’avoir découvert, deux ans après m’être procuré l’intégralité des tomes me manquant, j’ai terminé Rave

J’adore ce titre depuis mon premier contact avec, et si il y a plusieurs raisons faisant que j’ai mis si longtemps à en voir le bout, cette tendance ne s’est jamais inversée, même si mon appréciation des mangas de Mashima varie au fil du temps.

Depuis mes premiers contacts avec ce titre, j’entends souvent dire par beaucoup de fans que Rave est le meilleur manga d’Hiro Mashima. Certains ont été déçus par Fairy Tail, d’autres l’ont apprécié mais ne peuvent nier ce fait. Personnellement je ne me suis jamais prononcé, ne connaissant pas la moitié du parcours pendant de longues années je préférais attendre de le découvrir.

C’est maintenant fait. Qu’en est-il donc, à une période où je n’arrive pas du tout à accrocher à Edens Zero et ou le dernier arc de Fairy Tail me reste encore en travers de la gorge quatre années après sa conclusion ?

Rave, l’origine (et le vrai niveau) d’Hiro Mashima

Auteur : Hiro Mashima

Éditeur : Kodansha (Japon), Glénat Manga (France)

Magazine : Weekly Shonen Magazine

Nombre de volumes : 35 (terminé)

Genres : Aventure, action, fantasy, magie

Thèmes : Amitié, guerre, racisme, destinée, mondes parallèles

Publication : 22 juillet 1999 – 10 juillet 2005

Anime : 51 épisodes diffusés entre octobre 2001 et septembre 2002 adaptant les 12 premiers volumes

2014, Fairy Tail est à l’apogée de sa gloire en France. C’est tout simplement le troisième manga le plus suivi derrière One Piece et Naruto, et il est en train de s’imposer comme un monument, un pilier du genre. Mais pour beaucoup de personnes n’appréciant pas l’œuvre, c’est aussi le bon moment pour le dénigrer à coup de préjugés souvent faux. Des ressemblances frappantes avec One Piece à l’omniprésence du pouvoir de l’amitié réglant bien trop facilement de nombreux conflits, Fairy Tail s’est trouvé autant de fans que de détracteurs. Il n’empêche que la recette fonctionne et Hiro Mashima ne va pas se priver de l’utiliser …

Pourtant, il n’en est pas à son coup d’essai. Car contrairement à One Piece et Naruto qui sont les premiers titres de leurs auteurs, Fairy Tail est le deuxième. Avant lui a été publié Rave, manga davantage passé dans l’ombre en France, notamment des grands shonen de cette époque. La faute sans aucun doute à l’absence d’un anime sur la durée, celui-ci n’adaptant qu’un tiers de la série. Alors qu’au Japon, Rave a été un grand succès, moins que Fairy Tail mais suffisant pour faire de Mashima un mangaka renommé.

Si bien qu’Hiro Mashima a droit à la couverture du Magazine au lancement de son nouveau titre, ce qui est rarement le cas pour une nouveauté

Hors, comme pour le one-shot Mashima Hero’s sorti récemment, Rave renferme des données importantes pour comprendre le fond de la pensée de l’auteur.

Un shonen nekketsu classique

À une époque où le Weekly Shonen Magazine avait davantage l’habitude de publier des mangas comiques, de romance ou de sport (ce qui n’a pas vraiment changé, d’ailleurs), Hiro Mashima, pourtant débutant, prend le pari de lancer un shonen nekketsu, tout ce qu’il a de plus classique. 22 ans après il en publie toujours et a même été rejoint dans ce genre par d’autres.

Pour ce faire il décide de nous plonger dans un monde davantage occidental où l’architecture, les noms des lieux et personnages sont plus facilement compréhensibles et prononçables pour les populations européennes ou américaines que japonaises.

Avait-il déjà en vue une publication internationale ? Probablement pas (auquel cas il serait un précurseur), c’est davantage dans ses inspirations que se trouve la réponse. Hiro Mashima est en effet un grand fan de jeux vidéos, et ne l’a jamais caché, notamment de la série Monster Hunter (dont il fera un manga par la suite).


