Le calvaire Edens Zero / Edens Zero Saga Cosmos Sakura (Tomes 1-12)

Bonjour à toutes et à tous. « Je vous promets un manga encore meilleur la prochaine fois » voilà les mots utilisés par Hiro Mashima en concluant la postface du dernier volume de Fairy Tail en novembre 2017. Moins d’un an plus tard est arrivé Edens Zero, un titre portant les espoirs de toute une fanbase, celle de revoir le Hiro Mashima de sa jeunesse, celui de Rave, qui avance des propos sérieux et matures tout en le bonifiant avec ses 20 années d’expérience et son niveau astronomique en dessin aujourd’hui.

Pourtant force est de constater qu’au Japon comme en France, les lecteurs ont rapidement décroché, moi y compris. Ce qui n’empêche pas une partie du lectorat d’avancer le titre comme étant génial.

Alors qui faut-il croire ? Personnellement j’avais arrêté la lecture d’Edens Zero après le cinquième volume. J’ai repris moins d’un an après sans davantage m’y trouver … Puis j’ai lu Rave, et ai eu envie de lui redonner sa chance en voyant de quoi Mashima est réellement capable. Je suis donc à jour sur Edens Zero, et ai donc terminé ce que l’on pourrait appeler la première partie du manga, la Saga Cosmos Sakura.

Qu’en est-il donc, presque trois ans après le lancement d’Edens Zero ? Le manga est-il bon ou mauvais ? A-t-il le potentiel de devenir le meilleur manga d’Hiro Mashima ou non ?

Le calvaire Edens Zero / Edens Zero Saga Cosmos Sakura (Tomes 1-12)

Auteur : Hiro Mashima

Éditeur : Kodansha (Japon), Pika Édition (France)

Magazine : Weekly Shonen Magazine

Nombre de volumes : 14 (en cours)

Genres : Action, aventure, fantasy, science-fiction

Thèmes : Amitié, technologies, robotique, relations humains-androïdes

Publication : 27 juin 2018 – en cours

Anime : Débute le 10 avril 2021 au Japon, diffusion à venir sur Netflix

Rebecca et son chat Happy débarquent sur la planète Granbell, entièrement peuplée de robots. Pourtant ils y rencontrent un Humain, Shiki, qui assure leur maintenance d’après ses dires. Mais le lendemain, les robots se détraquent et s’en prennent aux Humains, les prenant pour cible pour tous leurs maux. C’est en réalité une ruse pour forcer Shiki à partir avec Rebecca et Happy pour qu’il ne se retrouve pas seul, les robots étant bientôt hors d’usage.

Il découvre alors un monde qui lui est inédit au-delà de la planète où il vivait, et prend la décision en partant à l’aventure de se faire le plus d’amis possibles …

Retour aux sources …

Avec Edens Zero, Hiro Mashima revient à ses bases d’origine, celles du manga d’aventure. Le voyage, la découverte de lieus insolites, la rencontre de personnages divers et variés. Ainsi ce départ nous laisse davantage penser qu’Edens Zero va prendre le chemin de Rave, qui respire l’aventure avec un grand A, que celui de Fairy Tail.

La principale différence avec Rave est qu’il n’y a pas d’objectif fixé dès les premiers chapitres. Shiki veut juste se faire des amis, ce qui laisse une totale liberté à Mashima pour faire ce qu’il souhaite sur ses premiers chapitres. Il peut ainsi présenter et développer l’univers rapidement sans rallonges excessives. De ce point de vue-là, niveau rythme Edens Zero part bien mieux que Rave, on sent que l’expérience d’Hiro Mashima joue en sa faveur, mais il y a un hic : comme il n’y a pas d’objectif fixé vu les antécédents de l’auteur on peut se demander s’il compte réellement être sérieux ou rester dans l’esprit léger de Fairy Tail.

C’est un pari risqué, il l’a pris. Après tout, même dans Fairy Tail il y a un objectif fixé dès le premier chapitre. Ajoutés à cela le développement de l’univers, la tension palpable lors des premières missions, et il est incontestable qu’Edens Zero part moins bien que Fairy Tail, qui est davantage intrigant dès ses premiers volumes.

