Fairy Tail, l’ode à l’amitié

Bonjour à toutes et à tous. Il y a neuf ans, au mois de juin, ma soif de découverte m’a poussé à débuter Fairy Tail. De cette décision a découlé tout ce qui est arrivé jusqu’à me mener ici aujourd’hui, me faisant vivre toutes sortes d’émotions avec ce titre et tant d’autres que j’ai découvert ensuite.

Il y a un peu plus de quatre ans maintenant j’ai ouvert mon premier blog. Et le premier manga dont j’ai écrit une chronique (en juin) n’était autre que Fairy Tail … Le manga d’Hiro Mashima était alors sur le point de se conclure et mon avis sur le manga était déjà bien tranché. La fin m’ayant davantage déçu que satisfait à l’époque je n’ai jamais retouché au titre depuis, de peur que mes sensations en le lisant changent …

Jusqu’à cette année ou dans la continuité d’un Seven Deadly Sins je me suis dit qu’il était temps que je reconsidère mon avis sur ce titre autant décrié qu’apprécié, ce titre qui a changé ma vie en faisant de moi plus qu’un lecteur, un fan de mangas.

Du coup après avoir enfin fini Rave et avoir été conquis par ce dernier de bout en bout, et après avoir ENFIN accroché à Edens Zero la relecture de Fairy Tail était devenue pour moi une évidence.

Fairy Tail, l’ode à l’amitié

Auteur : Hiro Mashima

Éditeur : Kodansha (Japon), Pika Édition (France)

Magazine : Weekly Shonen Magazine

Nombre de volumes : 63 (terminé)

Genres : Action, aventure, fantasy

Thèmes : Amitié, famille, pardon, magie, dragons, démons, vie et mort, etc …

Publication : 2 août 2006 – 26 juillet 2017

Anime : 328 épisodes diffusés en plusieurs parties entre le 12 octobre 2009 et le 29 septembre 2019

Je précise (puisque apparemment je suis encore obligé de le faire) que tout ce que vous allez lire ici comme sur n’importe quelle autre chronique ou simple avis lecture sur ce site, ne représente que mon avis. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi tant mieux le but est simplement de partager mon ressenti sur une lecture, qu’elle soit positive ou négative …

Mes erreurs sur Edens Zero …

Avant de commencer, petit paragraphe pour reparler de la chronique sur Edens Zero. Vous êtes beaucoup à ne pas l’avoir apprécié (ce que je peux comprendre). Ma réaction sur Twitter vient du fait que beaucoup disaient ne pas avoir lu jusqu’au bout (ce qui était clairement nécessaire cette fois-là pour comprendre ce que je pense).

Avec le recul j’avoue avoir fait quelques maladresses dessus : je n’ai pas précisé que je parlais uniquement du chapitre 1 pour l’objectif de Shiki. Je suis bien sûr au courant de la quête de Mother et j’aurai dû préciser au moins l’un des deux. Mais aussi un deuxième point sur lequel nous allons revenir plus loin et le troisième qui y est en partie lié : j’aurai dû relire Fairy Tail avant de me mettre à jour sur Edens Zero.

Pourquoi ? Qu’on soit d’accord sur une chose les mangas de Mashima sont tous indépendants les uns des autres, on peut lire Edens Zero sans avoir lu les deux autres, ça ne posera aucun problème. Ce que je veux dire c’est que certains détails sur lesquels j’ai réagi dans ma chronique je ne les aurai peut-être pas autant souligné, ou en tout cas pas été autant négatif si j’avais relu Fairy Tail avant.

Malgré tout cela ne change en rien le fait que je pense tout ce qui a été écrit dans cette chronique et je ne reviendrai pas dessus ici en dehors de ce deuxième point que nous allons évoquer plus loin …


Il sera question uniquement du manga Fairy Tail d’Hiro Mashima. L’anime, comme aucun des spin-offs, préquelles ou suites ne seront abordés dans cette chronique.