Mais revenons-en à ce qui nous intéresse. L’histoire débute sur l’île Garage, un beau matin, lorsqu’un garçon prénommé Haru Glory pêche une drôle de créature blanche ressemblant à un bonhomme de neige, avec une grosse tête, un nez en forme de carotte et de petites pattes.

Haru adoptera cette créature avant de rencontrer son propriétaire qui l’a cherché pendant 50 ans. Le vieil homme qui se dresse devant lui n’est autre que Shiba, guerrier légendaire connu pour être le Rave Master, détenteur du pouvoir de Rave qui permit, il y a 50 ans, d’empêcher la destruction du monde. Seulement Demon Card, une organisation maléfique régnant sur une grande partie du monde, débarque dans l’espoir de récupérer Rave.

C’est à ce moment que Shiba perd les pouvoirs de Rave, celle-ci a choisi Haru comme successeur. Bien qu’il n’en est aucunement l’envie, il doit quitter son île natale pour parcourir le monde à la recherche des fragments de Rave qui ont été éparpillés il y a 50 ans. Et cette drôle de créature, nommée Plue, va l’aider à les retrouver.

L’aventure avec un grand A

Rave est donc un manga d’aventure où l’on va suivre un groupe de personnages voyageant à travers le monde à la recherche de quelque chose. Comme dans One Piece. Sauf que contrairement à ce beaucoup de mauvaises langues sous-entendent, à quelques détails près les ressemblances s’arrêtent là.

Car Rave reprend davantage la structure d’un jeu vidéo. Avec les lieux à visiter, les éléments et pouvoirs à maîtriser pour progresser. En voyant l’équipe se compléter, s’uniformiser au fil des volumes. En voyant l’auteur, au trait et aux propos hésitants, s’améliorer et progresser en même temps que ses personnages.

Le voyage, l’échange, la découverte, Rave le met en avant à sa manière, en nous faisant découvrir un monde dont on ne peut soupçonner les secrets qu’il renferme.

Le délire mashimesque

Mais aussi, et je dirai même surtout, en nous montrant le côté burlesque qu’il renferme. Si certains pensent que Plue est le summum de l’étrangeté, du bizarre, de l’incompréhensible, vous vous trompez lourdement. Et si certains pensent que Mashima a été beaucoup trop loin dans son délire dans Fairy Tail, eh bien sachez que le délire est tellement poussé dans Rave qu’on pourrait croire qu’il ne se donnait aucune limite.

Entre la morphologie de certains que la nature serait incapable de reproduire, les pouvoirs très étranges d’autres, ou encore l’humour typique de l’auteur qu’il utilisera à foison dans ses œuvres suivantes, tout est poussé à l’extrême dans Rave.

C’est ainsi que l’univers de Rave nous est présenté dès le départ, avec l’entrée en scène de Plue dans la toute première scène du manga. Et si même pour les Humains de ce monde ces créatures sont étranges le fait d’en voir partout nous fait accepter le délire. Entre voir des soleils plantés sur les murs des maisons et être dotés de la parole, ou cette chose ci-dessous communément appelée un cheval …

Vous voyez un cheval, vous ?

Et je suis loin de vous lister l’intégralité de ces « étrangetés » qui vont apparaître au long des 35 volumes de la série …

Mais justement, ces « étrangetés » ne sont pas là pour rien, car elles servent les propos que souhaite avancer Hiro Mashima à travers Rave.

… ?

Quoi ? L’amitié ? Oui, Rave aussi parle de l’amitié mais ce n’est pas à ça que je pense, ou plutôt ce n’est pas l’amitié dans le sens que vous le voyez, auquel vous avez été et êtes encore habitués avec les autres titres de cet auteur.

Car Rave est une œuvre beaucoup, beaucoup, beaucoup plus sérieuse que ce que l’on pourrait croire au premier abord …

Une œuvre sérieuse

Rapidement Haru va faire la rencontre d’une jeune fille. Nommée Elie, elle a perdu la mémoire et ignore tout sur elle. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Elle n’en a pas la moindre idée et cherche à le savoir.