Les clins d’œil abusifs à Rave et Fairy Tail

Mais là où Edens Zero fait tâche, c’est dans les clins d’œil omniprésents que Mashima place sur ses précédentes œuvres.

Le clin d’œil est plutôt quelque chose de positif à la base. Le titre cité est souvent mis en avant pour le gratifier, comme par exemple dans Dream Team ou le manga Slam Dunk est cité à plusieurs reprises comme source d’inspirations des personnages pour pratiquer le basket. Mais globalement cela reste un phénomène rare, sans doute pour cause de droit, et c’est justement parce qu’il y en a à foison dans les mangas d’Hiro Mashima qu’on le remarque.

Du coup Edens Zero est rempli d’allusions, plus ou moins bien placés, à Fairy Tail mais aussi (et j’ai presque envie de dire surtout) à Rave. Le fait de réutiliser les chara-designs de ses précédents titres en est déjà un premier exemple.

Il suffit simplement de les regarder pour se dire que Shiki ressemble à Natsu et Haru, que Rebecca est un quasi copié-collé de Lucy, qu’Erzy … n’est autre qu’Erza, que Laviria c’est juste Wendy qui a grandi et j’en passe …

Le fait que les personnages de l’auteur se ressemblent entre chaque titre n’est en soi pas un problème. L’auteur a son style graphique, qui après autant d’années de carrière n’évolue plus ou presque plus. Ce qui est dérangeant c’est de repartir sur les bases déjà existantes, à un tel point que ça nous donne l’impression que l’auteur ne se creuse pas les méninges sur ce point.

Ainsi le manga n’a même pas débuté qu’on n’arrive déjà plus à le prendre au sérieux … Surtout qu’à côté de ça il y a bien des personnages sans ressemblance apparente avec ce qui a déjà été fait.

Eux deux, par exemple

Au-delà de ça la réutilisation d’éléments appartenant aux intrigues de ses précédents titres se remarque facilement pour les initiés, ce qui ne serait pas dérangeant si c’était juste une donnée ou deux …

Les exemples sont légions, Oracion Seis, l’Aetherion, le numéro 3173, les exceeds, Plue, etc … Ça fait beaucoup. Et pour certains comme moi ça devenait juste insupportable à un moment. D’autres diront que ce ne sont que des détails, et ils ont raison, mais à force de s’accumuler, on finit par sortir de l’intrigue …

Ces données qui peuvent nous sortir de l’intrigue

Parce qu’au final ces clins d’œil n’empêchent pas au manga d’avancer et de se développer. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là … ils sont loin de s’arrêter même.

Le fanservice

Si mes souvenirs sont bons ça a commencé dans l’arc des Grands Jeux Magiques de Fairy Tail (tomes 31-39), Hiro Mashima a commencé à placer du fanservice gênant et désobligeant à des moments où il n’a pas lieu d’en mettre. Et depuis il se fait plaisir … Force est de constater que ça n’a pas changé dans Edens Zero.

Il suffit de voir la bande à Shiki, les personnages féminins sont en nette majorité. Même les androïdes sont exclusivement à apparence féminine, et si certains en doutent en 12 volumes il a largement eu le temps de tous les mettre en maillot de bain.

Mais comme je l’ai déjà dit, le fanservice n’est pas un problème tant qu’il ne gêne pas l’intrigue. Si les personnages se baignent c’est normal qu’ils soient nus, vous ne vous baignez pas habillés.

Sauf qu’en plein combat avec le personnage féminin qui se retrouve dévêtu pour x ou y raisons grâce au pouvoir de l’adversaire dont on a l’impression qu’il a été conçu uniquement pour ça, les non-initiés vont forcément se poser des questions.