Lucy est une jeune magicienne indépendante. Elle souhaite intégrer la fameuse guilde Fairy Tail. À Harujion, alors qu’elle tombe sous le sort d’un magicien néfaste disant se nommer Salamander, un garçon prénommé Natsu la sauve. Natsu recherche son père, Ignir, un dragon, et a pensé que Salamander avait un lien avec lui. Ce dernier n’a pas dit son dernier mot et invite Lucy sur son bateau, lui disant appartenir à Fairy Tail pour l’amadouer. Le piège se referme mais Natsu intervient, il appartient à Fairy Tail, balaye l’usurpateur en détruisant le port avant d’emmener Lucy avec lui, pour intégrer cette célèbre guilde.

Pour qu’il n’y a pas d’ambiguïté entre nous je vais vous dire tout de suite ce que je pense de Fairy Tail avant de m’expliquer par la suite : j’adore Fairy Tail, je l’ai toujours adoré et s’il est vrai que le dernier arc m’avait globalement dégoûté à l’époque je gardais de très bons souvenirs de ce titre.

Ma relecture, comme pour Seven Deadly Sins, me fait clairement changer d’avis, mais pas dans le même sens. Si j’ai tant repoussé cette lecture c’était par peur de ne plus apprécier, et force est de constater que le résultat est l’inverse : C’EST UNE DINGUERIE !! Fairy Tail est un manga absolument incroyable. Comment peut-il être autant décrié alors qu’il remplit son job à la perfection ?

Un univers infini

L’univers de Rave est bien délimité, celui d’Edens Zero est grand, très grand, et celui de Fairy Tail nous n’en connaissons même pas ses limites. Car entrer dans Fairy Tail c’est entrer dans un univers infini, aux possibilités immenses que seule la créativité de l’auteur pourra limiter.

La magie, élément prépondérant à ce monde, est ce qui le montre le mieux. Il en existe de toutes sortes, nous permettant d’obtenir un peu tout ce que l’on souhaite.

On peut ainsi voir plusieurs fois le même type de magie sans que celle-ci soit utilisée de la même manière, nous permettant d’approfondir l’expérience de sa découverte, de mieux la comprendre et de mieux l’apprécier.

C’est clairement un des points forts du titre, on ne voit jamais deux fois la même magie utilisée de la même manière, et ce malgré la longueur du titre. L’auteur a réussi jusqu’au bout à se renouveler constamment dans ce domaine.


La large palette de personnages est également un point fort. Au fil de leur développement on a pu voir l’univers autour d’eux s’élargir et se dévoiler, nous montrer sa richesse inestimable tout en conservant une part de mystère. Chaque arc apporte ainsi sa pierre à l’édifice, permettant d’agrandir le fruit des possibilités, des choix que l’auteur pouvait faire et pouvait prendre pour faire avancer son œuvre.

Et le plus incroyable est sans doute de se dire que l’univers continue de s’étoffer même au-delà, notamment dans sa suite actuellement en cours. Preuve, s’il en est, que l’univers de Fairy Tail ne trouvera jamais ses limites … Mais nous n’en parlerons pas davantage ici.

La guilde, cette famille que l’on veut tous

C’est bien, d’avoir un univers aussi immense permettant de créer à peu près tout ce que l’on souhaite sans contrainte, mais ça ne fait pas un bon manga. J’imagine que beaucoup, après Rave, ont imaginé à l’époque qu’Hiro Mashima poursuivrait sur la même voie, avec une œuvre dense et sérieuse tout en restant accessible à tous. Je pense que la plupart ont compris au bout d’une vingtaine de volumes que ce ne serait pas le cas.

Alors de quoi parle Fairy Tail ? Est-ce qu’il y a au moins un message que l’auteur souhaite transmettre ?

Personnellement je pense qu’un manga qui n’a rien à raconter, rien à partager, ça n’existe pas. Tous les mangas, même les plus basiques, cherchent à partager un message, des valeurs et des sentiments. Même un titre qui ne serait que l’adaptation d’un autre support en a au moins un (pour un jeu vidéo ce serait « achetez le jeu » par exemple …).