Les premières infos que l’on découvrira sur elle nous font comprendre qu’elle est un personnage spécial, et que dans ses souvenirs se trouvent un lourd tribu, qui restera longtemps inconnu. Pourquoi ? (Attention spoil) Parce que l’ennemi qui se dresse face à elle cherche à la tuer pour protéger le monde. (Fin du spoil)

Si de telles révélations ne peuvent laisser indifférent, elles ne sont que les prémices de ce qu’Hiro Mashima va aborder tout au long de son œuvre : la guerre, et les drames qui en découlent.

Car si Rave semble davantage humoristique à ses débuts, plus on avance dans l’intrigue et plus celle-ci devient sérieuse. La tension ne fait que monter au fil des tomes, que l’heure fatidique et inévitable approche, pour mettre fin à un conflit qui n’a de sens qu’à ceux qui lui en donnent.

Mais Elie n’est pas la seule à gagner une telle importance. Au fil des rencontres et des drames qui surviennent, Haru va comprendre le chemin dans lequel il s’est retrouvé embarqué, il va comprendre l’importance de celui-ci et du rôle qu’il a à jouer.


Alors, j’imagine que certains vont se demander « sérieux dans quel sens ? ». N’oubliez pas qu’on est dans un shonen nekketsu, et même si il y en a qui sont très poussés au niveau réflexion qu’ils nous amènent et nous demandent de tenir, la plupart restent « légers » pour être compréhensibles par le plus grand monde, et c’est le cas ici.

Résultat je pense que les nombreux détracteurs de l’auteur mais aussi les fans de Fairy Tail ou Edens Zero n’ayant pas lu Rave, mais aussi ceux qui ont abandonné le titre après ses premiers volumes très laborieux (il faut bien le reconnaître) vont être surpris par le paragraphe qui va suivre …

Les propos de Rave

Pourquoi le sang coule-t-il ? Pourquoi le faire couler ? Parce que c’est notre destin ? De nous opposer ? De nous auto-détruire ?

Parce que nous sommes différents ? Nous ne pourrions pas nous comprendre ? Nous apprécier les uns les autres ?

Parce que nous n’avons pas le choix ? Parce qu’il le faut … Parce que la destinée qui est la tienne est inéluctable.

Tu ne comprends pas, parce que tu ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Tu n’es pas au fait des drames qui se sont joués, des enjeux qui nous motivent à agir. Car contrairement à ce que tu crois, je ne suis pas mauvais parce que j’ai décidé de le devenir.

Parce que la souffrance qui a été la mienne et qui m’a menée à devenir celui que je suis aujourd’hui, tu ne l’as pas vécu. Il est impossible de revenir en arrière, alors pourquoi ferais-je comme si rien n’était arrivé …

Si …

Toi aussi …

C’est parce que ton parcours est semé d’embûches.

C’est parce que tu as vécu de nombreux drames pour arriver jusqu’ici, que tu peux comprendre ses sentiments.

C’est parce que les épreuves que tu as menées, les personnes que tu as rencontrées, t’ont fait grandir en tant qu’Homme que tu finis par comprendre ce monde et à l’aimer plus que tout …


Des drames, des drames, encore et encore des drames. Quand-est-ce que ce cycle infernal prendra fin ? La vengeance ne fait qu’appeler la vengeance. Il faut y mettre un terme.

Notre sang ne serait pas le même, parce que tu es d’une lignée royale ? Quelle prétention !! Parce que tu es un sous-humain ? Quel terme vulgaire !!

Nous avons tous le droit de vivre, que nous ayons commis un pêché ou non, quelque soit l’espèce à laquelle on appartient. Devrait-on subir les erreurs d’un passé lointain ? Qu’avons-nous fait pour mériter cela ?

C’est pour cela que tu te bats !! C’est pour cela que tu voyages, dans l’espoir de mettre fin à cette calomnie …

Classique, vous allez me dire ? … Et vous avez raison.

Mais classique ne veut pas dire mauvais. Et si d’autres titres ont depuis repris ces quelques phrases et les ont adapté à leur sauce (ce qui est certainement le cas aussi, avant) il est indéniable de constater la maîtrise parfaite de l’ensemble.