Il y a forcément eu, parmi les lecteurs des premiers volumes d’Edens Zero, certains qui ne connaissaient pas l’auteur et cherchaient à le découvrir plus facilement qu’en achetant ses 100 précédents volumes. Comment veux-tu leur donner de l’intérêt en leur montrant ce genre de scènes humiliantes qui n’a que pour seul but la libido de certains jeunes lecteurs ? (Désolé d’être vulgaire mais c’est le cas) Ça marche peut-être au Japon (et encore vu l’évolution catastrophique des ventes ça ne semble pas être le cas) mais en France non …

Et encore, ça c’est gentil …

Shiki est insupportable

Je ne sais pas vous mais pour moi, le personnage de Shiki est juste insupportable … Plus que ça c’est le déclin qualitatif des héros de Mashima qui est à souligner.

Dans Rave, Haru était un garçon qui s’est vu confier une quête. Il a voyagé, rencontré de nombreuses personnes. Certains sont devenus ses plus fidèles alliés, d’autres ses pires ennemis. Il a livré de nombreux combats, assisté à de nombreux drames. Il a grandi, mûri au fil de son aventure pour donner une réponse à la problématique du monde dans lequel il vit.

Dans Fairy Tail, Natsu a été élevé par un dragon. Sauf qu’un mystérieux jour de l’an X777, ce dragon a disparu. Il s’est alors juré de le retrouver et a ensuite intégré la guilde Fairy Tail. Problème, il ne l’a jamais vraiment cherché, et même si c’est en grande partie due à l’intrigue tournant autour des dragons et de la grande guerre qui les opposa, force est de constater que Natsu ne s’est jamais inquiété de ne trouver aucun indice jusqu’au moment fatidique …

Dans Edens Zero Shiki a été élevé par des robots. Il fit un jour la rencontre d’une humaine avec qui il partira, poussé par ses amis robots dont la durée de vie arrivait à son terme. À partir de ce moment il se fixa comme objectif de se faire le plus d’amis possibles parmi les habitants du cosmos … et c’est tout !!

Comment peut-on se dire qu’il serait intéressant de suivre un personnage dont l’unique objectif est de se faire des amis ? C’est même pas une question d’originalité, c’est juste d’une banalité sans commune mesure. C’est le principe même du shonen nekketsu, que le héros parte seul et rencontre d’autres personnes qui deviendront ses amis par la suite, comme dans Rave typiquement. Mais de là à en faire un objectif …

Car le résultat c’est que Shiki n’a que cette idée en tête et cherche par tous les moyens possibles de devenir ami avec les gens qu’il rencontre, même ses ennemis. Et le voir 15 fois prononcer ce mot dans un tome, quand les autres ne s’y mettent pas à leur tour, la pilule finit par se remplir.

Heureusement, au fil des tomes Shiki commence à comprendre qu’il ne peut pas devenir ami avec tout le monde et, de ce fait, commence à se calmer. Les nouveaux objectifs qu’il va se fixer vont, j’espère, lui permettre de se concentrer sur autre chose par la suite.

Puis au niveau de son background, Shiki semble plus proche de Natsu, avec une origine mystérieuse qui ne demande qu’à être développée. Il a fallu attendre de nombreux tomes avant de découvrir qui était réellement le héros de Fairy Tail, donc de ce point de vue-là il est trop tôt pour se plaindre, c’est davantage le caractère du personnage, son comportement, qui m’empêche de l’apprécier à l’heure actuelle.

Un départ poussif

Avec l’expérience accumulée sur ses deux précédents titres, on était en droit de se dire qu’Hiro Mashima réussirait sans problème les premiers volumes d’Edens Zero, les rendre intéressants pour pousser les lecteurs à poursuivre le titre … Malheureusement, aux nombreux problèmes cités précédemment s’ajoutent le fait que l’intrigue met un temps fou à se mettre en place.

Les premiers volumes de Rave étaient loin d’être incroyables aussi. Le rythme était loin d’être optimal et les clichés les plus banals omniprésents. Il faut attendre quatre, cinq volumes pour que l’intrigue de Rave commence à décoller et à devenir intéressante.