Donc oui Fairy Tail n’est pas dénué de valeurs et d’un message, qui pour le coup est assez simple :

« Fairy Tail c’est juste une guilde où se réunissent ceux qui n’ont plus de maison, qui n’ont plus nulle part où aller, où même ceux qui souhaitent simplement venir. Tout le monde est le bienvenu dans cette famille chaleureuse et bienveillante que l’on veut tous. Et tous ceux qui oseraient s’en prendre à cette famille le paieront très cher.« 

C’est tout. Au-delà de son statut de guilde Fairy Tail est la représentation de la famille idéale, où chacun s’entraide, se protège et se respecte. Et celui qui viendrait à manquer à ces fondements recevrait une bonne leçon, comme un parent corrigeant son enfant.

Ce que Fairy Tail cherche à nous dire c’est que tout le monde a le droit de trouver un endroit où se poser, que tout le monde a le droit d’être aimé, d’être pardonné s’il s’est trompé.

Ainsi nos héros que l’on suit n’ont qu’un simple objectif : vivre simplement entouré de ceux qu’ils aiment, sans se prendre la tête. La survie du monde ne les intéresse pas, son évolution non plus, tant qu’on ne s’attaque pas à eux ils ne réagiront pas, car ça ne les intéresse pas.

Et on en vient presque à oublier la quête principale de Natsu, qui passe limite comme secondaire tant ce lien de famille passe au-dessus de nombreuses fois …

La puissance des liens, la puissance de l’amitié

C’est pour cela que Fairy Tail est un manga universel. Ce thème de la famille est sans doute le plus basique de tous. Car ces personnages, malgré leurs différences, leurs origines diverses et leur sombre passé, vont réussir à nous toucher comme peu dans d’autres mangas sont capables de le faire.

C’est simple de se mettre à leur place, de s’imaginer jeune mage perdu, sans famille, qui vagabonde sans destination et qui tombe sur cette guilde déjantée remplie d’étrangers, et qu’on invite simplement à rester, sans la moindre contrepartie, en nous souhaitant la bienvenue avec chaleur et bienveillance.

Comment ne pas se sentir touché, quand on voit ses personnages qui ont tant souffert, quelque soit la méthode, trouver bonheur et joie de vivre ? Comment ne pas se sentir concerné, quand on voit qu’on s’attaque à cette famille et aux symboles d’amitié, d’entraide et de pardon qu’elle partage ?

Car le pardon est aussi une des forces de Fairy Tail. Le fait d’accepter que l’on peut se tromper, que l’on peut commettre des erreurs, des crimes même, et de voir qu’on est prêt à pardonner à partir du moment où on voit que cette personne est prête à se racheter, à se rembourser et à se dévouer corps et âme au bien-être de tous, c’est loin d’être facile et c’est fort de voir ses personnages y arriver si facilement. C’est fort de les voir accepter d’accueillir ceux qui les ont fait souffrir, d’aider ceux qui ont commis les crimes les plus atroces, quitte à s’attirer les foudres des autres.


C’est de là, selon moi, que vient l’intérêt d’un des faits les plus décriés du titre : le pouvoir de l’amitié.

Il faudrait d’abord définir de quoi on parle. Le pouvoir de l’amitié c’est cette puissance, ce pouvoir supplémentaire que le personnage acquiert en plein combat pour sauver celles et ceux qu’il aime.

Fairy Tail est un manga qui prône l’amitié, l’amour et plus généralement les sentiments envers les autres comme valeurs et moteurs essentiels pour vivre et avancer ensemble. Voir les personnages se motiver pour cela est donc logique, mais le voir rendre plus forts de nombreux personnages peut paraître étrange s’il n’y a pas d’explications préalables.