Du premier jusqu’au dernier volume, Hiro Mashima a mené sa barque d’une main de maître. Elle n’a jamais dérivé et est arrivée à destination au moment où elle devait y être.

Je parle beaucoup (pour ne pas dire exclusivement) d’Haru et Elie depuis le début de cette chronique, normal puisque ce sont les personnages principaux. Mais des cas comme Sieg Hart, Let et Julia, les deux Gale, Doryu, Belnika, Hardner et même l’antagoniste final ne peuvent laisser indifférents. Ils ont tous été parfaitement gérés, servent les propos et développent autant l’intrigue que les personnages que l’on suit et qui grandissent au fur et à mesure qu’ils avancent dans leur quête.

Des révélations choc, nous en verrons autant qu’eux. Et elles ne sortent pas de nulle part. Il est clair et indéniable qu’Hiro Mashima a tout préparé à l’avance, qu’il savait où il allait et qu’il y est arrivé.

Je retiens notamment une révélation en particulier, qui arrive vers la fin de la série, au moment où on fait de nombreuses découvertes. Mais j’imagine que très peu de personnes ont dû découvrir le point dont je parle avant qu’il ne soit révélé. Car si vous pensez réellement qu’Hiro Mashima est incapable de nous surprendre, vous allez être surpris, et pas qu’un peu …

Lire Rave pour mieux comprendre Fairy Tail

Hiro Mashima est un mangaka bavard. La plupart de ses congénères se muent dans le silence, ne lâchant pour certains que quelques propos dans le rabat des jaquettes. Dès les premiers volumes de Rave, Hiro Mashima prend l’habitude de mettre des postfaces à chaque fin de volume. Habitude qu’il n’a jamais perdu ensuite et qui nous permet d’avoir de nombreuses données intéressantes nous permettant de mieux cerner le personnage. Ce sont en effet ces dernières qui nous permettent de comprendre pourquoi il a fait de Fairy Tail l’œuvre qu’elle est devenue.

Sans elles, il serait fort probable que Fairy Tail serait resté une vaste blague aux yeux de certains, car passer d’une œuvre aussi sérieuse et aussi complexe que Rave à un titre détente, tout public et sans prise de tête comme Fairy Tail ne s’explique qu’en comprenant qui est derrière tout ça …

J’ai fait mention à Mashima Hero’s plus haut, ce one-shot regroupant ses trois mangas phares le temps d’un tome. Celui-ci nous a déjà donné de grandes réponses : Hiro Mashima fait ce qu’il veut, quand il veut, dans l’unique but de se satisfaire lui-même. C’est son délire, soit on adhère, soit on adhère pas.

Ici les réponses ne sont pas tout à fait les mêmes, il faut bien comprendre qu’on remonte 15 ans en arrière, Hiro Mashima a pris de l’âge et de l’expérience. Ses pensées n’étaient peut-être pas tout à fait les mêmes mais globalement le tout se rejoint …


Dans la postface du tome 32 de Rave, Hiro Mashima fait allusion au côté sérieux qu’a pris son manga au fil des tomes, après avoir publié un chapitre détente, entièrement comique.

« J’avais l’impression que ça faisait une éternité que je n’avais pas fait un chapitre entièrement comique. Comme je l’ai déjà dit, je préfère dessiner des mangas moins sérieux, à la base. Rave … est un peu lourd pour mes épaules, […] Mais grâce à Rave … je me suis aperçu que j’étais capable de dessiner des histoires à l’ambiance plus grave. […] Mashima a le sentiment que dans sa prochaine série, il ne sera pas question de sauver le monde … » Hiro Mashima, Rave tome 32, postface

Rave est davantage comique au départ. On pourrait presque dire que c’est une caricature du shonen, avec les nombreux clichés utilisés. Pour autant, on comprend vite que derrière cette surface se cachent de vrais enjeux. Dans ce sens Mashima était bien obligé, à un moment, d’adopter un ton plus grave.