Les premiers volumes de Fairy Tail gomment l’intégralité de ces défauts. On nous présente un univers immense, riche et varié, en nous donnant une tension palpable dès les premières quêtes indiquant que le pire peut arriver à n’importe quel moment, tout en nous montrant une dimension supérieure avec les premiers antagonistes. On est direct dedans, et c’est aussi pour ça que Fairy Tail a si bien marché.

Edens Zero n’est pas entièrement catastrophique sur ses premiers volumes. Mashima présente l’univers immense qu’il a concocté et les premières idées qui sont les siennes pour le développer. Ainsi ce qu’on appellerait l’introduction, si elle est loin d’être extraordinaire, pose les bases et donne envie de lire la suite. Les deux arcs qui suivent sont malheureusement plus proches du pire de ce que sait faire Mashima. Ils sont rushés à l’extrême, ne permettant pas le moindre développement d’un antagoniste totalement oubliable dans le premier, et d’un univers que l’on pourrait croire copié de l’arc Greed Island d’Hunter x Hunter si l’auteur n’était pas un grand fan de jeux vidéos dans le second.

Résultat après cinq volumes, cette introduction aussi longue qu’ennuyeuse, en plus des problèmes déjà cités précédemment, rend le départ d’Edens Zero très poussif. Et pour beaucoup cinq volumes c’est déjà trop pour convaincre.

Mais comme dit au-dessus, Rave aussi a mis du temps avant de décoller. L’intrigue de Rave est complexe et il lui a fallu du temps avant de se mettre en place. Selon moi le Rave que tout le monde idolâtre démarre au tome 9, voire au tome 12. C’est justement au tome 12 que se termine la saga Cosmos Sakura, et au sortir de cette première partie, j’ai l’impression qu’Edens Zero suit le chemin de Rave …

L’intrigue, si mauvaise que ça ? Non !!

« Pour la première fois depuis longtemps (en parution récente, je parle), Hiro Mashima m’a surpris. » Voilà la phrase que j’ai lâché dans le dernier Lectures Manga paru pour parler du dixième volume d’Edens Zero. Pour beaucoup, notamment ceux n’appréciant pas le travail de l’auteur, Fairy Tail représente la base de ce que sait faire Mashima. Hors la base, c’est Rave, même aujourd’hui. Fairy Tail n’a fait que confirmer un style qui a commencé à se dessiner dans Rave et qui se poursuit encore aujourd’hui, permettant à ses mangas d’être uniques et facilement différenciables des autres.

Je parlais d’un problème d’identité sur les premiers volumes d’Edens Zero quand ils sont sortis, comme quoi Edens Zero était trop ressemblant à ses précédents titres. C’est vrai, mais justement, c’est voulu !!

Lire Rave m’a permis de comprendre que la marque de fabrique de Mashima, c’est de partir des mêmes bases pour étoffer un multivers déjà immense après 20 années de carrière. C’est sans doute pour cela qu’on a autant de clins d’œils, ses titres sont tous plus ou moins liés les uns aux autres.

Mais même au-delà de ça, lire Rave m’a permis de comprendre à quel point Mashima sait construire des personnages qui plaisent au grand public, qui marquent les esprits par leur apparence, les drames qu’ils ont vécu et leurs actions présentes.

La maturité des personnages de Rave leur a fait prendre des décisions radicales, pouvant aller jusqu’au sacrifice de leur propre vie. Ils ont lutté de toutes leurs forces pour améliorer un monde qui les a fait souffrir et leur a souvent tout pris.

Si cette maturité n’a pas été retrouvée dans Fairy Tail, force est de constater que le titre regorge aussi de personnages mémorables, qui ont agi pour améliorer leur situation et celles des gens qui les entourent, quitte là aussi à devoir se sacrifier si nécessaire. De plus l’intrigue principale, longtemps laissée de côté du fait que Mashima n’avait rien prévu à l’avance, s’avère loin d’être mauvaise et ridicule quand on voit les questionnements apportés par Zeleph ou Mavis par exemple. Si bien que même des années sans l’avoir lu, des scènes marquantes me reviennent toujours facilement en tête.