Et justement tout au long du titre on nous le rabâche, on nous fait bien comprendre et on nous explique bien à quel point, dans ce monde, ce pouvoir est puissant. L’amitié, l’amour que l’on porte à ses proches peut permettre de régler tous les conflits si ces sentiments sont suffisamment puissants. Dans la mesure où l’enjeu de la plupart des arcs de la série est la survie d’un/de plusieurs membres de la guilde (si ce n’est la guilde entière parfois) il est logique que ce pouvoir fasse son apparition et qu’à la fin nos héros triomphent toujours.

Un manga sans intrigue ? Vraiment ?

Certes, l’enjeu est souvent le même dans chaque arc, mais pour autant Fairy Tail n’en reste pas moins dénué d’une intrigue principale qui va occuper une place majeure dans la deuxième moitié du titre … Oui, la deuxième.

Hiro Mashima l’a régulièrement avoué, puis rappelé, il n’avait rien prévu à la base, avançant son manga à la semaine, sans penser à ce qui se passerait ensuite. Ce qui se ressent bien dans les premiers arcs narratifs de la série qui semblent totalement déconnectés les uns des autres.

Ces arcs n’ont souvent qu’un fil les reliant, permettant de passer de l’actuel qui se termine au suivant sans que cela paraisse étrange. Mais à chaque fois les personnages et les groupes en question n’ont (presque) aucun point en commun. À un tel point que changer l’ordre de ces arcs n’aurait que peu d’influences sur le titre. Vous oseriez changer l’ordre d’apparition de deux arcs de One Piece ? C’est impossible, on est d’accord, ici, sur les 15 premiers volumes ça ne poserait presque pas de problème.

Mais à partir d’un stade dans la série ce n’est même plus envisageable …

Pour autant, on est en droit de se demander si certaines choses n’ont pas été prévues à l’avance, si l’intrigue n’était tout de même pas un peu préparée en amont. Et en fait, c’est assez difficile à dire …

Hiro Mashima n’a pas commencé Fairy Tail sans idées, ou alors ce serait suicidaire. Après tout on parle très tôt de celui qui deviendra l’antagoniste principal de la série, et si certaines données ou révélations semblent sortir de nulle part d’autres semblent clairement avoir été travaillées pour entrer dans une intrigue qui s’est construite au fil des tomes.

Si bien que malgré ma relecture intégrale du titre, je n’ai trouvé aucun problème majeur, aucune incohérence qui ferait perdre sa crédibilité au titre. Tout marche et tout passe sans que cela nous paraisse bizarre.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’incohérences, les lecteurs n’ayant souvent pas loupé l’auteur dans les questions-réponses présentes en fin de volume, pour autant rien ne dérange la quête principale, l’intrigue et les enjeux en place autour.

D’ailleurs Hiro Mashima indique lui-même un point intéressant dans une de ces postfaces : aucun manga prépublié en hebdomadaire n’est entièrement préparé à l’avance. Le rythme de publication est tellement intense qu’il y a forcément des points ajoutés en cours de route. Avec cela il se raccroche à la norme, tous mangakas, même ceux disant avoir tout prévus à l’avance, ont ajouté du contenu à un moment, et au final, comme le dit Mashima également dans cette même postface, l’objectif est de rester cohérent avec ce qui a déjà été dit, de ne pas dénaturer le titre avec ces ajouts, ce qui pour le coup est réussi avec Fairy Tail.

Les problèmes de Fairy Tail

Le fanservice

Le point qui fâche … Vous savez que je ne supporte pas l’idée de voir un personnage se retrouver à moitié nu de manière ridicule sans qu’il y est une raison suffisante pour le faire. Ma relecture n’a rien changé à cela, au contraire, la gêne que je pouvais ressentir à l’époque reste la même.

Soyons honnêtes, Hiro Mashima aime bien taquiner ses personnages, peut-être un peu trop, les mettre dans des situations farfelues, le tout pour servir l’humour. Le truc, c’est qu’il s’en sortait déjà très bien avant de dénuder ses personnages … Puis n’oublions pas que l’objectif initial reste de vendre.