Mais deux phrases en particulier se dégagent de l’ensemble :

« Comme je l’ai déjà dit, je préfère dessiner des mangas moins sérieux, à la base. » et « Rave … est un peu lourd pour mes épaules, »

En lisant les postfaces de Rave, j’ai la sensation qu’Hiro Mashima n’était pas quelqu’un qui avait une confiance absolue en lui, et dont le désir de s’améliorer, notamment en dessin, a souvent été mentionné. Il avait davantage l’habitude de dénigrer son travail que l’inverse.

Tenir l’intrigue de Rave qu’il avait prévu depuis de nombreuses années, représentait un immense poids pour lui, une tâche lourde et ardue qu’il a réussi à mener grâce aux nombreux soutiens qu’il a reçu.

Dessiner quelque chose de plus léger par la suite pouvait donc alléger sa peine … lui permettre de récupérer, de reprendre son souffle pour mieux rebondir.

C’est sans doute pour cela qu’il a réutilisé des chara-designs, des personnages et des noms déjà existant.

C’est sans doute pour cela qu’il ne souhaitait faire qu’une dizaine de tomes à la base. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est l’immense succès de Fairy Tail, dépassant même celui de Rave.

Un autre point intéressant pouvant éclaircir certaines points sont également donnés dans les derniers volumes de Rave. Je ne vais pas spoiler pour ne pas gâcher le plaisir de celles et ceux n’ayant pas encore découvert ce titre, mais je pense qu’on est en droit de se poser une question :

Jusqu’à quel point un auteur peut-il apprécier ses personnages ?

Car c’est dans cette question je pense que se trouve la réponse à des points souvent cités pour critiquer Fairy Tail, et à juste titre.

Rave nous prouve qu’Hiro Mashima sait prendre les bonnes décisions, qu’il sait tenir une intrigue complexe sans trop en dire trop vite. Cette postface nous dit donc encore plus à quel point Fairy Tail doit être pris à la légère.

Les problèmes de Rave

Rave n’est pas pour autant un manga exempt de tout reproche. Certaines décisions d’Hiro Mashima restent discutables, notamment sur la présence de certains personnages dans le groupe principal sans qu’il n’y ait réellement d’explication à leur présence ou qu’ils apportent quoi que ce soit à part l’humour.

Les premiers volumes sont aussi assez lourds à passer. Je parlais des clichés mais on peut aussi reprocher la lenteur de ces premiers volumes, l’introduction étant excessivement longue pour ce qui y est raconté.

Pour rappel Hiro Mashima n’a jamais été l’assistant de personne, il est donc un débutant complet au commencement de Rave, n’ayant que quelques one-shots à son actif lors de la sortie du premier chapitre. Ces problèmes sont donc excusables, surtout qu’ils se règlent très vite, l’auteur prenant rapidement ses marques au moment où son intrigue commence à décoller.

Les dessins peuvent également être repoussants. Le niveau d’Hiro Mashima est très … moyen (pour ne pas dire mauvais, la technique étant quand même bien maîtrisée). C’est lisible et compréhensible (le strict minimum) mais c’est tout. Ceci dit l’auteur ne fera que s’améliorer au fil des tomes, à un tel point qu’il obtient déjà dans les derniers volumes un niveau d’excellence en nous sortant des planches absolument somptueuses à tour de bras. Je vais même jusqu’à penser qu’il lui a fallu une bonne quinzaine de volumes avant de retrouver ce niveau dans Fairy Tail …

D’autres mauvaises langues voudront parler du fanservice, notamment d’un certain genre, j’imagine, mais il n’y en a presque pas et il n’est aucunement gênant comme c’est le cas dans plusieurs scènes de Fairy Tail.

L’origine d’Hiro Mashima

À une époque où il ne pouvait imaginer qu’il deviendrait une personnalité célèbre dans le monde entier, Hiro Mashima a créé le personnage de Plue, puis d’Elie, et ainsi de suite jusqu’au lancement de Rave.

Rave renferme les délires d’un adulte qui veut rester enfant, qui veut s’amuser et rigoler un bon coup. Pourtant dessiner Rave l’a fait devenir mature, l’a fait comprendre ce qu’il était réellement capable d’accomplir.