C’est finalement la seule chose qui manque aux premiers volumes d’Edens Zero : des scènes marquantes, du niveau du sauvetage de Macao, du niveau du danger représenté par Lullaby.

Car là où tout était prévu à l’avance dans Rave, et là où rien n’était prévu dans Fairy Tail, Edens Zero est entre les deux, avec une base écrite à l’avance, le fil rouge de l’intrigue qui se dénoue au fil des tomes et qui commence à montrer son vrai potentiel.

Ainsi ces personnages que l’on ne voyait que comme des copies conformes de ceux ayant déjà existé, commencent à se dévoiler et à nous intéresser, nous montrant tout le potentiel qu’ils renferment tout en nous permettant de les différencier des autres.

Drakkhen Joe est, sans aucune difficulté, l’antagoniste que l’on retient le plus facilement de cette première partie. Il est dans la lignée des antagonistes de Rave en termes d’objectifs, et globalement en qualité d’écriture. Hardner dans Rave n’a pas de flashback, il raconte juste son histoire en trois pages et c’est réglé, on comprend toute son histoire de la manière la plus simple et lisible qu’il soit. C’est à peu près la même chose ici, tout en ajoutant les faits marquants qui ont fait la grandeur de certains personnages de Fairy Tail.

Avec lui, on sent enfin que l’expérience de Mashima parle …

Car au final au sortir de cette première partie l’intrigue d’Edens Zero semble en place et on commence à comprendre les enjeux qui vont être ceux de nos héros par la suite. C’est dans ce sens-là que je dis qu’Edens Zero suit le chemin de Rave. Avec des idées bien placées et l’immensité de cet univers qui se montre face à nous, Edens Zero a toutes les cartes en main pour devenir le meilleur manga d’Hiro Mashima. Et les derniers volumes de cette première partie semblent indiquer qu’on prend la bonne direction.


Le vrai problème, c’est que les propos avancés restent les mêmes …

« L’amitié est plus fort que tout », « c’est pour défendre nos amis que l’on se bat », « c’est parce que tu t’en prends à nos amis que tu es notre adversaire » … Toutes ces phrases, tout ce discours embellissant l’amitié entre potes, Hiro Mashima l’a déjà rabâché à de maintes reprises. C’est bien, et personne ne peut dire le contraire, le problème c’est que ce discours est complètement identique à ceux de Rave et Fairy Tail, surtout ce dernier.

Et c’est pareil pour les antagonistes qui, comme ceux des précédents mangas descendent le discours sur l’amitié à coups de mièvreries, que c’est pour les faibles et tout ça … C’était déjà présent dans Rave en 1999, nous sommes en 2021.

Je pense que la lassitude de beaucoup vient de là. Hiro Mashima nous vend la même chose qu’il y a 20 ans, un shonen nekketsu ultra classique qui utilise des codes présents depuis des décennies maintenant, sans chercher à les renouveler.

Les lecteurs ont changé depuis l’an 2000, pas l’auteur, ou du moins très peu. Hiro Mashima l’a dit dans Mashima Hero’s, il fait ce qu’il veut quand il veut et se moque complètement des critiques. Soit on le suit dans son délire, soit on ne le suit pas. Et l’évolution des ventes d’Edens Zero montrent que les lecteurs japonais ont fait leur choix : ils ne le suivront pas.

Les ventes parlent d’elles-mêmes, Edens Zero a perdu environ 2/3 de ses lecteurs depuis le début au Japon

La matière a l’air très bonne dans l’ensemble, mais aujourd’hui ça ne suffit plus. Les succès récents montrent qu’ils sortent des sentiers battus, qu’ils ne cherchent pas forcément à innover mais à redéfinir, mais surtout qu’il faut frapper fort dès le départ (et aussi avoir un brin de chance). Chacun cherche à apporter sa plume dans cet édifice de plus en plus immense.

C’est ce qui manque, selon moi, à Edens Zero à l’heure actuelle. La matière est la même que dans ses précédents titres, seule la peinture la recouvrant a changé.