Tant que cela reste dans des phases « détente », en fin d’arc, ça ne pose aucun problème. L’auteur, mais aussi les lecteurs et surtout les personnages se relâchent après une phase de tension majeure où notre guilde s’est retrouvée en danger (même s’il existe d’autres moyens de le faire). Mais quand ces phases sérieuses où des enjeux majeurs sont en cause celui-ci n’est pas toujours nécessaire. Tout le monde ne réagira pas de la même manière bien sûr, mais ici les réactions seront souvent opposées, soit on aime, soit on n’aime pas.

Ce qui n’empêche pas qu’à certains moments ce fanservice est utile !! Quand un personnage se retrouve humilié, pour servir son développement ou faire avancer le scénario, le fanservice sert au manga, et donc ne dérange plus. On est dans ce cas dans une phase sérieuse où il y a une raison acceptable et compréhensible de voir un personnage se retrouver dans cette situation.

Et je ne parle pas des autres formes de fanservice (comme faire davantage apparaître un personnage qui plaît aux lecteurs alors que celui-ci ne devait pas devenir important) bien présentes et dont Mashima lui-même ne se cache pas.

Les choix, parfois difficiles à comprendre, d’Hiro Mashima …

Certains choix d’Hiro Mashima relèvent du génie, pouvant relancer notre intérêt pour le titre au moment où celui-ci commence peut-être à s’essouffler, ou permettant d’encore agrandir cet immense univers et de faire avancer nombre de personnages (tomes 16 et 30, c’est à vous que je pense). D’autres, par contre, même en y réfléchissant, restent difficiles à comprendre.

Il arrive une fois dans le manga, quand un arc se termine, où l’auteur lance une nouvelle intrigue qui pourrait nous mener à des révélations dantesques … et il coupe tout d’un coup, sans hésitation ni explication, pour lancer un nouvel arc qui n’a aucun rapport … Heureusement cela aura des répercussions plus tard mais au moment de la lecture on se demande vraiment si l’auteur est sérieux.

À mon avis beaucoup ont commencé à se poser des questions à ce moment-là. Car à ce stade, on est encore dans le Fairy Tail « sympa » (en opposition au Fairy Tail plus « sérieux » de la deuxième partie). Et un autre évènement qui arrive quelques tomes après, tout aussi étrange tant il concerne un personnage n’ayant plus aucun intérêt à apparaître, va sans doute finir d’en achever plusieurs …

C’est là qu’il est important, je pense, de comprendre ce que veut vraiment nous transmettre Fairy Tail : la puissance de l’amitié, de ces liens d’amour et d’entraide qui dépassent ceux du sang, quitte à n’avoir aucun sens logique.

Les combats, exemple symptomatique de l’évolution du titre …

Cela me permet de rebondir sur un autre point, les combats, et leurs conclusions notamment. Ceux-ci sont loin d’être idiots à la base. Il y a toujours une explication logique qui permet de comprendre pourquoi nos héros l’emportent. Le problème, c’est que ces explications logiques vont petit à petit disparaître pour laisser place aux power-up (quand il y en a) plus ou moins insensés qui viennent régler une situation désespérante.

Jusqu’à qu’on finisse en totale roue libre, à la fin, où il n’y a plus la moindre explication : « tel personnage gagne parce que c’est tel personnage » sous-entendant un « t’as toujours pas compris ? » aux haters.

Car la réponse reste le pouvoir de l’amitié, encore. Et c’est là que je pense que les combats démontrent bien l’évolution du titre : c’est toujours la même chose, si bien qu’un sentiment de lassitude finit par s’installer.

Oui Fairy Tail c’est génial mais Fairy Tail s’essouffle, à force de nous montrer des combats ayant toujours les mêmes conclusions, à force de nous montrer des fausses morts auxquelles on ne croît plus à force tellement il y en a, on commence à se lasser à un certain point. Si bien qu’une intrigue même excellemment bien menée jusqu’au bout ne suffit plus.

Au final …

Le principal problème ne serait-il pas l’attente des lecteurs ?