Rave a fait passer Hiro Mashima de mangaka novice à mangaka accompli, respecté de ses pairs. Rave a prouvé aux yeux de tous qu’un nouveau grand nom du manga était né. Ce n’est pas pour rien qu’Hiro Mashima est encore dans le circuit aujourd’hui, avec près de 100 millions d’exemplaires écoulés dans le monde, et à l’aube de l’adaptation en anime de son troisième manga à longue durée.

Avec Rave, Hiro Mashima a démontré son talent pour la création de personnages loufoques mais aussi dans leur gestion et le message qu’il souhaitait transmettre avec. Avec Rave, Hiro Mashima a prouvé qu’il pouvait développer une intrigue et des propos complexes, matures et denses. S’il ne l’a pas fait ensuite, c’est parce qu’il ne le souhaitait pas.

Rave est une œuvre unique, pas un quelconque recopiage mal inspiré d’un autre titre. Rave est une œuvre qui a fortement marqué ses fans, si bien qu’ils réclament encore aujourd’hui la suite de l’anime, mais Rave est aussi une œuvre qui a fortement marqué son auteur, si bien qu’il continue d’en faire allusion aujourd’hui, de temps en temps, avec des clins d’œil plus ou moins bien placés dans ses titres.

Rave c’est l’origine d’Hiro Mashima, mais aussi son vrai niveau en tant qu’auteur, que scénariste. Imaginez juste ce que serait un manga de cette qualité avec son expérience accumulée après plus de 20 années de carrière, avec l’univers dense et riche qu’il s’est construit, mais surtout avec son niveau en dessin d’aujourd’hui …

En conclusion Rave est un titre à lire, pas uniquement pour comprendre qui est Hiro Mashima, mais aussi parce qu’on prend réellement du plaisir à sa lecture, qu’on est réellement dévoué à la cause de Rave, et parce qu’on a sous les pieds un bijou méconnu repoussé uniquement pour des préjugés souvent fallacieux.

Oui Hiro Mashima n’a rien inventé, mais cela ne l’empêche pas de pouvoir sortir d’excellents titres quand il le désire. Espérons qu’il le refasse un jour, mais sachant qu’il n’a que 43 ans, on a encore le temps de voir venir …

Mes notes

Univers : 18/20

Personnages : 17/20

Intrigue : 16/20

Dessins : 15/20

Moyenne : 16,5/20

Ça y est, j’en ai fini avec Rave. Désormais je dois avoir lu à peu près tout ce qu’Hiro Mashima a publié jusqu’à ce jour. Il ne doit me manquer guère que quelques spin-offs inutiles de Fairy Tail, Monster Hunter Orage et … Mashima-en, son recueil d’histoires courtes en deux volumes qui renferme ses one-shots de jeunesse. J’ose à peine imaginer à quel point ils doivent être perchés.

Je ne crois pas en avoir oublié, mais si c’est le cas dites-le moi (même si j’en parle jamais j’ai lu Monster Soul). En tout cas c’est bien la première fois que j’approche des 100% de mangas lus d’un auteur, malgré les plus de 1 500 volumes que j’ai lu …

Ah si !! J’en ai oublié un : me mettre à jour sur Edens Zero. Le tome 8 traîne dans ma pile à lire depuis longtemps.

En conclusion, je vous dirai juste d’apprécier les mangas d’Hiro Mashima à leur juste valeur.

Merci d’avoir lu cette chronique et à bientôt pour parler de mangas sur Parlons Manga.

15 commentaires sur “Rave, l’origine (et le vrai niveau) d’Hiro Mashima …

  1. Excellent article . Perso je pense que Rave est mon nekketsu prefere car on rentre direct dans le bain y a pas de longeur inutiles comme dans op et tout est parfaitement maitrisé. Les gens seront surpris de voir 2 mangas completmeent different alors que c’eest ecrit par Mashima .

    Aimé par 1 personne

  2. Rien à ajouter… Si ce n’est que dénigrer les titres de Mashima et FT en particulier, comme tu le soulignes, c’est ne pas avoir compris l’essence de son travail. Le gros fuck qu’il fait a ses détracteurs dans Hero’s en est d’ailleurs un bel exemple.