Ceci dit, Hiro Mashima a toujours eu une vision bien plus internationale que ses compères. Il est clair qu’il est plus suivi aujourd’hui à l’étranger qu’au Japon, et il le prend en compte.

Si son discours est et reste aussi basique, aussi universel, c’est justement parce que c’est ce qui a le plus de chance de parler, d’avoir un écho dans le cœur des gens du monde entier, quelque soit leur origine, leur culture et leur histoire.

Du coup, est-ce réellement un problème ? De ce point de vue-là, non.

Hiro Mashima a appris avec Rave, il a compris avec Fairy Tail et il va le glorifier avec Edens Zero, c’est la sensation que j’ai au sortir de cette première partie, bien que très laborieuse.

Il faut juste arrêter d’avoir de trop hautes ambitions selon moi. Ceux qui cherchent à comparer Mashima à des Oda ou Kishimoto, juste parce que Fairy Tail a cartonné et les a rejoint au rang de titre culte, se trompent lourdement selon moi : ils ne jouent pas dans la même cour. Et je ne parle pas de qualité mais bien du contenu proposé et de l’objectif recherché derrière.

Conclusion

Les premiers volumes d’Edens Zero sont un véritable calvaire à passer. Les non-initiés, s’ils ne verront pas les clins d’œil aux précédents titres de l’auteur, vont se demander où ils ont atterri en voyant les scènes fanservice désobligeantes et ces arcs tout autant bâclés que ridicules. Les connaisseurs, vont se dire que Mashima a finalement choisi de suivre l’esprit léger de Fairy Tail au lieu de retrouver le sérieux de Rave.

Après 12 volumes, je commence à voir ce que j’attendais, personnellement, d’Edens Zero, un titre qui bonifie les 20 ans de carrière de son auteur sur ses deux précédents titres à succès en reprenant le meilleur de ce qu’il a fait jusqu’à ce jour.

Le seul problème c’est que 12 volumes c’est trop long, aujourd’hui, pour conserver l’intérêt de lecteurs qui ont face à eux une offre aussi diverse que variée. Il y en a des centaines, des mangas intéressants à lire à côté, alors pourquoi rester sur un titre qui n’arrive toujours pas éveiller notre intérêt après 4/5 volumes ?

Mais, si comme je le pense, Edens Zero est bel et bien en train de prendre le chemin de Rave, qui monte en tension au fil des arcs pour nous offrir un arc final d’anthologie, alors celles et ceux qui réussiront à passer ces 12 volumes vont vivre une aventure spectaculaire, j’en suis certain.

Malgré tout je pense que Fairy Tail restera le manga le plus populaire de Mashima, Edens Zero n’arrivera pas selon moi à aller le titiller sur ce point tant Fairy Tail a marqué les esprits. Mais au niveau qualité rien n’est moins sûr. Seul l’avenir nous le dira …

Maintenant j’ai envie de vous suivre …

PS : Graphiquement, passer de Rave à Edens Zero est un choc, Mashima est devenu un dieu en dessin, son niveau est juste stratosphérique aujourd’hui.

PS (2) : Surtout pour les personnages féminins … Ah mais c’est pour ça !!

PS (3) : Les illustrations couleur aussi, vous en avez vu plusieurs mais elles sont toutes parmi les plus belles de toute la carrière de Mashima.

Mes notes

Univers : 15/20

Personnages : 13/20

Intrigue : 12/20

Dessins : 19/20

Moyenne : 14,75/20

… Encore un sacré morceau qu’on vient de passer. N’empêche c’est la troisième chronique qui sort en trois mois, j’ai l’impression d’être revenu à mes débuts de blogueur en 2017. Ceci dit rien n’indique que ça va continuer.