Beaucoup ont lu Fairy Tail par curiosité, surpris de son succès en France, qui dépasse de loin son succès au Japon. Du coup il est probable que leurs attentes furent très élevées, beaucoup trop du coup puisque Fairy Tail n’est pas un manga à prendre au sérieux, qui n’a rien inventé et qui n’en avait surtout pas l’intention …

Car réfléchir en lisant ce manga est sans doute la principale erreur que beaucoup (dont moi) ont fait à un moment donné …

Lire Rave pour mieux comprendre Fairy Tail

« Mashima a le sentiment que dans sa prochaine série, il ne sera pas question de sauver le monde … » Hiro Mashima, Rave tome 32, postface

12 ans plus tard je pense que tout le monde se remémorant cette phrase a envie de rire. Pourtant c’est bien là, dans cette postface où Hiro Mashima revient sur l’évolution de Rave, manga comique devenu sérieux et complexe, que se trouve les raisons expliquant pourquoi Fairy Tail est un manga sans prise de tête, où rien n’était prévu au départ.

Car l’objectif initial était de dessiner quelque chose de simple. Et pour le coup on peut dire qu’il a réussi. Fairy Tail ne demande pas un effort intellectuel intense, on lit, tranquillement posé à siroter un jus frais en se prélassant au soleil (j’abuse, bien sûr, mais vous voyez l’idée).

J’ai donc envie de rebondir sur ce paragraphe qui portait le même nom dans la chronique sur Rave. Si 10 tomes étaient prévus à la base, c’était pour pouvoir lancer un nouveau titre sérieux par la suite. Or les premiers éléments majeurs de l’intrigue sont dévoilés au tome 13. Ce que je trouve intéressant c’est que finalement Fairy Tail a à la fois servi de repos et de rebond à Mashima. Le succès du titre a sans doute bien aidé à lui donner envie de poursuivre mais finalement l’un n’empêchait pas l’autre.

C’est pour cela qu’il ne faut pas négliger l’importance de Rave, c’est LE manga d’Hiro Mashima avant Fairy Tail (et pas uniquement pour des raisons chronologiques). Et Fairy Tail n’a fait que confirmer l’immense talent de cet auteur pour réussir à recoller les morceaux éparpillés pour faire tenir debout le tout.

Les clins d’œil (abusifs ?) à Rave …

Vous avez tenu bon, j’espère. Nous allons revenir sur le deuxième point que je considère comme une erreur dans la chronique sur Edens Zero : les clins d’œil abusifs aux précédents mangas de l’auteur.

Je savais qu’il y en avait dans Fairy Tail (rien que Plue déjà …) mais je pensais qu’il y en avait très peu par rapport à ce qu’on nous sert dans les premiers volumes d’Edens Zero. Finalement je m’aperçois qu’il y en a beaucoup, peut-être même plus que dans Edens Zero, mais surtout qu’il y en a tout le temps !! Même dans l’arc final, plus de 10 ans après la fin de Rave il y en a encore.

La principale différence c’est que là où dans Edens Zero ces clins d’œil apparaissent au premier plan, dans Fairy Tail ils sont souvent au second, cachés derrière une foule ou suffisamment petits sur l’image pour bien signifier que ce n’est pas ça le plus important.

Double page couleur du premier chapitre, déjà le deuxième clin d’œil vu qu’il y a une page avant …

Par exemple des créatures ressemblant beaucoup à Griffon Kato apparaissent dans le premier chapitre de Fairy Tail. Si vous ne les cherchez pas vous ne les verrez peut-être pas, ils sont subtilement placés pour ne pas être au premier plan tout en restant bien visibles. Et il y en a d’autres ensuite dans ce genre. C’était limite un jeu entre l’auteur et les lecteurs. Clairement sur ce point Mashima ne se prend plus la tête dans Edens Zero …

Mais du coup est-ce réellement un problème ?