    Aimé par 1 personne

  3. J’adore Fairy Tail mais sans réellement comprendre pourquoi je ne me suis retrouvé ni dans 100 years quest, ni dans edens Zero, ni dans Heros.
    J’ai vraiment envie de découvrir Rave pour aller tâter des origines de Mashima pour mieux comprendre et pour lire une belle œuvre.

    Aimé par 1 personne

    1. 100 Years Quest est sympa mais sans plus, ça fait le boulot mais sans coup d’éclat. Comme tu le sais Edens Zero j’accroche pas non plus, mais je vais essayer de mettre rapidement à jour pour savoir si ça s’améliore ou non. Quant à Heros il faut vraiment pas le prendre au premier degré.
      Sinon tu t’en doutes mais je te recommande fortement Rave, même si c’est 35 volumes (en sens de lecture français) le voyage en vaut le coup.

      Aimé par 1 personne

  4. Très sympa et enrichissant cet article. Surtout pour quelqu’un, comme moi, de non érudit au délire mashimesque, car n’ayant quasiment lu aucune de ces œuvres.

    J’ai bien en ma possession les 2 premiers tomes de Fairy Tail, que je n’avais pas détesté à l’époque, mais dont le courage et l’envie avait dû me manquer à l’époque pour me lancer dans cette longue série. Les critiques récurrentes autour du titre n’ont évidemment pas aidé, et même si c’est bête à dire, mon regard sur les poncifs qu’utilise Mashima a inévitablement été influencé depuis lors.

    Pour autant, je n’ai jamais exclu l’idée de découvrir cet auteur, son Lore, ainsi que ces codes à travers ce qui m’a été vendu comme son œuvre la plus aboutie. Chose que tu confirmes dans cet article en y abordant des points qui m’intéressent bien plus que l’aspect plus léger dans lequel il semble s’être trouvé.

    Car oui, ce que je découvre également en lisant cet article, c’est qu’il est bien facile pour des petits malins assis sur leurs canapés de juger voire caricaturer des auteurs au regard de leurs travaux… mais quand on connaît la pression avec laquelle ils composent, et l’état d’esprit dans lequel leur processus créatif peuvent les conduire, on peut tout à fait concevoir que certains décident de se réfugier dans une certaine zone de confort qui les fait se sentir bien. Si en plus, ils gardent un certain public avec cela (et c’est le cas de Mashima), c’est tout bénef.

    Les plus grands ont eux aussi été impactés à terme par leurs propres œuvres, comme ça a pu être le cas des Inoue avec Vagabond ou même Oda, qu’on adule à juste titre sur de nombreux points, mais qui a choisi après l’ellipse de rester sur ce qu’il savait faire alors que le ton était, je pense, voué dans un premier temps à changer drastiquement (comme l’annonçait les tomes 59 et 60).

    Bref, j’essaierais de découvrir ça peut être en bibliothèque (Manga Café plus précisément) avant éventuellement d’investir sur une série plutôt longue quand même.

    Merci en tout cas pour cette promotion fort intéressante 😉

    Aimé par 1 personne

    1. De rien. Tu as tout dit, c’est facile de critiquer, et dans un sens tout le monde le fait (moi aussi, c’est une critique) mais il y a des fois ça va bien trop loin sans savoir ce qui se passe derrière.

      Aimé par 1 personne

  5. On m’avait offert les 3 premiers tome de Rave y a bien longtemps et j’ai acheté les suivants jusqu’à la fin et franchement j’ai adoré.
    Au début oui c’est lent et basique mais c’est dingue l’évolution de l’histoire et des dessins parfaitement maitrisé.
    Ensuite est sorti Fairy Tail et j’ai eu du mal je voyais les persos de Rave partout, finalement je les ai tous achetés mais jamais lus jusqu’au bout pour l’instant en tout cas pis Eden zero j’ai lu les trois premiers et pas continué…
    Donc pour moi Rave est le meilleur manga de Mashima.
    Très bon article aussi !!!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci. L’intrigue à elle seule prouve à quel point il a maîtrisé ce qu’il voulait faire.
      Et qui sait, peut-être que dans son prochain manga on verra des persos d’Edens Zero partout …

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