Je cite Dream Team plus haut, et il est vrai que je n’en ai pas fait dessus. Entre nous je préfèrerai avoir la fin du manga (qui est presque terminé) avant de le faire, mais la question c’est plutôt quand arrivera-t-elle …

Mais avec Rave et Edens Zero, Fairy Tail est désormais le seul manga de Mashima dont il n’y a pas de chronique sur Parlons Manga. Fairy Tail avait fait l’objet de ma toute première chronique en juin 2017 (donc quelques chapitres à peine avant la fin) où j’ai sévèrement critiqué l’arc final que, vous le savez peut-être, j’ai détesté.

Même si j’ai encore très bien le manga en tête (je me souviens toujours de presque tout) je pense qu’une relecture est nécessaire avant d’écrire dessus. Surtout que je n’ai presque rien à lire en ce moment, les sortir du placard et les enchaîner au rythme de 2/3 volumes chaque soir est largement faisable, ce qui rend possible la sortie d’une chronique dessus dans un mois et demi (au moment où j’écris ces lignes) … La semaine de mon anniversaire !!!

Donc je ne vous promets rien, même si je vous aurai prévenu si je commençais la relecture de Fairy Tail, mais ça permettrait de boucler la boucle.

Merci d’avoir lu cette chronique, j’espère qu’elle vous a plu. Il n’y aura probablement plus grand chose ce mois-ci mais on se retrouve quand même prochainement pour parler de mangas sur Parlons Manga.

14 commentaires sur “Le calvaire Edens Zero / Edens Zero Saga Cosmos Sakura (Tomes 1-12)

  1. encore une fois excellent article. Je peux pas vraiment juger l’oeuvre car je pense que j’ai lu 50 chaps à sa sortie et du jour au lendemain j’ai arrété car manque de temps et je vais me replonger dedans dans l’animé.

    Aimé par 1 personne

    1. Je te comprends tout à fait, 50 chaps ça correspond à peu près au tome 6, je m’étais arrêté à cet endroit quasiment la première fois …
      Je ne compte pas regarder l’anime, le manga me suffit, donc je n’en parlerai pas. En tout cas au Japon il n’a pas l’air d’avoir d’impact sur les ventes, aucun ancien volume n’est revenu dans le Shoseki …

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        1. En vrai il y en d’autres des mangas qui sont ou ont été dans la même situation qu’Edens Zero niveau vente au sein du Magazine et ils ne se sont pas faits arrêter. Puis 20k en une semaine ça reste plus que suffisant pour ne rien risquer. Après oui, le fait que ce soit Mashima aide beaucoup …

          Aimé par 1 personne

  2. I have always thought that Hiro Mashima’s biggest mistake is to make a story thinking about his readers, but not about his « objective » since the opinions of the fans influence the development of the story, that I think has hurt him.

    If you are not aware of it, I recommend that you read the afterword of volume 5 of Edens Zero, mashima felt « uncomfortable » up to this point in the story and coincidentally in Mildian (volume 6) the story improves a lot (in fact, from this volume I became interested in this manga) I feel like I wanted to develop it in a way, but simply couldn’t.

    Edens Zero in general is a story that has a very interesting universe and that for the moment has developed well, as you say, like Rave, this manga takes time to become interesting, but patience rewards and I think that mashima is having « freedom « and that is reflected in the current chapters.

    I also agree that Fairy Tail has the best start of the three series, in fact, so far FT has the best world of mashima, it was so interesting and fun that unfortunately he did not know or did not want to explode.

    Finally, it is a pity that we do not know how Rave’s sales behavior was to make a comparison, but I think the anime is going to help, or so I hope, although it seems that that momentum that the series so badly needs is going to delay.

    Hiro mashima I think he can compete with Kishimoto, after all Kishi wanted to do something similar with Hachimaru 8 and that series had no head or tail and was a total failure, with Oda the only thing that could compare it is with the imagination of creating worlds very fantastic and interesting, but otherwise Oda is far superior.

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  3. J’ai bien apprécié la lecture de ton article, et j’ai pris plaisir à comparer ta situation à la mienne, qui est très différente.

    J’avais commencé la découverte de Mashima avec Edens Zero, et après deux tomes qui m’avaient énormément plu, j’ai déchanté et arrête après 5 volumes.