Je n’en suis plus si sûr. Malgré tout je continue de penser qu’il y en a trop, même si au final j’ai plutôt l’impression que Mashima s’est calmé.

Au moins cela confirme ce que je pensais déjà, sans connaître ses précédents titres on ne peut pas voir ces clins d’œil. Avant cette chronique cela devait faire 7 ou 8 ans que je n’avais pas relu Fairy Tail dans son intégralité. Je ne connaissais pas Rave à l’époque, comment aurait-je pu deviner, même si Mashima le dit dans certaines postfaces, qu’il y ait autant d’éléments, qu’ils servent ou non à l’intrigue, pompés de son précédent titre ? Ce n’est pas possible.

Conclusion

Fairy Tail n’a jamais eu la vocation et encore moins la prétention de vouloir devenir un grand manga. Rivaliser avec One Piece ou Naruto, qu’il a aujourd’hui rejoint au panthéon des shonen cultes en France, n’a jamais été un objectif. Fairy Tail souhaitait juste nous faire passer du bon temps, nous relaxer en nous donnant un titre sans prise de tête que tout le monde, quelque soit son origine et la culture dans laquelle il baigne, peut comprendre et apprécier.

Et c’est justement pour ça que Fairy Tail est devenu un succès mondial, parce qu’il est un manga universel, un titre qui s’ouvre au monde en brassant les thèmes les plus purs, les plus proches de nous tant ils nous concernent tous.

Les personnages sont clairement la partie la plus réussie du manga. Ce sont eux qui donnent son aura au titre, tant ils savent nous atteindre par leur histoire, leurs blessures et leur volonté d’aller de l’avant.

Du début jusqu’à la fin ils savent nous parler, nous toucher, nous donner envie de suivre leurs aventures et même de les rejoindre.

Du début jusqu’à la fin ils suivent leur ligne de conduite, avançant leurs liens d’amitié, leurs sentiments, comme principal moteur leur permettant de tenir malgré les épreuves et les tragédies qu’ils ont traversé et qu’ils vivent encore dans le présent.

Fairy Tail, plus qu’une guilde, c’est l’appartenance à un groupe, le sentiment d’exister pour quelqu’un simplement en portant ce même sceau symbolique qui veut tout dire.

Fairy Tail, plus qu’une guilde, c’est la lutte contre l’exclusion qui peut mener au mal, c’est l’envie d’aider ceux qui sont perdus, qui se sont trompés mais qui entrevoient encore la lumière.

Fairy Tail, plus qu’une guilde, c’est l’idée que la vie doit être vécue à 200% aux côtés de ceux que l’on aime, que l’on doit se battre et se surpasser pour eux en toute circonstance.

Ainsi, du début jusqu’à la fin, Fairy Tail est resté droit et correct avec lui-même, sans jamais se contre-dire ni se tromper. C’est pour cela qu’il remplit parfaitement son job de la première à la dernière page de ces 63 volumes qu’il compte.

Bien sûr que Fairy Tail n’est pas exempt de tout reproche, personne ne serait capable de faire un titre aussi long sans qu’il y ait quelque chose à redire à un moment donné. Mais il faut bien reconnaître qu’en regardant ce que le titre voulait véhiculer on a ici une réussite totale.

Moi qui avait quitté Fairy Tail en très mauvais termes en 2017 et qui commençait petit à petit à le pardonner, aujourd’hui je le remonte nettement dans mon estime. Malgré tous les points qui me dérangent ça reste un titre sur lequel je prends énormément de plaisir à lire et relire. Je ne le mettrai pas dans mon Top 5 (faut pas abuser, j’ai lu trop de titres incroyables depuis) mais il pourrait jouer un Top 10 de mes mangas préférés je pense. Et pas uniquement pour l’importance qu’il a eu, car je le rappelle c’est grâce à Fairy Tail, il y a maintenant 9 ans, que j’ai vraiment commencé à m’intéresser au manga …