    Mais entre temps je me suis lancé dans Fairy Tail en médiathèque, et j’en suis devenu accro comme tu le sais, si bien que j’ai voulu redonner sa chance à Edens Zero, et en enchaînant les tomes 6 à 13, je suis devenu aussi accro. J’y vois même un potentiel vraiment énorme pour la suite malgré l’absence d’Erza…

    Du coup je pense que certains points qui sont à tes yeux des défauts, et que je comprends tout à fait, n’en sont pas pour moi.

    Les récurrences d’une serie à l’autre me plaisent beaucoup, tout comme le fanservice qui me faisait beaucoup tiquer au début, mais dont je ne souhaiterai plus me passer désormais. Si je lis Mashima, c’est aussi pour qu’il y ait plein de personnages féminins, et pas toujours très vêtues 😅
    Pareil pour tout le discours autour de l’amitié qui me va bien, et de toute façon, je suis très sévère de base avec les thématiques des nekketsu qui a deux ou trois exceptions près me semblent surtout une redécouverte de l’eau chaude et des choses incroyablement bateau (type les méchants qui sont méchants pzrce que le monde a été méchant avec eux…).

    En dehors de ça, je pense qu’on se rejoint sur certains points, notamment ceux qui ne peuvent pas faire débat comme sa maîtrise visuelle de plus en plus phénoménale.

    Bref ! Article vraiment très réussi, bravo à toi !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci. Mon idée était vraiment de mettre en parallèle la situation d’Edens Zero à celle de Rave et Fairy Tail, qui sont en soi les seuls mangas avec lesquels on peut le comparer.
      Je peux comprendre que certains apprécient le fanservice, il ne le ferait plus si ça ne plaisait à personne, ou pour ce discours sur l’amitié, qui comme je l’ai dit est ce qui a le plus de chance de toucher du monde, mais c’est aussi pour ces raisons-là que certains se plaignent.

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      1. Oui, j’ai effectivement conscience, pour en avoir déjà parlé avec d’autres personnes, que les tics de Mashima sont autant de raisons pour lesquels certains l’apprécient et que d’autres ont du mal.

        Moi par chance j’aime vraiment beaucoup tous ces aspects donc je prends mon pied en le lisant.

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  4. Superbe article, j’ai pris un vrai plaisir à le lire 😁 Ça confirme mon envie de ne pas commencer Eden Zero, j’avais bien aimé Fairy Tail, mais sans plus. Ça restait une bonne lecture, mais il n’y à jamais eu l’étincelle qui m’a fait vraiment accrocher.

    Si comme tu le dis, il faut 12 tomes pour que ça se lance vraiment, je passe.

    Mais je vais commencer Rave, j’en entend que du bien et je suis curieux de voir ce que donne la première œuvre de Mashima, surtout que tu vends bien le truc.

    Pour le recyclage de personnages, c’est du Mashima et comme tu le dis, il assume le truc et c’est son choix, si ça fonctionne, tant mieux. Il aura son public, mais je pense qu’Eden Zéro sera sa dernière série, si elle dure sur le long terme, s’il en fait une quatrième avec le même chara design pour les personnages, ça passera pas auprès des fans de la première heure.

    J’ai rien contre le style de l’auteur, mais j’avoue qu’il a un sacré coup de crayon et il a sa propre patte et c’est reconnaissable entre mille. Je suis pas fan, du copier/coller sur le design des perso, mais n’ayant lu que FT, je ne jugerai pas

    Aimé par 1 personne

    1. Ça commence à devenir intéressant au tome 6, mais pour moi c’est vraiment au tome 10 que le manga change de dimension, pour passer de passable à intéressant. Le manga est prometteur, mais c’est tout.
      Il faut aussi un certain temps avant que Rave décolle, après ça va dépendre de comment chacun le perçoit car c’est possible d’apprécier ses premiers volumes. Ce que je peux t’assurer c’est que Rave ne fait que monter en puissance.

      Aimé par 1 personne

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