Du coup, je pense que je peux le dire aujourd’hui, merci Hiro Mashima …

Mes notes

Univers : 16/20

Personnages : 17,5/20

Intrigue : 13/20

Dessins : 18,5/20

Moyenne : 16,25/20

À peine 0,25 pts de moins que Rave, les notes ne font pas tout bien sûr, et elles sont loin d’être parfaites, mais comme quoi Fairy Tail n’est pas spécialement moins bon au global …

Après avoir eu trois chroniques en trois mois il a fallu l’attendre celle-ci. Vous le savez mais je n’ai plus forcément l’esprit concentré sur Parlons Manga aujourd’hui. Ce qui fait que tous les articles à suivre ont pris du retard et ne sortiront pas tous en juin. Je vais quand même essayer de sortir les articles bonus à cette chronique dans les jours qui viennent, ils sont plutôt bien avancés à l’heure où j’écris ces lignes (lundi 21, vous voyez que je ne suis pas en avance).

Par exemple le prochain Lectures Manga devrait déjà être sorti mais je n’ai toujours pas lu 4 des 7 volumes qui doivent y paraître, j’ai certes fini Fairy Tail mais j’ai attaqué une relecture de Berserk, mais pas pour en faire une chronique, comprenez que j’ai juste envie de le lire, et je dois également relire Dreamland pour la sortie du tome 20 (j’ai toujours pas commencé …). Et je ne vous parle même pas de la prochaine Retrospective que je n’ai toujours pas commencé à écrire …

Ça sortira bien un jour, faut juste être patient …

Merci d’avoir lu cette chronique, j’espère qu’elle vous aura plu. On se retrouve donc très vite pour les articles bonus à celui-ci (comme toujours, des classements de préférences) et je vous souhaite une bonne journée/soirée ^^


PS : Erza/Gerald, Gajil/Reby et Grey/Jubia sont les seuls couples à avoir un réel intérêt dans l’intrigue, ne me parlez pas des autres … On peut ajouter Elfman/Evergreen si vous voulez, mais pas les autres.

PS (2) : Les punchlines de Makarof sont tellement épiques … et tellement vraies.

7 commentaires sur “Fairy Tail, l’ode à l’amitié

  1. Vraiment un excellent article tu t’es surpassé comme toujours.
    Perso faity tail est mon premier animé et manga et j’ai directmeent accroché poiur toutes les raisons qu »on connait.
    Les persos sont le gros point fort de l’oeuvre et la prevue c’est difficile de faire un top perso
    concernant les défauts je suis d’accords avec tout ce que tu as dit mais je pense que les gens sont têtus ou ils n’ont pas compris le manga pour s’ententer à dire que fairy tail = fan service et pda alors qu’il y a bcp de choses à dire sur la série !

    le manga est dans mon top 10 pas top 5 comme toi contrairmement à rave mais c’est vraiment une masterclasse de bout en bout à part certains moments dans alvaerez

    Mon plus grand regret du manga est justement le dernier rarc qui aurait du devenir l’un des meilleurs arcs shonen de l’histoire.

    Encore bravo pour l’article

    Aimé par 1 personne

  2. Franchement, super article !

    Après avoir lu l’article de l’apprenti Otaku et le tiens, vous m’avez convaincu de me refaire l’intégrale ! J’avais bien apprécié ma lecture à l’époque, mais sans plus et je n’ai jamais vraiment pu enchaîner beaucoup de tomes d’affilés, car j’achetais plic-ploc et lisait en fonction. Surtout que j’achetais pas toujours les tomes dans l’ordre.

    On sent vraiment bien ton amour pour ce manga, avec ses points forts et faibles. J’ai clairement envie de lui donner une deuxième chance, car je pense que je passe à coté d’un très bon titre, que j’apprécierai surement plus à ma deuxième lecture.

    En attendant de lire Rave et compléter Eden Zero

    Aimé par 1 personne

    1. Merci.
      Je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde mais c’est vrai que personnellement ces relectures (et pas seulement des mangas de Mashima) me font apprécier ces titres différemment.

      Aimé par 1 personne

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